Santé physique

L’activité physique chez les enfants qui vivent avec l’autisme

Article -

[Article mis à jour] La pratique régulière de l’activité physique peut avoir des bénéfices pour tout le monde, y compris les jeunes qui vivent avec un TSA (trouble du spectre de l’autisme). De plus en plus de chercheurs s’activent à comprendre comment la pratique du sport peut aider ces jeunes, tandis que de plus en plus de parents sont sensibilisés à l’importance pour leur enfant de bouger. Compte-rendu de la situation en  5 points. 

L’activité physique chez les enfants qui vivent avec l’autisme

1. Comprendre les TSA

Selon les chercheuses Marie-Michèle Duquette, Hélène Carbonneau et Laurence Crevier, auteures d’un guide sur la pratique de l’activité physique chez les clientèles autistes, 20% des jeunes qui présentent des limitations fonctionnelles dans le milieu scolaire sont des jeunes avec un TSA. C’est dire l’importance de la situation.

 

« Il y a autant d’autistes que d’autismes. Chaque personne est différente » souligne Marie-Michèle Duquette, assistante de recherche à l’Université du Québec à Trois-Rivières, en rappelant tout de même que les plus grosses problématiques liées à l’autisme et à l’activité physique sont les difficultés à interagir socialement.

 

2. L’importance de bouger

 

La pratique d’un sport a des impacts positifs sur l’ensemble de la population et les jeunes qui vivent avec l’autisme peuvent en tirer beaucoup de bienfaits. « Plusieurs d’entre eux sont hypo ou hypersensibles, par exemple, note Marie-Michèle Duquette. Pratiquer un sport peut aider à accroître leur sensibilité ou à les désensibiliser, pour les aider à être plus fonctionnels en société. »

 

Les parents doivent être impliqués. Elle cite d’ailleurs l’exemple d’une mère qui a lavé l’habit de son enfant autiste à de multiples reprises avant le début de la session, pour le rendre plus doux et facile à porter!

 

3. Des bienfaits au niveau social

Interagir avec les autres est aussi une compétence qui s’acquiert bien par le sport. Par exemple, en jouant au soccer ou au basketball, les jeunes doivent développer leur aptitude à jouer en groupe.

 

En intégrant graduellement la pratique d’une activité en groupe,  on a plus de chances de réussite, selon Marie-Michèle Duquette. « On commence par faire jouer l’enfant seul, puis avec un autre ami, et ensuite en petit groupe, avant de pratiquer dans un grand groupe. »

 

Faire partie d’une équipe, c’est faire partie d’une mini-société : il faut comprendre les consignes et les respecter, être en relation avec les autres et déceler leurs émotions.

 

4. Des bienfaits physiques

 

Les bienfaits physiques de l’exercice ne sont plus à prouver : amélioration de l’endurance et de la force musculaire; de l’équilibre, de l’agilité, de la coordination; augmentation du niveau d’énergie. Il va sans dire que les enfants qui présentent un TSA gagnent à profiter de ces bienfaits.

 

5. Les défis

Chaque petit détail de la pratique d’un sport peut devenir un défi de taille. Par exemple, Marie-Michèle Duquette se souvient d’un enfant autiste qui adorait jouer au soccer, mais qui ne supportait pas la sueur. En jouant de façon régulière, il s’est habitué à vivre avec la transpiration et a compris que ça venait avec la pratique de son sport préféré.

 

Quelques conseils pour favoriser la pratique de l’activité physique chez les jeunes qui vivent avec l’autisme

 

  • Le jeune doit avoir un intérêt pour le sport choisi. « C’est la base! », soutient Marie-Michèle Duquette. Aucun sport en particulier n’est plus approprié pour les enfants qui ont un TSA, quoique la chercheuse ait remarqué une prévalence des arts martiaux avec leurs règles claires. Elle insiste toutefois sur le fait qu’il n’y aucune limite.
  • Y aller par étapes. La clé, c’est d’y aller graduellement. Marie-Michèle Duquette a été épatée de voir des parents regarder des vidéos de natation avant d’aller à piscine avec leurs enfants. L’exercice a  fait en sorte que les jeunes étaient mieux préparés en arrivant à leur cours de natation.

 


 

Cliquez ici pour télécharger le guide facilitant les interventions lors de la pratique d’activités physiques et sportives chez les jeunes ayant un trouble du spectre de l’autisme.

 

Infolettre
Pour recevoir par courriel nos plus récents articles.
Abonnez-vous
Infolettre
Santé physique

Pourquoi les enfants ne jouent-ils plus dehors: facteurs et pistes de solution

Article -

Les enfants passent beaucoup moins de temps à jouer dehors que ne le faisaient leurs parents ou grands-parents. Pourquoi en est-il ainsi? Voici 5 facteurs pouvant l’expliquer et plusieurs pistes de solution.

Pourquoi les enfants ne jouent-ils plus dehors: facteurs et pistes de solution
Thèmes abordés

De nombreuses études rapportent les bienfaits liés à la pratique de jeux actifs à l’extérieur au niveau de la condition physique, des habiletés motrices, de la socialisation, de la concentration, de la gestion du stress et de la créativité. Le fait de jouer à l’extérieur permet aux enfants de s’adonner à des activités physiques d’intensité élevée et de dépenser leur énergie.

 

Or, le Bulletin de l’activité physique chez les jeunes de ParticipACTION (2015) souligne que seulement 14 % des enfants âgés de 5 à 11 ans font les 60 minutes d’activité physique intense dont ils ont besoin quotidiennement. De plus, certaines activités extérieures peuvent permettre aux jeunes de découvrir des sites naturels d’une grande beauté.

 

Voici quelques facteurs expliquant pourquoi les enfants passent si peu de temps à jouer dehors :   

 

1. L’obsession de la sécurité 

 

De nombreux parents refusent de laisser sortir leurs enfants sans supervision de crainte qu’ils se blessent, se fassent kidnapper ou frapper par une voiture. Dans les faits, les risques associés à la sédentarité dépassent de beaucoup les risques d’enlèvement ou de blessure.

 

Ainsi, la Gendarmerie Royale du Canada estime que les probabilités d’enlèvement par un inconnu sont de 1 sur 14 millions. Quant aux accidents de la route, les enfants canadiens présentent huit fois plus de risque de mourir en étant passager d’un véhicule motorisé qu’en se faisant frapper. De plus, la majorité des blessures associées au jeu à l’extérieur sont mineures (éraflures, entorses).

 

Pistes de solution

  • Éviter de surprotéger les enfants.
  • Exiger des municipalités des endroits sécuritaires pour les enfants.  

 

2. Le manque de modèles

 

En servant de modèles à leur progéniture, les parents actifs physiquement contribuent à leur insuffler le plaisir de bouger. Jadis, jouer dehors était vu comme une récompense, mais de nos jours, les enfants perçoivent cela comme une punition. Bien que certains parents tentent d’inciter leurs enfants à jouer dehors « parce que c’est bon pour la santé », cet argument s’avère inefficace. Mieux vaut miser sur le plaisir ressenti en jouant dehors!

 

Pistes de solution

  • Initier les enfants à jouer dehors dès leur plus jeune âge (voici 16 trucs pour être un modèle pour les jeunes).
  • Organiser des activités physiques en famille pour profiter des joies du plein air : randonnées à pied et à vélo, baignade, canot, tennis, ski, patin, glissade, raquette, etc. 

 

 

3. Le manque de temps

De nombreux parents disent manquer de temps pour pratiquer des activités physiques à l’extérieur. De même, certains jeunes ont du mal à trouver le temps de jouer dehors en raison de leur agenda chargé.

 

Pistes de solution

  • Réserver des plages horaires pour effectuer des activités physiques en famille à l’extérieur. Cela resserre les liens!  
  • Éviter de surcharger l’horaire des enfants.
  • Encourager les écoles et les centres de la petite enfance à faire sortir les enfants à l’extérieur sur une base régulière.  
  • Favoriser le transport actif vers l’école (marche, vélo, planche à roulettes, trottinette).

 

4. Le manque d’espace

Trop peu d’enfants ont accès à de vastes espaces où jouer de façon vigoureuse.    

 

Pistes de solution

  • Fréquenter des lieux propices aux activités extérieures : terrains de jeux, parcs naturels, campings, etc.
  • Inciter les écoles et les municipalités à fournir des espaces et des équipements favorisant le jeu à l’extérieur.  

 

5. La suprématie des écrans   

 

Plusieurs parents sont découragés en voyant leur marmaille rivée sur les écrans d’ordinateurs, de téléviseurs et de téléphones cellulaires. Selon Jeunes en forme Canada, les élèves du secondaire passent en moyenne 7 heures et 48 minutes quotidiennement devant la télé et l’ordinateur. C’est bien supérieur à la limite recommandée de deux heures par jour!

 

Pistes de solution

 

Article réalisé en partenariat avec la Table sur le mode de vie physiquement actif (TMVPA).

 

Références

Infolettre
Pour recevoir par courriel nos plus récents articles.
Abonnez-vous
Infolettre