Santé psychologique

Virus et maladie: 7 pistes pour en parler avec les enfants

Article -

Le quotidien est bousculé, les garderies et les écoles sont fermées, les parents deviennent soudainement plus intéressés aux nouvelles. Normal que les petits posent des questions au sujet du coronavirus. Comment parler de la maladie et répondre aux questions de votre enfant? Voici 7 pistes.

Virus et maladie: 7 pistes pour en parler avec les enfants
Thèmes abordés

« Maman, on peut aller faire l’épicerie? » C’était une question de ma fille, visiblement à bout d’idées d’activités, au deuxième jour de la quarantaine. « Non? Alors on va à la piscine? Ou à la bibliothèque? » Expliquer à une enfant de 4 ans qu’on doit limiter les sorties et qu’on ne peut pas inviter d’amis à la maison à cause d’un virus, ce n’est pas évident. Comment faire?

 

1. Ne pas cacher la vérité

Chez l’adulte, la peur peut susciter une forme de déni ou d’évitement. Auprès des enfants, mieux vaut ne pas faire comme si de rien n’était. Après quelques jours de routine bousculée, ils auront de toute façon de nombreuses questions à poser. 

 

Pour y répondre le mieux possible, on évite de mentir ou d’inventer que ce sont des vacances ou que les profs sont en grève, par exemple. On tente plutôt de trouver un message court, simple et sans émotion. On pourrait dire quelque chose comme : « Il y a présentement un virus qui court. On tente de l’éviter pour ne pas le donner aux grands-parents qui sont plus fragiles. »

 

2. Ne pas devancer l’enfant

Même si l’on tente de répondre aux questions, on essaie de ne pas surcharger nos jeunes d’information. Les moins de 7 ans, surtout, n’ont pas toujours les notions pour bien distinguer les nuances d’une crise ou d’une situation complexe.

 

On se contente donc de répondre de façon très concrète à la question posée, sans spéculer, ni ajouter d’informations superflues.

 

Bon à savoir : les enfants s’intéressent surtout à eux-mêmes et à leur entourage immédiat. Concentrons-nous donc sur les infos qui touchent ces domaines.

 

3. Donner des outils d’« empuissancement » (empowering) aux jeunes

En donnant à nos enfants une façon d’être utiles, on les rassure. On peut donc leur expliquer pourquoi c’est important de rester à la maison ou pourquoi ils doivent se laver les mains plus souvent que d’habitude. En faisant ces gestes, ils aident à protéger la population.

 

C’est aussi une bonne occasion d’expliquer que la prévention est une mesure de solidarité. Que si le coronavirus n’est, en général, pas grave pour les jeunes, il peut l’être pour les personnes à la santé plus fragile, et que notre devoir est de les protéger.

 

4. Parler aussi du positif

Même quand la situation est grave, le parent peut essayer de trouver des aspects positifs ou rassurants. Par exemple, on pourrait dire que toute la société est mobilisée, qu’il y a un bel élan de solidarité, que les médecins sont là pour nous soigner si l’on est malades.

 

On peut aussi parler de choses très simples et qui nous paraissent évidentes. Comme le fait qu’on sera toujours là pour notre enfant et qu’on va le protéger, comme l’explique le psychologue Nicolas Chevrier sur le site Naître et grandir.

 

Enfin, on peut ajouter que la plupart des gens se sortent du virus. Qu’ils sont pris en charge, bien soignés. Que les cas sévères ne sont pas communs.

 

5. Donner un bon exemple

Même si l’on ne parle pas nécessairement de nos peurs à nos enfants, il y a fort à parier qu’ils pourraient les ressentir. On l’avoue : cette idée est hyperculpabilisante pour les parents… Mais en mettant des moyens très concrets en place, on peut casser cette « spirale de peur ».

 

La meilleure façon est de limiter le temps d’exposition à l’information à la maison. Ne pas laisser la télé ouverte toute la journée sur une chaîne d’info en continu. Ne pas commenter notre lecture du journal devant nos enfants. Ne pas se ruer sur nos téléphones chaque fois qu’une nouvelle notification arrive.

 

Stress-chez-les-enfants-5-idees-pour-le-diminuer

 

6. Utiliser des moyens ludiques

On adore l’auteure et illustratrice Élise Gravel. Elle a mis en ligne une BD éducative intitulée « Le coronavirus, c’est quoi? » qu’on peut télécharger gratuitement.

 

On y apprend comment faire pour stopper la propagation du virus dans un style cocasse et éloquent. Pertinent pour les jeunes fans de cette vedette de la littérature jeunesse.

 

Infographie d'Élise Gravel pour enfants  comprendre le coronavirus COVID-19
Crédit: elisegravel.com

 

7. S’abreuver à des sources d’info fiables

Une crise est un moment propice pour expliquer aux plus grands quelles sont les bonnes ou moins bonnes habitudes en information. C’est l’occasion d’aborder le sujet des « fake news » et même des fausses rumeurs qu’ils entendront peut-être de la part de leurs amis.

 

Voici deux sources d’info fiables, destinées aux jeunes et approuvées par l’équipe de Vifa Magazine :

  • Le curieux est un journal numérique pour les jeunes de 8 à 12 ans. Facile d’accès, il propose des infos crédibles et un fil d’actualités. Son slogan? « L’info l’fun »!

 

  • Le canal Squat (LCS) est une chaîne d’information basée sur la plateforme Squat, hébergée sur le site de Télé-Québec. On y propose des nouvelles destinées aux jeunes, conçues et rédigées par de vrais journalistes. Très bien fait.

On y trouve d’ailleurs cette vidéo de la COVID-19 expliquée aux enfants. 

Pour les tout-petits

Parce que cela peut être bien abstrait pour un tout-petit de comprendre pourquoi il doit se laver les mains, lancez-vous dans une expérience pratique au lieu de longues explications.

 

Le blogue Je suis une maman propose une activité ludique et facile pour comprendre comment se propagent les microbes. Matériel nécessaire : de la crème à mains et des paillettes. On vous confirme que si vous n’avez pas de paillettes, on peut aussi le faire avec des graines de chia… Eh oui, on a respecté les consignes du gouvernement : pas de sorties non essentielles, même pas au magasin de bricolage!

Source: jesuisunemaman.com
Infolettre
Pour recevoir par courriel nos plus récents articles.
Abonnez-vous
Infolettre