Santé physique

Pourquoi les enfants ne jouent-ils plus dehors: facteurs et pistes de solution

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Les enfants passent beaucoup moins de temps à jouer dehors que ne le faisaient leurs parents ou grands-parents. Pourquoi en est-il ainsi? Voici 5 facteurs pouvant l’expliquer et plusieurs pistes de solution.

Pourquoi les enfants ne jouent-ils plus dehors: facteurs et pistes de solution

De nombreuses études rapportent les bienfaits liés à la pratique de jeux actifs à l’extérieur au niveau de la condition physique, des habiletés motrices, de la socialisation, de la concentration, de la gestion du stress et de la créativité. Le fait de jouer à l’extérieur permet aux enfants de s’adonner à des activités physiques d’intensité élevée et de dépenser leur énergie.

 

Or, le Bulletin de l’activité physique chez les jeunes de ParticipACTION (2015) souligne que seulement 14 % des enfants âgés de 5 à 11 ans font les 60 minutes d’activité physique intense dont ils ont besoin quotidiennement. De plus, certaines activités extérieures peuvent permettre aux jeunes de découvrir des sites naturels d’une grande beauté.

 

Voici quelques facteurs expliquant pourquoi les enfants passent si peu de temps à jouer dehors :   

 

1. L’obsession de la sécurité 

 

De nombreux parents refusent de laisser sortir leurs enfants sans supervision de crainte qu’ils se blessent, se fassent kidnapper ou frapper par une voiture. Dans les faits, les risques associés à la sédentarité dépassent de beaucoup les risques d’enlèvement ou de blessure.

 

Ainsi, la Gendarmerie Royale du Canada estime que les probabilités d’enlèvement par un inconnu sont de 1 sur 14 millions. Quant aux accidents de la route, les enfants canadiens présentent huit fois plus de risque de mourir en étant passager d’un véhicule motorisé qu’en se faisant frapper. De plus, la majorité des blessures associées au jeu à l’extérieur sont mineures (éraflures, entorses).

 

Pistes de solution

  • Éviter de surprotéger les enfants.
  • Exiger des municipalités des endroits sécuritaires pour les enfants.  

 

2. Le manque de modèles

 

En servant de modèles à leur progéniture, les parents actifs physiquement contribuent à leur insuffler le plaisir de bouger. Jadis, jouer dehors était vu comme une récompense, mais de nos jours, les enfants perçoivent cela comme une punition. Bien que certains parents tentent d’inciter leurs enfants à jouer dehors « parce que c’est bon pour la santé », cet argument s’avère inefficace. Mieux vaut miser sur le plaisir ressenti en jouant dehors!

 

Pistes de solution

  • Initier les enfants à jouer dehors dès leur plus jeune âge (voici 16 trucs pour être un modèle pour les jeunes).
  • Organiser des activités physiques en famille pour profiter des joies du plein air : randonnées à pied et à vélo, baignade, canot, tennis, ski, patin, glissade, raquette, etc. 

 

 

3. Le manque de temps

De nombreux parents disent manquer de temps pour pratiquer des activités physiques à l’extérieur. De même, certains jeunes ont du mal à trouver le temps de jouer dehors en raison de leur agenda chargé.

 

Pistes de solution

  • Réserver des plages horaires pour effectuer des activités physiques en famille à l’extérieur. Cela resserre les liens!  
  • Éviter de surcharger l’horaire des enfants.
  • Encourager les écoles et les centres de la petite enfance à faire sortir les enfants à l’extérieur sur une base régulière.  
  • Favoriser le transport actif vers l’école (marche, vélo, planche à roulettes, trottinette).

 

4. Le manque d’espace

Trop peu d’enfants ont accès à de vastes espaces où jouer de façon vigoureuse.    

 

Pistes de solution

  • Fréquenter des lieux propices aux activités extérieures : terrains de jeux, parcs naturels, campings, etc.
  • Inciter les écoles et les municipalités à fournir des espaces et des équipements favorisant le jeu à l’extérieur.  

 

5. La suprématie des écrans   

 

Plusieurs parents sont découragés en voyant leur marmaille rivée sur les écrans d’ordinateurs, de téléviseurs et de téléphones cellulaires. Selon Jeunes en forme Canada, les élèves du secondaire passent en moyenne 7 heures et 48 minutes quotidiennement devant la télé et l’ordinateur. C’est bien supérieur à la limite recommandée de deux heures par jour!

 

Pistes de solution

 


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Le jeu libre, un précieux atout à l’école

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[Article mis à jour] Une des meilleures façons de préparer son enfant à l’école, c’est de le laisser jouer, tout simplement. Les bienfaits du jeu libre sont multiples et peuvent même influencer le cheminement scolaire d’un élève. La psychologue et psychothérapeute Nathalie Parent répond à nos questions sur ce sujet qui lui tient beaucoup à cœur.

Le jeu libre, un précieux atout à l’école

D’abord, qu’est-ce que le jeu libre?

C’est quand les enfants décident par eux-mêmes de s’amuser avec ce qui les entoure, comme jouer dehors par exemple. On n’est pas dans le jeu libre quand c’est le parent qui décide du jeu.

 

« Le jeu libre permet d’extérioriser les tensions et les émotions accumulées dans la journée. En évacuant le stress, les enfants se rendent beaucoup plus disponibles à recevoir une information par la suite. » – La psychologue et psychothérapeute Nathalie Parent.

 

Y a-t-il d’autres ennemis au jeu libre?

La télévision et les jeux électroniques tuent le jeu libre. Des études ont démontré que les jeux électroniques permettent de développer la rapidité d’exécution, mais bloquent par contre le développement d’autres sphères du cerveau, à commencer par la créativité. Alors que le jeu libre stimule cette créativité, qui sera très utile à l’école, tout particulièrement en français. Par le jeu libre, les enfants apprennent aussi à trouver des solutions lorsqu’ils vivent des difficultés, puis à négocier avec les autres enfants avec qui ils jouent.

 

En quoi le jeu libre aide-t-il les élèves à l’école?

Le jeu libre permet d’extérioriser les tensions et les émotions accumulées dans la journée. En évacuant le stress, les enfants se rendent beaucoup plus disponibles à recevoir une information par la suite. Plus ils sont jeunes et plus ils ont besoin d’évacuer physiquement. Les récréations et l’heure du dîner servent à cela. Il faut donc éviter à tout prix de punir un élève agité en le privant de récréation. Il en a besoin pour retrouver sa concentration.

 

Si des enfants n’ont pas développé l’habitude de jouer librement en bas âge, est-il trop tard pour commencer à le faire?

Non, pas du tout. En thérapie, il m’arrive de rencontrer des enfants qui n’ont à peu près jamais joué librement et à un moment donné, à force de me voir interpréter des personnages, ils apprennent à le faire aussi.

 

Comment des parents peuvent-ils inciter leurs enfants à jouer librement?

Des exercices tels que « je te donne un mot et tu me dis à quoi ça te fait penser » peuvent avoir l’air très banals, mais contribuent à stimuler le jeu libre, et donc la créativité chez l’enfant.

 

Une fois l’habitude bien ancrée, l’enfant peut appliquer le jeu libre aux différentes sphères de sa vie, dont celle de l’activité physique. Chose qui est encore plus facile si ses parents l’incitent à bouger spontanément!

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