Rôle du parent

Les peurs à surmonter pour en finir avec la surprotection

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Laisser nos enfants jouer dehors librement? Ils sont la prunelle de nos yeux et, bien sûr, on veut qu’il ne leur arrive aucun malheur. Mais entre la bienveillance et la surprotection, il n’y a parfois qu’un tout petit pas. Et nos peurs peuvent nous le faire facilement franchir.

Les peurs à surmonter pour en finir avec la surprotection

Ergothérapeute, professeure émérite de l’Université de Montréal et auteure du livre Viens jouer dehors! paru aux éditions CHU Sainte-Justine, Francine Ferland s’est beaucoup penchée sur la question du jeu libre à l’extérieur. Elle déplore le fait que les inquiétudes des parents viennent parfois freiner la possibilité d’établir un mode de vie actif. « Certains se sentent davantage en sécurité quand leurs enfants sont dans la maison, même s’ils passent des heures devant des écrans », explique Mme Ferland en soulignant que les conséquences de la sédentarité comportent beaucoup plus de risques que de laisser un jeune s’aventurer librement dehors.

Voici quelques craintes à apprivoiser afin de ne pas freiner l’ardeur de nos petits intrépides.

1. Les accidents… ne sont pas si vite arrivés

« Attention! », « Ne cours pas trop vite! », « Ne grimpe pas là! »… Combien de fois sont sortis ces mots de notre bouche? Si par moment notre progéniture est bel et bien en train de commettre des gestes qui risquent d’avoir de fâcheuses conséquences, la plupart du temps, on réagit trop vite.

« Le risque zéro de chute ou de blessure n’existe pas, rappelle Francine Ferland. En voulant éviter les accidents, et même les petits incidents, on empêche des enfants de vivre des expériences tout à fait normales pour leur âge, comme gravir un muret ou un petit rocher. Cela peut aussi lui envoyer le message qu’on ne croit pas qu’il soit assez bon pour accomplir l’action en question, ce qui peut miner sa confiance en lui. »

Dans la plupart des cas, les conséquences des accidents se résument à des coudes et à des genoux éraflés. Ce n’est certes pas agréable, mais cela ne met pas du tout la santé de l’enfant en péril.

2. Les microbes et les insectes : d’inoffensives petites bestioles

Lingettes désinfectantes en main, les microbes et la saleté n’ont qu’à bien se tenir, vous dites-vous? Limiter les élans des enfants dans leurs jeux et leur découverte sous prétexte qu’ils pourraient toucher à quelque chose de sale, voilà un grand classique.

« En interdisant à un enfant de cueillir une tomate et la porter à sa bouche, de jouer dans la boue parmi les vers de terre ou de manipuler des branches ou des cailloux trouvés sur le sol, on limite les expériences, le sens de l’initiative et la liberté des enfants. Et les études démontrent par ailleurs que les microbes, qui sont majoritairement sans danger, contribuent au développement de leur système immunitaire. » Bref, un petit tour sous la douche en rentrant à la maison suffira!

Quant aux insectes, les enfants sont naturellement fascinés par ceux-ci, mais développent souvent des craintes par mimétisme, en voyant leur parent en appréhender la présence. Si un bon chasse-moustiques est utile dans certaines situations, la plupart des insectes ne piquent pas. En plus, sauterelles, coccinelles, chenilles et autres fourmis sont si fascinantes à observer!

 

 

3. Les caprices de dame nature : tous aux abris… vraiment?

Il fait très froid ou, au contraire, très chaud? Ce ne sont pas des raisons pour s’encabaner! En prenant les précautions nécessaires, soit en habillant convenablement les enfants en hiver et en préconisant les zones d’ombre et en s’assurant d’une bonne hydratation en été, et en réduisant le temps passé à l’extérieur si nécessaire, il n’y a rien à craindre. On sort! 

4. Les enlèvements et les agressions : des cas isolés qui en mettent plein la vue

Lorsqu’ils surviennent, les disparitions d’enfants sont très médiatisées et frappent si fortement notre imaginaire que la crainte d’un tel événement devient naturelle. Mais saviez-vous que les probabilités de se faire enlever par un inconnu sont de 1 sur 14 millions, selon les rapports de la GRC? « Selon le Réseau Enfants-retour, les enlèvements d’enfants par des inconnus sont rares, et comptent pour moins de 1 % de toutes les disparitions au Québec et au Canada. », soutient Mme Ferland.

Elle rappelle également que jusqu’à 90 % des cas d’agressions sexuelles d’enfants ne sont pas commis par de purs inconnus, mais plutôt par un membre de la famille ou de l’entourage de la victime.

Laquelle de ces peurs trouvez-vous la plus difficile à combattre?

Article réalisé en partenariat avec la Table sur le mode de vie physiquement actif (TMVPA)

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Mon enfant est-il plus à risque dehors ou sur le divan?

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Lorsque les enfants sont à l’intérieur, on peut être sûr qu’ils ne se feront pas frapper par une voiture et qu’ils ne croiseront pas d’inconnus malveillants. C’est vrai. Mais attention, ce sentiment de sécurité se révèle en fait trompeur.

Mon enfant est-il plus à risque dehors ou sur le divan?

Non seulement parce que les incidents malheureux sont rarissimes, mais aussi parce qu’il est prouvé que la sédentarité est une véritable bombe à retardement. Voici quelques pistes qui expliquent pourquoi.

Quand liberté rime avec activité… et avec santé

La proportion de jeunes âgés entre 5 et 17 dont le niveau quotidien d’activité physique intense est suffisant (soit au moins 60 minutes) n’atteindrait même pas 10 %. Or, il est démontré que l’inactivité physique constitue un important facteur de risque menant à l’embonpoint, à l’obésité, à plusieurs maladies chroniques et troubles cardiovasculaires. L’activité améliore le maintien d’un bon taux de cholestérol, d’une pression sanguine adéquate et assure une bonne la densité osseuse. La sédentarité est à pointer du doigt dans le cas d’un décès sur 10 à travers le monde.

Il a par ailleurs été observé que les enfants dont les habilitées motrices sont développées à un jeune âge, ont beaucoup plus de chance de maintenir un rythme de vie actif et d’opter pour l’activité physique dans leur temps de loisir.

Parce que les jeunes deviennent plus actifs quand ils sont laissés libres, sans supervision et sans être dirigés, nous devrions comme parents savoir à certains moments nous retirer et les laisser jouer seuls à l’extérieur, idéalement chaque jour. La vigilance est toutefois de mise : il est de notre devoir de faire comprendre aux enfants que cette liberté vient avec des règles et des responsabilités assurant leur sécurité.

 

 

Pour un bien-être global

Au-delà des effets bénéfiques que le jeu libre et actif a sur la santé physique à court, moyen et long terme, il a aussi des répercutions favorables sur l’équilibre psychologique et sur la confiance en soi.

En étant actifs et en évoluant librement, par exemple dans des modules de jeu, les jeunes apprennent par exemple à mieux évaluer et à gérer la prise de risque. Transposé dans les autres sphères de leur vie, cela permettra à l’enfant (et à l’adulte qu’il deviendra) d’avoir une meilleure confiance en lui, d’être plus résilient et de prendre plus facilement des initiatives. Des aptitudes qui faciliteront entre autres grandement de réagir adéquatement au stress.

Passer du temps dehors, au parc ou dans les rues et ruelles du quartier, c’est aussi tisser des liens d’amitié avec le voisinage. Ces interactions font en sorte que les enfants développent leurs habiletés sociales, et aiguisent leur capacité à affronter des situations conflictuelles. Autant d’atouts qui pourraient les prémunir contre l’isolement une fois devenu adulte.

Bref, l’idée n’est pas d’interdire l’accès au divan à nos enfants, mais de trouver le meilleur équilibre entre les moments de tranquillité et les périodes de jeu actif.

Source : ParticipACTION

Article réalisé en partenariat avec la Table sur le mode de vie physiquement actif (TMVPA)

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