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Estime de soi: l’impact de l’activité physique chez les enfants

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En quoi bouger peut-il aider à bâtir un sentiment d’estime de soi chez l’enfant? On creuse le sujet avec deux spécialistes.

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« Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les enfants sont moins actifs, souligne Christine Lacroix, agente de projet à la Fédération québécoise des centres communautaires de loisirs (FQCCL). Pourtant, c’est en bougeant, et notamment en jouant, qu’ils se développent. Non seulement sur le plan moteur, mais également sur les plans langagier, cognitif, affectif et social. Bref, à travers l’activité physique, ils vivent plusieurs sortes de réussites qui nourrissent leur confiance et leur estime de soi. »

 

 

Relever des défis à leur mesure représente l’un des plus puissants moteurs incitant l’enfant à se mettre en action. Lorsque l’activité est trop encadrée, trop facile ou trop ardue, les enfants n’auront pas de plaisir s’y adonner et s’en détourneront probablement vite. « Les enfants doivent avoir des défis qui répondent à leurs habiletés et à leurs intérêts. Et une façon de favoriser cela est de les laisser jouer dehors librement », soutient Mme Lacroix.

 

« Les enfants doivent avoir des défis qui répondent à leurs habiletés et à leurs intérêts. Et une façon de favoriser cela est de les laisser jouer dehors librement. »

– Christine Lacroix, agente de projet à la Fédération québécoise des centres communautaires de loisirs

 

Le rôle du parent

Pour que les enfants relèvent des défis à leur hauteur, il faut, comme parents, faire preuve d’un certain lâcher-prise : « Aujourd’hui, on a plus de difficulté à laisser les enfants libres, par peur qu’ils se blessent, observe Mme Lacroix. Oui, il y a des risques à jouer dehors. Mais il y en a aussi dans toutes les sphères de la vie. Des études ont d’ailleurs démontré que les enfants s’engagent rarement dans des actions qu’ils ne sont pas certains de réussir. De manière instinctive, ils agissent dans les limites de leurs capacités. Et c’est de cette façon qu’ils vivent des succès sur lesquels s’érige leur confiance. »

 

À titre d’exemple, seulement 11 % des enfants seraient autorisés à grimper aux arbres. Pourtant, cette prise de risque a ses avantages sur les habiletés motrices, la confiance, l’autonomie, la créativité et la capacité à prendre des décisions.

 

De la même manière qu’il ne faut pas tomber dans la surprotection, il ne faut pas non plus toujours aider les enfants à exécuter les actions qui sont plus difficiles, car cela pourrait leur envoyer un message qu’ils ne sont pas capables par eux-mêmes. « C’est correct de le laisser avoir de la misère, affirme Mme Lacroix. Le rôle de l’adulte consiste à leur donner accès à des espaces stimulants, pour qu’ils puissent relever des défis, tout en s’assurant de leur sécurité de base. »

 

 

Le regard et les encouragements des parents jouent aussi un rôle de premier plan dans l’édification de la confiance des enfants : « Il est important de souligner leurs bons coups et leur dire qu’ils sont bons, mais sans non plus tomber dans l’exagération. Il faut que cela demeure vrai et sincère. »

 

Et les cours d’éducation physique?

Si l’idéal consiste à donner la priorité au jeu libre pour la construction de la confiance de notre enfant, qu’en est-il des cours d’éducation physique auquel il prendra part de la maternelle jusqu’à la fin de son secondaire? « Le but des cours d’éducation physique est aussi de développer ce sentiment de compétence chez l’enfant, et nous avons mis en place plusieurs stratégies pour y parvenir », affirme Véronique Marchand, directrice de la Fédération des éducateurs et éducatrices physiques enseignants du Québec (FÉÉPEQ).

 

« Lorsque des jeunes apprennent une nouvelle technique, il est normal qu’ils rencontrent des réussites, mais aussi des échecs, explique Mme Marchand. Or, dans le contexte scolaire, tout cela se vit à la vue des pairs. Donc la notion d’estime de soi en éducation physique est fragile, et c’est pourquoi on met en place des façons de motiver les jeunes et de maintenir leur intérêt. Par exemple, on offrira à un enfant qui a de la difficulté à sauter à la corde d’autres options d’activités plus adaptées où il développera les mêmes compétences, soit le saut et la coordination. »

 

L’objectif des cours ne vise donc pas à ce que les jeunes performent, mais plutôt à les rendre autonomes dans une pratique régulière de l’activité physique, et ce, même en dehors du cadre scolaire.

 

Car en somme, l’équation est assez simple : plus un enfant multipliera les occasions et les façons de bouger, plus il prendra goût à être dans l’action, car et son sentiment de compétence s’aiguisera.

 

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