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Cyberdépendance: est-ce que mon enfant a une dépendance aux écrans?

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Certains parents craignent que l’intérêt de leur enfant pour l’Internet ne tourne à l’obsession. Au Québec, la cyberdépendance toucherait environ 1,3 % des adolescents, d’après les recherches de Magali Dufour, docteure en psychologie, professeure agrégée et directrice des programmes de deuxième cycle en intervention en toxicomanie de l’Université de Sherbrooke. 

Cyberdépendance: est-ce que mon enfant a une dépendance aux écrans?

Un phénomène récent

« C’est un phénomène encore mal connu, parce que très récent; le téléphone intelligent est entré dans notre quotidien en 2007 et la tablette électronique, en 2010! » rappelle Magali Dufour. Y a-t-il une limite de temps d’écran à respecter pour éviter de basculer dans la cyberdépendance? « Il n’existe pas de norme de faible risque », lance-t-elle.

 

Le nombre d’heures passées sur Internet n’est pas un critère de cyberdépendance en soi, mais c’est un bon indice. « Par exemple, certains adolescents qui consultent parce qu’ils se disent en perte de contrôle passent 55 heures par semaine devant un écran, en dehors des heures scolaires. La situation devient problématique quand les écrans prennent toute la place dans la vie du jeune et que cela engendre des conséquences négatives comme de l’isolement, des conflits familiaux, une perte de sommeil et d’appétit ou des difficultés scolaires. Je souhaite qu’on arrive à conserver les bénéfices apportés par les écrans tout éloignant leurs méfaits », explique la psychologue.

 

Pour découvrir les bénéfices du temps écran, consultez notre article Temps-écran : 9 conseils pour utiliser positivement les écrans.

 

Mon enfant est-il accro aux écrans?

Une récente étude américaine conseille aux parents de bambins de 4 à 11 ans de porter une attention particulière au comportement de ces derniers pour déceler d’éventuels signes de dépendance aux écrans. Voici 9 signaux à surveiller pour savoir si votre préado est accro.    

 

1. Perte de contrôle

L’enfant a du mal à cesser d’utiliser les appareils électroniques. 

 

2. Perte d’intérêt

L’enfant semble intéressé uniquement par les appareils électroniques. 

 

3. Préoccupation majeure

L’enfant ne semble penser qu’aux appareils électroniques. 

 

4. Conséquences psychosociales

Le temps que l’enfant passe sur les appareils électroniques empiète sur les activités familiales.

 

5. Problèmes graves

L’utilisation d’appareils électroniques par l’enfant engendre des conflits familiaux. 

 

6. État de manque

L’enfant devient frustré et irritable lorsqu’il ne peut plus utiliser ses appareils électroniques.  

 

7. Tolérance

L’enfant veut consacrer de plus en plus de temps aux appareils électroniques.

 

8. Tromperie

L’enfant va sur les appareils électroniques en cachette.

 

9. Fuite/soulagement

Quand l’enfant a une mauvaise journée, seuls les écrans semblent l’aider à se sentir mieux.

 

Si vous éprouvez des inquiétudes concernant le comportement de votre enfant face aux écrans, n’hésitez pas à consulter un spécialiste de la question pour y voir plus clair.

 

Le sujet vous intéresse? Consultez notre dossier Temps-Écran.

 


RÉFÉRENCES

  • Bourcier, Sylvie (2010). L’enfant et les écrans, Montréal, Les Éditions du Chu de Sainte-Justine.

 

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Surprotection: comment lâcher prise en tant que parent?

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« Il faut arrêter de capoter, d’avoir peur, et faire confiance à nos enfants », lance la blogueuse Bianca Longpré, à propos de la tendance des parents à surprotéger leur progéniture. Entrevue avec une maman ordinaire qui se dit « à boutte » de l’hyper sécurité et qui a décidé de lâcher prise.

Surprotection: comment lâcher prise en tant que parent?

Blogueuse, chroniqueuse, auteure et productrice, Bianca Longpré fait rigoler les internautes avec ses publications humoristiques sur Facebook qui racontent les hauts et les bas de sa vie de maman de 3 enfants et belle-mère d’un grand adolescent.

 

Elle a déjà fait partie de ces parents prêts à tout pour éviter le moindre petit bobo. Verrous, casque de vélo, savon antiseptique, bodyguard, papier bulle… On exagère à peine! « J’étais tellement protectrice pour mon premier enfant. Je mettais des barrières partout. Puis arrive le deuxième, et on a moins le temps. Et au troisième enfant… on essaie juste de garder tout le monde en vie (rires) ».

 

« Aller au parc seul à 8 ans, ou grimper dans un arbre, c’est aventureux. Grimper dans un arbre en feu, ÇA, c’est dangereux! » 
– Bianca Longpré

 

Elle est donc bien placée pour comprendre la position des parents qui font tout pour éviter à leurs petits de se blesser. Mais elle les invite tout de même à lâcher prise. « Il faut arrêter ça. On est en train de scrapper nos enfants avec la surprotection. Rappelez-vous comment c’était dans notre temps, et ce que ça nous a apporté. On a appris à bouger, à se débrouiller, à être autonome, à être créatif, à faire des choix. Et quand on grandi, c’est juste ça la vie, faire des choix! »

 

La différence entre risque et aventure

Selon elle, les parents auraient avantage à relativiser. « Il y a une différence entre jeu d’aventures et jeu dangereux. Aller au parc seul à 8 ans, ou grimper dans un arbre, c’est aventureux. Grimper dans un arbre en feu, ÇA, c’est dangereux! »

 

LE JEU D’AVENTURE

Ce qu’on appelle le jeu d’aventure (ou « risky play » en anglais) consiste à laisser son enfant, dans une certaine mesure, prendre des petits risques physiques en jouant.

 

Il peut s’agir de sauter de haut, de se balancer, de jouer sur un terrain qu’il connaît peu, de grimper, de courir, de glisser. Le jeu d’aventure est physique.

 

LE JEU LIBRE

Le jeu libre peut être physique ou statique. Il peut prendre place à l’extérieur ou dans la maison. Pour le parent, favoriser le jeu libre, c’est chose facile (du moins, en apparence!) : suffit de laisser aller le jeune dans les décisions de son jeu.

 

Le véritable danger : les écrans

Bianca Longpré ramène la problématique du temps-écran sur le tapis. Certains parents croient leurs enfants en sécurité sur le divan, devant la télé. Pourtant, le risque est certainement plus grand de laisser son enfant inactif devant un écran que de l’envoyer jouer dehors sans supervision. « Se fouler une cheville, c’est moins grave qu’être sédentaire », lance-t-elle.

 

 

Elle considère les écrans comme une solution facile pour le parent, mais dommageable à long terme. « Moi aussi, je mettrais mes enfants devant la télé souvent en tabarouette, parce que c’est plus facile à gérer. Mais j’aime mieux les voir s’ennuyer que de végéter devant la télé ».

 

5 trucs de mère de Bianca Longpré pour en finir avec la surprotection

 

1. Se calmer

« Pour passer par-dessus mes peurs, je dois arrêter d’imaginer le pire. Je me rappelle ce que je faisais à leur âge. En plus, on transmet souvent nos peurs à nos enfants et je ne veux pas que ça arrive, alors je me calme. »

 

2. Apprendre aux enfants à faire face aux risque

« Si on a peur qu’un étranger aborde notre enfant au parc, on doit bien le préparer à cette situation. On aura davantage confiance si on sait que notre enfant est prêt. »

 

3. Faire confiance au papa

« Je ne veux pas généraliser, mais c’est bien souvent les mamans qui sont plus inquiètes. Les pères laissent souvent plus de lousse, et permettent des jeux plus aventureux. Il faut lui faire confiance. »

 

4. Ne pas se remettre en question

« Je laisse ma fille grimper aux arbres et je sens parfois le regard inquiet des autres parents. J’essaie de ne pas me remettre en question. Je sais que c’est la bonne chose pour elle. »

 

5. Faire des semaines sans écrans

« On a le sentiment que les enfants sont en sécurité devant l’écran, mais c’est faux! Les semaines sans écrans nous permettent de laisser plus de liberté à nos enfants… parce qu’on finit par être tannés qu’ils nous tournent autour! Allez jouer dehors! »

 


Ce sujet vous intéresse? Consultez notre dossier sur le jeu libre

 

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