Rôle du parent

Que faire si mon enfant est victime d’intimidation?

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Intimidation. Voilà un mot qui a de quoi inquiéter et alarmer tout parent. Quoi dire et comment réagir si notre enfant en est victime? Avec une experte en prévention de la violence, on fait la lumière sur la question.

Que faire si mon enfant est victime d’intimidation?
Thèmes abordés

La prévention

La clé d’un bon accompagnement de nos enfants réside d’abord et avant tout dans le fait de leur porter de l’attention. « Un parent qui s’est toujours intéressé de près à la vie de ses enfants, et qui a toujours témoigné d’une écoute authentique à leur égard, détectera en général assez rapidement que ceux-ci ne vont pas bien », indique Claire Beaumont, titulaire de la Chaire de recherche Bien-être à l’école et prévention de la violence de l’Université Laval.

 

Elle affirme qu’un encadrement parental sécurisant, avec des exigences et des limites claires, mais où le lien de confiance a été bâti, incitera l’enfant à s’ouvrir sans avoir peur du jugement ou des reproches de la part de son père ou de sa mère. « Si l’enfant ne veut pas en parler, c’est qu’il y a des raisons. Il peut par exemple craindre que ses parents débarquent à l’école pour parler aux intimidateurs et que les choses empirent. Pour qu’un enfant se confie, ça prend donc un terreau fertile. »

 

Apprendre à s’affirmer : la clé

Apprendre aux enfants dès leur plus jeune âge à s’affirmer de façon adéquate, soit à exprimer clairement ce qu’ils veulent et ne veulent pas, constitue par ailleurs une façon de les outiller contre l’intimidation. Développer le vocabulaire affectif de l’enfant pour qu’il soit en mesure de mettre des mots sur ce qu’il vit s’avère également primordial. « Les jeunes sont plus à risque de se faire intimider quand ils ne savent pas comment réagir aux attaques de tout ordre, et qu’ils ne sont pas capables de parler de ce qu’ils ressentent et vivent », avance Claire Beaumont.

 

Comment savoir si mon enfant est victime d’intimidation?

Voici quelques indices qui devraient mettre la puce à l’oreille. Attention toutefois de ne pas sauter aux conclusions; certaines des observations suivantes peuvent simplement être des manifestations de la préadolescence!

  • Changement d’humeur ou de comportement.
  • Perte d’intérêt pour l’école ou d’autres activités
  • Tendance à s’isoler, à devenir secret.
  • Refus d’aller à l’école.
  • Doute et perte d’estime de soi.
  • Problèmes physiques : maux de tête, insomnie, etc.
  • Chute des résultats scolaires.

 

8 étapes pour bien intervenir

1. Réagir adéquatement

La première réaction doit être orientée vers le réconfort et la bienveillance pour que l’enfant sente que nous sommes de son côté.

 

2. Ouvrir le dialogue

S’assurer que si nous entamons une discussion avec l’enfant, que nous ne serons pas interrompus et que nous aurons le temps de bien faire le tour de la question.

 

Un petit conseil
Essayez de documenter les échanges avec votre enfant. Ça pourra vous être utile pour retracer le fil des événements dans le cas où la situation dégénère (ce qu’on ne souhaite évidemment pas).

 

3. Amener l’enfant à s’exprimer

Laisser l’enfant s’exprimer à son rythme, sans lui tirer les vers du nez. L’aider à décrire le plus précisément possible ce qu’il a vécu.

 

4. Aidez-le à trouver des pistes de solution

Lui demander ce qui lui ferait du bien, ce qu’il souhaite faire, ou au contraire ce qu’il ne veut surtout pas qu’il arrive.

 

5. Aidez-le à trouver de l’aide

L’encourager à déterminer lui-même les personnes-ressources de l’école à qui aller demander de l’aide (TES, enseignant, directeur, etc.). Il a d’ailleurs été démontré qu’il y a beaucoup plus de chance que la situation se règle quand les parents et l’école travaillent de concert.

 

6. Impliquer l’enfant

Impliquer les jeunes à toutes les étapes, car plus ils auront l’impression d’avoir joué un rôle dans la résolution du problème, plus ils vont s’en sortir plus fort.

 

7. Effectuer un suivi

Vérifier si la situation s’améliore tant auprès du jeune que de l’école.

 

8. Demander de l’aide supplémentaire

Si la situation persiste, ne pas hésiter à demander de l’aide auprès d’un psychologue.

 

Les pièges à éviter

  • Être surprotecteur et agir à la place de notre enfant sans le laisser essayer des choses. Quand le parent n’est pas là, il ne sait pas trop comment réagir.
  • S’en remettre aux médias ou aux réseaux sociaux pour dénoncer la situation. Malgré la vague de sympathie que cela peut soulever, cela risque de causer plus de tort à l’enfant.
  • Réagir de façon impulsive. Les parents doivent d’abord gérer leurs propres émotions, comme la peine ou la colère.
  • Banaliser la situation : on ne peut pas demander au jeune d’ignorer ce qui lui arrive ou de prendre ça avec un grain de sel.
  • Penser qu’il est assez grand pour régler ses problèmes seul : il faut plutôt lui donner du soutien et l’accompagner.
  • Lui suggérer de répondre par la violence.
  • Couper la communication avec l’école advenant une mésentente quant aux interventions à adopter.

 

Quelques ressources

 Pour les enfants

 Tel-jeunes

Montréal : 514-288-2266
Ligne sans frais : 1 800-263-2266

 

Jeunesse, J’écoute 

1 800 668-6868

 

Cyberaide.ca (Pour faire retirer une image ou une vidéo à caractère sexuel d’un mineur)

 

AidezMoiSVP.ca (Cyberintimidation)

 

Pour les parents

Ligne Parents

1 800 361-5085

 

Déclarer un geste d’intimidation
Les actes d’intimidation peuvent être dénoncés auprès de différentes instances. Consultez le site web du Ministère de la Famille pour de plus amples renseignements.

 

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