Santé physique

Pourquoi les préados abandonnent-ils le sport?

Article -

[Article mis à jour] À la préadolescence, plusieurs jeunes délaissent l’activité physique et sportive, et en particulier les filles. Lorsque l’on sait que bouger est essentiel à la santé, il importe de connaître les raisons qui poussent à l’abandon.

Pourquoi les préados abandonnent-ils le sport?

Le phénomène est préoccupant. Chaque année, environ un tiers des jeunes de 10 à 17 ans laisse tomber la pratique d’au moins un sport, le plus haut taux d’abandon sportif étant observé vers l’âge de 11-12 ans. Si certains ne font que changer de sport, d’autres décrochent complètement.

 

Saviez-vous que…
Seulement une fille sur trois et un garçon sur deux, âgés entre 10 et 13 ans, pratiquent 60 minutes et plus d’activité physique quotidienne, soit le seuil minimal d’activité physique recommandé.

 

La perte de plaisir : un facteur décisif

Plusieurs motifs de l’abandon sont au banc des accusés. Et ils varient selon l’âge, le sexe, le sport et le type de pratique. Mais une raison principale : la perte de plaisir.

« Le plaisir est un facteur déterminant de la participation sportive chez les adolescents », explique la sociologue de l’activité physique et du sport et professeure titulaire au Département de kinésiologie à l’Université de Montréal, Suzanne Laberge.

 

« Le passage du primaire au secondaire est une période où les jeunes sont dans un processus de construction de leur identité. S’ils sentent qu’ils ne sont pas bons, ce qui n’est pas plaisant ni valorisant, ils se tournent vers leurs amis. Et à l’adolescence ce sont les pairs qui prennent le plus d’importance en matière de la pratique d’activité sportive. Si leurs amis bougent, ils vont bouger, sinon ils vont décrocher », précise Mme Laberge.

 

« J’ai des amis et j’ai du plaisir à bouger » est ainsi une clé importante pour nos préados afin qu’ils restent actifs.

 

Chaque année, environ un tiers des jeunes de 10 à 17 ans laisse tomber la pratique d’au moins un sport, le plus haut taux d’abandon sportif étant observé vers l’âge de 11-12 ans.

 

D’autres freins à l’activité physique

Parmi les autres mobiles favorisant l’abandon, on note l’agenda scolaire chargé, l’horaire de travail des parents, les difficultés liées au transport, l’apparition de nouveaux intérêts, le sentiment de ne pas avoir les habiletés requises, l’inquiétude liée à l’importance excessive accordée à la victoire et à la compétition et, entre autres, le manque de temps même si les 10 ans et plus passent en moyenne 7 heures 48 minutes par jour devant la télévision, à jouer à des jeux vidéo ou sur l’ordinateur!

 

Les principaux facteurs environnementaux de l’abandon de la pratique sportive, tel qu’énumérés dans le document L’activité physique, le sport et les jeunes – Savoir et agir, sont :

  • l’ambiance du club ou de l’équipe;
  • la valeur de l’activité perçue par les pairs ou la famille;
  • l’attitude du personnel d’entraînement et la relation avec ce dernier;
  • la relation avec les coéquipiers et coéquipières;
  • l’engagement et l’attitude des parents;
  • le temps de jeu accordé dans les sports collectifs.

 

Les filles, moins actives

Au Québec, selon des données de l’Institut national de santé publique, seulement 38 % des adolescentes sont suffisamment actives, contre 55 % des adolescents.

Les changements corporels dus à la puberté sont mis en cause. Les garçons et les filles ne sont pas à égalité. Les filles se perçoivent, par ailleurs, moins habiles dans les activités physiques et sportives que les garçons. « Les filles sont soucieuses de leur image corporelle. Les adolescentes sont promptes à abandonner toute occupation dans laquelle elles se sentent jugées et où elles n’excellent pas », soutient Mme Laberge.

 

Quelques articles pertinents

 

Vous trouverez aussi des idées pour aider votre préado à bouger dans nos dossiers Quoi faire cet automne et Idées de jeux.

 


Références :

Infolettre
Pour recevoir par courriel nos plus récents articles.
Abonnez-vous
Infolettre
Santé physique

Une commission scolaire déclare la guerre à l’inactivité physique

Article -

Devant le constat que ses élèves peinent à bouger un minimum de 60 minutes par jour, la Commission scolaire du Val-des-Cerfs, dans la région de Granby, a décidé de passer à l’action. 

Une commission scolaire déclare la guerre à l’inactivité physique

C’est pourquoi on a recruté la médaillée olympique en patinage de vitesse Isabelle Charest et mis en branle un projet-pilote afin de développer des services de garde actifs en milieu scolaire.

 

Rejoindre les inactifs

« Certains auraient pu penser qu’en venant ici, mon objectif serait de pousser le sport d’élite dans les écoles, mais ce n’est vraiment pas le cas », précise la nouvelle coordonnatrice aux services éducatifs de la commission scolaire, Isabelle Charest. Depuis son entrée en poste, cette dernière a pu constater que l’offre sportive est déjà très étoffée dans les écoles. Mais l’option sports-études et les activités parascolaires attirent seulement les élèves motivés à bouger. Le véritable défi était donc de rejoindre tous les autres.

 

L'ancienne patineuse de vitesse Isabelle Charest.

 

Projet-pilote en service de garde

Pour éviter d’empiéter sur l’enseignement d’autres matières, la commission scolaire a fait le choix de miser sur les services de garde. Deux écoles primaires du territoire (à Roxton Pond et Cowansville) vivent donc l’expérience cette année. Le personnel du service de garde est donc formé pour mieux encadrer la tenue d’activités sportives adaptées à chaque groupe d’âge. Le tout se fait en étroite collaboration avec l’éducateur physique de l’école, d’où le nom du projet-pilote : « Tandem actif ».

 

Les éducatrices peuvent au besoin assister à un cours d’éducation physique. « Le gymnase devient une sorte de laboratoire, ce qui est assez novateur! », fait remarquer Dominic Martin, conseiller pédagogique en éducation physique et à la santé.

 

En contexte de compressions

Le projet-pilote favorise aussi le partage de matériel entre le service de garde et les cours d’éducation physique, ce qui représente de précieuses économies. D’ailleurs, dans un contexte de compressions budgétaires, Isabelle Charest insiste sur l’importance, pour la commission scolaire, de conclure des partenariats avec des entreprises de la communauté. « C’est une formule gagnante, fait-elle valoir. D’offrir gratuitement des surfaces (de hockey balle, par exemple) pendant les heures de classe ne prive pas l’entreprise d’une énorme clientèle payante. En plus de contribuer à la santé des jeunes, elle augmente sa clientèle, parce que les élèves y prennent goût. »

 

Si le projet-pilote se déroule comme prévu, la commission scolaire du Val-des-cerfs envisage de multiplier les services de garde actifs sur son territoire dès l’an prochain.

Infolettre
Pour recevoir par courriel nos plus récents articles.
Abonnez-vous
Infolettre