Santé physique

Jeu libre: pourquoi laisser votre enfant prendre des risques?

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Grimper dans des arbres, jouer dans la boue, sauter dans les flaques d’eau, dévaler des pentes à vélo et se hisser au point le plus haut des structures de jeux… La plupart des enfants sont friands d’action et de défi. Mais est-ce trop risqué de les laisser agir à leur guise?

Jeu libre: pourquoi laisser votre enfant prendre des risques?

Sylvie Melsbach, directrice technique de l’Institut québécois de la Sécurité dans les aires de jeu en a long à dire sur le sujet. Elle est de ceux qui appuient avec ardeur et depuis longtemps, soit depuis le début de sa carrière comme éducatrice en garderie il y a plus de 30 ans, le droit des enfants à jouer dehors en toute liberté.

 

Évidemment selon l’âge, cette notion de liberté diffère. « À partir de 8 ou 9 ans, les enfants ont par exemple besoin de sortir avec leurs copains sans être accompagnés d’un adulte, explique-t-elle. Si les infrastructures et les accès mis en place par la municipalité le permettent, ils devraient pouvoir se rendre dans les parcs pour profiter des aires de jeux. »

 

 

Oui lors de ces sorties, l’enfant grimpera peut-être très haut dans un module de jeu, et oui, il y a un risque qu’il chute. « Les accidents et les blessures arrivent à l’occasion, mais ils sont plutôt rares, et cela fait partie de l’enfance, rappelle Mme Melsbach. Il faut faire confiance aux enfants et à leur sens inné de la sécurité. Il est très peu probable qu’ils se mettent en danger. »

 

Oui, certaines structures de jeux s’élèvent très haut, et quand nos enfants, même préados, y grimpent, juste regarder peut nous donner le vertige. « Les enfants ont la capacité de sentir le moment où ils sortent de leur zone de confort et se retrouvent en déséquilibres. Et habituellement, ils s’arrêtent naturellement à ce moment-là. »

 

Des pièges à éviter

« On se demande souvent comment faire bouger davantage nos enfants, mais je crois qu’il faudrait plutôt s’interroger sur ce qui fait obstacle à la capacité et à l’envie naturelle qu’ils ont de bouger », soutient-elle en avançant aussi que l’attitude des parents et des adultes qui entourent l’enfant dès sa plus tendre enfance a beaucoup à jouer.

 

 

« Surprotéger les enfants est loin de leur rendre service, car certains d’entre eux s’empresseront de faire ce qu’on leur interdit dès que l’adulte aura le dos tourné. Et dans cette précipitation, les risques d’accident deviennent alors accrus. D’autres parts, les jeunes qui ont toujours été supervisés et à qui on a imposé de nombreux interdits, auront aussi tendance à se mettre en danger, parce qu’ils n’auront pas bien développé leurs habiletés motrices. À l’inverse, la surstimulation peut aussi fausser les habiletés et le jugement des enfants. »

 

Sylvie Melsbach rappelle aussi que jusqu’à 12 ou 13 ans, les enfants sont dans une phase de développement appelé perceptivo-moteur. « C’est donc par le mouvement qu’ils rationalisent tout ce qui les entoure », affirme-t-elle avant de conclure que les enfants libres d’explorer leur environnement par eux-mêmes sont généralement joyeux, actifs et toujours pleins d’idées… Bref, ils ne s’ennuient jamais!

 

3 trucs pour laisser votre enfant prendre des risques 
  • Évitez les phrases comme « fais attention » ou « tu n’es pas capable » qui peuvent miner à la fois leur perception du risque et leur confiance.

 

  • L’apprentissage de la gestion du risque commence dès les premiers mois de vie de l’enfant. En le laissant évoluer à son rythme, sans le pousser, il intégrera beaucoup mieux la notion d’équilibre et de sécurité.

 

  • Beau temps mauvais temps, permettez aux enfants de mettre le nez dehors, en leur fournissant des vêtements adéquats qu’ils peuvent salir.

 

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Santé physique

Activité physique chez les jeunes filles: 6 trucs pour tenir nos résolutions

Avec la nouvelle année viennent souvent les résolutions. Est-ce une bonne idée d’en prendre en famille? Et si oui, lesquelles devrait-on adopter pour 2018?

Activité physique chez les jeunes filles: 6 trucs pour tenir nos résolutions

Tour d’horizon avec une spécialiste en la matière, Geneviève Leduc, conseillère aux programmes et à l’évaluation pour l’organisme Fillactive, dont la mission est de faire bouger les jeunes filles. Elle propose 6 trucs pour rendre nos résolutions un peu plus faciles à adopter cette année.

 

1. Remplacer résolution par interrogation

Pour Geneviève Leduc, les résolutions qui se font le 1er janvier… se défont bien souvent quelques semaines plus tard! « Qu’on soit le 1er janvier, le 15 mars ou le 22 septembre, il n’y a pas un seul bon moment pour avoir une réflexion sur notre santé », rappelle-t-elle.

 

Que faire alors? La diplômée en kinésiologie et nutrition suggère de remplacer la résolution par une interrogation. « Qu’est-ce qui nous plaît comme activité? Quel sport aurait-on envie d’essayer cette année? »

 

Personne ne patine dans la famille? C’est le temps d’aller acheter des patins d’occasion (les magasins d’articles d’hiver de seconde main en regorgent) et de s’essayer!

 

2. En parler…

Pourquoi ne pas profiter de la nouvelle année pour avoir une discussion, en famille, sur l’importance des saines habitudes de vie? Oui, la proportion de garçons et de filles qui font 60 minutes d’activité physique d’intensité moyenne ou élevée chaque jour a légèrement grimpé depuis les dernières années, mais elle demeure trop faible.

 

« Sans vouloir être alarmiste, réagit Geneviève Leduc, c’est inquiétant. On sait que nos jeunes sont plus susceptibles de présenter des maladies comme l’obésité ou la fragilité osseuse. »

 

Elle rappelle que le sport n’est pas unidimensionnel. Ainsi, ce n’est pas parce qu’une fille n’aime pas ses cours d’éducation physique à l’école qu’elle n’aime pas bouger. En réfléchissant en famille, on peut trouver une activité physique qui la comblerait.

 

3. Passer à l’action rapidement

On a beau parlementer et arguer, ce ne sont pas les paroles qui convaincront les jeunes de se mettre à l’activité physique. Le modèle parental est encore plus déterminant dans la pratique sportive des jeunes, explique Geneviève Leduc.

 

« En étant ado, il est normal de vouloir faire le contraire de ce que nos parents font! Mais, les recherches le prouvent, quand on a vu nos parents être actifs physiquement, on va y revenir dans notre vie. »

 

Alors, on s’interroge sur notre mode de vie : est-il sédentaire ou actif? Prenons-nous le temps de bien manger? Au-delà des mots, ce sont nos gestes qui ont le plus d’impact dans la tête de nos enfants.

 

 

4. Mettre l’hiver de son côté

L’hiver est un obstacle à la pratique d’activités physiques. « Le nier ne serait pas responsable », avance Geneviève Leduc. Bonne nouvelle : on peut conjurer le sort. Elle cite les nombreuses initiatives de santé publique dans les pays scandinaves comme la Finlande ou le Danemark et leurs impacts qui font tranquillement écho chez nous.

 

Le jour où nous avons parlé à Geneviève Leduc, le Québec connaissait la première tempête de neige de l’année… « Ça peut sembler difficile d’aller dehors par une journée comme aujourd’hui, dit-elle. Mais une fois qu’on est habillés correctement, il suffit de faire le premier pas à l’extérieur. Il faut… briser la glace! », rigole-t-elle.

 

En exemple, elle prend les courses à faire. Au lieu de déneiger la voiture, de la pousser si elle reste bloquée dans un banc de neige, de trouver du stationnement à l’épicerie ou à la pharmacie, on peut décider de faire nos courses à pied et voir ça comme une expédition. Les commerces sont trop loin? On va au dépanneur du coin! « On va revenir avec les joues rouges, on va avoir utilisé un mode de transport actif et on en retirera autant de bienfaits sur notre santé que si on s’était entraîné », fait valoir Geneviève Leduc.

 

5. Prendre des rendez-vous

Une autre façon d’intégrer plus d’activité physique dans nos rituels familiaux est de mettre des rendez-vous à l’horaire. « Si on est tous capables de se réunir devant notre émission de télé préférée le mardi à 20 h, on peut bien se donner rendez-vous tous les dimanches après-midi pour une marche », invoque-t-elle.

 

En inscrivant l’activité au calendrier, on a plus de chance de ne pas abdiquer le moment venu. Ensuite, on peut se poser des questions en famille : comment la promenade m’a fait sentir dans mon corps? Est-ce que j’ai eu plus d’énergie? Est-ce que j’ai mieux dormi le soir venu? Avons-nous rencontré des voisins? Avons-nous amélioré la cohésion au sein de notre famille?

 

6. Dire adieu à la culpabilité

Malgré tous ses bons conseils, Geneviève Leduc trouve important de réitérer l’idée selon laquelle il ne faut pas se décourager si on sent que notre enfant est moins actif. Tôt ou tard, si on lui offre un modèle intéressant, il a de fortes chances d’y adhérer.

 

Il ne faut pas se culpabiliser ni culpabiliser les jeunes : « On aurait l’effet contraire. On veut demeurer dans le plaisir que l’activité physique nous procure! »

 

Par Fillactive

 

 


Le sujet vous intéresse? Consultez notre dossier Filles et activité physique.

 

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