VIFA+
Développement moteur

Favoriser le jeu extérieur actif chez les enfants

Au moins 60 minutes d’activité physique par jour. C’est ce que devraient faire les enfants de 5 à 17 ans selon les directives canadiennes en matière d’activité physique. Pourtant, au lieu de respecter cette recommandation, les jeunes Québécois font plutôt l’inverse, en consacrant beaucoup plus de temps aux activités sédentaires.

Et si la solution consistait à encourager les enfants à mettre le nez dehors plus souvent, et à les laisser jouer librement? On explore ici différentes facettes de la question à travers des vidéos d’experts, des outils pratiques, des articles qui font le tour du sujet, des statistiques surprenantes, et un quiz qui devrait vous tirer un sourire.

Faits surprenants

Nous avons compilé quelques informations à propos du jeu extérieur qui auront de quoi vous étonner (ou impressionner votre entourage!), et surtout vous outiller.

60 minutes

60 minutes d’activité physique d’intensité moyenne à élevée chaque jour. C’est ce que les Directives canadiennes en matière d’activité physique recommandent pour les enfants de 5 à 17 ans.

Le saviez-vous?

C’est important de laisser les enfants se salir à l’extérieur. Cela leur permet de mieux découvrir de quoi est fait le monde qui les entoure, et de développer leurs 5 sens et leurs capacités motrices.

11%

11% des enfants seraient autorisés à grimper aux arbres. Pourtant, la prise de risque a ses avantages sur habiletés motrices, la confiance, l’autonomie, la créativité et la capacité à prendre des décisions.

« Le milieu extérieur, avec tout ce qu’il offre, est toujours propice au jeu libre. Spontanément, les enfants vont trouver quelque chose à faire et n’ont même pas besoin d’adulte pour superviser l’activité. Ils vont aussi oser prendre certains risques. Ils apprendront de cette manière à mesurer leurs limites et leurs capacités. »

Andrée Gignac
directrice des Clubs 4-H du Québec
39%

39% des enfants de 5 à 17 ans respectent les Directives canadiennes en matière d’activité physique. 52% des garçons sont susceptibles de respecter ces directives contre 26% des filles.

« Chez l’enfant, l’exploration est naturelle et essentielle. S’il est trop encadré, qu’on lui demande d’exécuter des actions trop difficiles et qu’il n’a pas vraiment de liberté, sa motivation à bouger peut vite diminuer. »

Suzanne Gravel
enseignante et chercheuse au Cégep de Jonquière et coordonnatrice des activités du Consortium québécois de développement des pratiques psychomotrices (CQDPP)
Près de 70%

Près de 70% des enfants abandonnent la pratique du sport organisé avant 13 ans parce qu’ils n’ont plus de plaisir.

Articles

Vous l'avez sans doute compris : jouer dehors librement et activement est bénéfique pour vos enfants. Ces articles vous permettront de creuser la question encore plus en profondeur.

Quel est le meilleur sport pour le développement des enfants?

Existe-t-il une activité sportive favorisant un développement optimal de nos enfants? La réponse ici!

Estime de soi : l'impact de l'activité physique chez les enfants

En quoi bouger peut-il aider à bâtir un sentiment d'estime de soi chez l'enfant? On creuse le sujet avec deux spécialistes.

Jouer dehors : 11 avantages concrets pour les enfants

Voici nos trucs pour vous aider à laisser vos enfants jouer dehors librement.

Pluie et froid : comment jouer dehors en toutes saisons?

Parce que ce sont souvent les parents qui mettent un frein aux sorties à l'extérieur quand les conditions ne sont pas idéales.

Outils

On vous propose ici des outils (vraiment pratiques!) à consulter, à partager à votre belle-soeur, à imprimer... et à afficher sur votre frigo!

Jeu libre extérieur et activité physique : Ce dont les enfants ont RÉELLEMENT besoin

Savoir ce dont nos enfants ont besoin pour leur développement n'est pas toujours simple. On vous résume le tout ici!

Jeu de cherche & trouve en nature

Le prétexte parfait pour jouer dehors! On imprime, et hop, on sort découvrir la nature qui nous entoure.

Le jeu libre à l'extérieur en 12 chiffres surprenants

Ces chiffres devraient rapidement vous convaincre des bienfaits du jeu libre à l'extérieur (si vous n'étiez pas encore convaincu!).

Êtes-vous un parent surprotecteur?

Quiz
Lorsque votre enfant grimpe dans un arbre, que faites-vous?
a

Vous sortez immédiatement la trousse de premiers soins et demeurez sur le qui-vive. Un membre est si vite fracturé.

b

Vous lui criez : « J’ai confiaaaaaaaaaaance! » en lui rappelant d’avoir toujours deux prises solides (et les dents ne comptent pas).

c

Vous allez enfourner votre poulet à 350° (c’est la recette de Vifa Magazine, il va sans dire).

Au parc, votre enfant de 3 ans se dirige vers un module de jeux destiné aux 5-12 ans. Quelle est votre réaction?
a

Vous transpirez abondamment et composez le 911. On n’est jamais trop prudent.

b

Votre cœur s’emplit de fierté. Vous lui demandez comment il s’y prendra, et vous composez le numéro du Cirque du Soleil (cet enfant est, de toute évidence, exceptionnel!).

c

Comme vous n’aviez jamais, au grand jamais, entendu dire que les modules du parc étaient destinés à des âges précis, vous n’avez aucune réaction. Vous faites le mort!

Votre enfant veut sauter dans la boue. Votre réaction est :
a

Vous enfilez votre uniforme de la police du lavage et lui donnez immédiatement une amende pour avoir tenté de salir ses vêtements, une infraction très grave au code de la lessive.

b

Vous sortez ses bottes d’eau en disant : « Y’a rien là! À Fort Boyard en 1990, ils faisaient des combats de lutte dans la boue! Ah, c’était le bon temps… ».

c

Aucune. Vous étiez en train d’écouter District 31.

Votre enfant se chamaille avec un copain ou une copine. Comment intervenez- vous?
a

Vous leur dites que la chamaille, c’est mal. Paraît que ça rend sourd.

b

Puisque tout le monde a du plaisir, vous laissez les deux poids plume évoluer dans l’arène en vous disant que tous les petits Mad Dog Vachon commencent quelque part.

c

Vous appelez les parents de son adversaire pour ouvrir les paris sur la victoire par KO technique.

Votre enfant veut jouer seul dans la cour. Comment intervenez-vous?
a

Vous pleurez en cachette parce que jouer seul, c’est triste (et c’est dangereux). Vous y allez avec lui en chantonnant All by myself de Céline Dion et en envisageant l’achat d’une micropuce.

b

Comme vous savez que la cour est sécuritaire, vous et votre enfant faites une danse de la joie sur l’air de Think (Freedom) d’Aretha Franklin avant d’aller vaquer chacun à vos occupations. Bon, OK, vous jetez tout de même un petit coup d’œil par la fenêtre de temps en temps!

c

Vous le laissez faire. Vous continuez votre ménage en chantonnant la toune de la Reine des Neiges (et en utilisant votre plumeau comme micro). Libéréeeeeee, délivréeeeeee!

Votre enfant de 9 ans veut se rendre seul au parc du quartier. Que lui répondez- vous?
a

À la simple mention du mot « seul », vous simulez une crise cardiaque, mettant ainsi fin à cette douloureuse discussion. Au Québec, aucune loi ne précise un âge minimum pour se promener seul, mais pour vous, il n’y a pas de doute : ce n’est pas avant 21 ans.

b

Avec enthousiasme, vous organisez une série de pratiques générales avec tambours, trompettes et paillettes, jusqu’à ce que votre enfant soit manifestement prêt à faire le trajet seul (et commence à être un peu gêné devant les voisins).

c

Vous dites : « Oui, c’t’affaire! Mais reviens avant minuit ».

Si vous pouviez, vous emballeriez votre enfant dans du papier bulle et lui feriez porter un casque de vélo à l’année. Vous êtes plutôt zen et la prise de risques n’entraîne pas chez vous une sudation excessive des aisselles. Vous feriez du bungee avec votre enfant sans même sourciller. YOLO.

Vouloir protéger son enfant, c’est un réflexe naturel. Par contre, la surprotection parentale peut empêcher les jeunes de se développer adéquatement par le jeu. Vous avez compris qu’un enfant doit jouer par lui-même et prendre des risques pour améliorer ses habiletés motrices, sa confiance en lui, son autonomie, sa créativité, et sa capacité à prendre des décisions. Votre enfant doit expérimenter le risque pour développer son sentiment d’autoprotection et devenir un adulte qui pourra affronter des situations potentiellement dangereuses.

Il importe que l’enfant joue par lui-même et prenne des risques pour améliorer ses habiletés motrices, sa confiance en lui, son estime personnelle, son autonomie, sa créativité, et sa capacité à prendre des décisions. Un enfant confronté à différents défis apprend à découvrir ses limites et développe les habiletés lui permettant d’assurer sa propre sécurité. Un enfant n’ayant pas expérimenté le risque deviendra un adulte qui, une fois devant une situation potentiellement dangereuse, ne saura pas comment l’évaluer et l’affronter.

Un petit truc pour lâcher-prise : allez-y graduellement! Enlevez progressivement certaines règles ou limites qui permettront à votre enfant de bouger et de développer sa confiance et ses capacités. Restez présent, tout en lui faisant confiance. Gardez en tête que vous aidez votre enfant à grandir et à être autonome. 

N’oubliez pas que votre enfant est plus à risque sur le divan du salon à regarder un écran que dehors à grimper dans un arbre. Hé oui, la sédentarité est plus dommageable qu’une écorchure! L’inactivité physique constitue un important facteur de risque menant à l’embonpoint, à l’obésité, à plusieurs maladies chroniques et troubles cardiovasculaires.

Un enfant qui est confronté à différents défis ne développera pas son sentiment d’autoprotection. Il deviendra un adulte qui, une fois devant une situation potentiellement dangereuse, saura comment l’affronter puisqu’il aura expérimenté plus jeune cette situation et le risque qu’elle comporte.
 
Vous avez peur du jugement des autres parents? Soyez assuré qu’en agissant ainsi, vous aidez votre enfant à devenir autonome et à s’autoprotéger.

Cependant, ça ne veut pas dire que vous ne devez jamais intervenir dans son exploration et ses jeux. Votre enfant a besoin d’être encadré, soutenu et encouragé, car il est en apprentissage de ses habiletés, de la vie et de ses capacités d’autoprotection.
 
En tout temps, assurez-vous que l’environnement dans lequel votre enfant évolue est sécuritaire. Soyez présent : encouragez votre enfant à relever des défis, félicitez ses efforts, et aidez-le dans sa recherche de solutions lorsque ça ne fonctionne pas. Préparez-le aux situations nouvelles, et adaptées à son niveau de développement et de maturité, comme aller jouer au parc seul. Faites l’aller-retour avec lui quelques fois pour le laisser s’exercer et le préparer aux différents dangers potentiels. Quand vous le sentirez prêt, vous pourrez le laisser aller seul.

 

En résumé

On le sait, le principal enjeu des parents, c’est le manque de temps. Parce que les minutes pour lire sont parfois rares, entre le boulot, le métro, le dodo, la pratique de soccer du plus jeune et le spectacle de danse de votre grande, on vous a résumé tout ce dossier en trois petits points. Si vous n’avez que 2 minutes à nous consacrer avant d’aller jouer dehors avec vos enfants, c’est maintenant que ça se passe!

1
Le jeu actif extérieur favorise le jeu libre, stimule la créativité de l'enfant, contribue à son développement moteur et surtout augmente son niveau d'activité physique.
2
La prise de risques lors du jeu permet à l'enfant de se familiariser avec son environnement, d'apprendre à évaluer ses capacités et ses limites, surmonter ses peurs, de développer sa capacité à s'auto-protéger et développer sa confiance en lui.
3
Une pratique d'activités physiques variées et des encouragements de la part des parents contribuent à diversifier les habiletés motrices de l'enfant, de même que son sentiment de compétence face à l'activité physique, de même que sa confiance et son estime de soi.

Partenariat

Cette section de Vifa+ est réalisée dans le cadre d’un partenariat avec le Comité Développement Moteur de la Table pour un mode de vie physiquement actif.

Infolettre
Pour recevoir par courriel nos plus récents articles.
Abonnez-vous!
Infolettre