Rôle du parent

Parents, comment s’entendre sur le jeu risqué des enfants?

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Les enfants aiment d’emblée grimper aux arbres, escalader des rochers, filer à toute vitesse sur leur planche à roulettes. Bref, flirter avec le danger. Face au jeu risqué, les parents ont parfois un niveau de confort différent. Que faire pour éviter les désaccords à la maison? Voici 8 pistes de solution.

 

Parents, comment s’entendre sur le jeu risqué des enfants?
Thèmes abordés

1. Ajustez votre perception face au danger

Dans une société qui tolère mal le risque, le jeu libre et risqué en prend pour son rhume. « Le problème, c’est qu’on voit aujourd’hui du danger partout. Il y a un gros décalage entre la perception et le danger véritable associé au jeu risqué », indique Claude Dugas, professeur (récemment retraité) au Département des sciences de l’activité physique de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Les parents surprotecteurs sont le reflet de cette tendance qui persiste depuis plus de 15 ans, note-t-il. Au lieu d’interdire à outrance, questionnez-vous d’abord sur le danger réel associé au jeu.

 

Êtes-vous un parent surprotecteur?

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2. Rappelez-vous les jeux de votre enfance

Enfants, vous jouiez dans le boisé en toute liberté ? Vous partiez en vélo sans autres consignes que de revenir pour le souper ? « Pour relativiser, ramenez-vous à votre enfance, à vos expériences de jeunesse. Quand on apprend à faire du vélo, on tombe assurément deux ou trois fois. On s’en souvient, ça fait mal. Mais ça fait partie des risques naturels et du processus d’apprentissage », soutient Claude Dugas.

 

 

3. Favorisez les petits pas

Certains parents sont extrêmement résistants face au jeu risqué. À ceux-là, il peut être indiqué d’y aller un petit pas à la fois. « Comme point de départ, on peut emmener ses enfants dans des endroits différents – des prés, des parcs, des boisés – où on leur donnera la chance d’explorer les lieux à leur guise », propose Claude Dugas. Voici d’ailleurs 5 trucs pour apprendre à vos enfants à jouer dehors sans surveillance.

 

« Plus il y a d’interdits, plus grande sera la tentation de les transgresser dès qu’on aura le dos tourné. »

 

4. Faites confiance à votre enfant

Les enfants sont souvent bien conscients de leurs propres limites en contexte risqué. Rien ne sert de répéter : c’est dangereux ! Pour comprendre un risque, ils doivent s’y frotter, selon M. Dugas. « Grimper dans un arbre est une véritable expérience. On le vit dans son corps. On ressent une sensation de peur, de plaisir ou un peu des deux. L’enfant qui grimpe apprend à mieux évaluer les risques, à tester ses limites. Si on impose les nôtres, on interfère dans son apprentissage. »

 

 

5. Valorisez les bienfaits du jeu risqué

Pensez d’abord à votre enfant. Un enfant libre d’expérimenter par lui-même, lors des jeux extérieurs, en tire une multitude de bienfaits qui sont démontrés. Il développe ses sens, ses aptitudes motrices et son intérêt pour l’activité physique. La pratique du jeu risqué contribue aussi à l’amélioration des capacités cognitives, de la confiance et de l’estime personnelle.

 

surprotection d'un enfant

 

6. Établissez des balises claires

Pour rassurer les parents plus inquiets, il peut être judicieux d’établir certaines balises pour doser le niveau de risque. Votre plus grande, 11 ans, souhaite construire une cabane dans le boisé ? Exigez, par exemple, qu’elle s’y rende accompagnée et déterminez quels outils elle peut utiliser.

 

7. Adoptez l’approche du sauveteur

Mariana Brussoni est professeure en psychologie du développement à l’Université de Colombie-Britannique. Face au jeu risqué, elle préconise l’approche du « sauveteur » qu’elle déploie en trois niveaux d’alerte :

  • Attention ouverte (absence de signes de danger) 

Observer, ne pas interférer, faire confiance à son enfant. 

  • Attention focalisée (signes de danger potentiel) 

Demander à son enfant s’il est conscient des risques et comment il prévoit gérer la situation, évaluer s’il est à l’aise.

  • Protection active (présence de danger)

Intervenir pour réduire les risques, utiliser un langage valorisant, ne pas faire sentir son enfant impuissant.

 

Évitez de vous comparer aux autres parents

Au parc, votre bambin monte sur la glissoire, marche sur un muret duquel il pourrait tomber, se hisse dans le filet dans lequel il pourrait perdre pied ? S’il est à l’aise et à l’affût, tout baigne. Pourtant, vous sentez les regards accusateurs que vous jettent les parents autour. « Si les structures de jeux sont souvent désertes aujourd’hui, c’est que les règles et interdits y sont trop nombreux. Les enfants s’en désintéressent donc rapidement », avance M. Dugas. À noter : plus il y a d’interdits, plus grande sera la tentation de les transgresser dès qu’on aura le dos tourné.

 

Tenez bon! Rappelez-vous que les bienfaits associés au jeu risqué suivront votre enfant toute sa vie.

 

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