Santé psychologique

6 trucs pour développer une image corporelle positive chez nos enfants

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Honnêteté, générosité, bienveillance… Il existe 1001 belles valeurs qu’on aimerait transmettre à nos enfants. Parmi celles-ci, on oublie trop souvent l’image corporelle positive.

6 trucs pour développer une image corporelle positive chez nos enfants
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Au Québec, près de la moitié des enfants de 9 ans se disent « insatisfaits de leur silhouette » (1). La société dans laquelle nous vivons, le culte de la jeunesse et de la beauté, la pression qu’apportent les réseaux sociaux sont certainement responsables, en partie, du problème. L’école a certes un rôle à jouer pour déconstruire les stéréotypes liés à l’image corporelle.

 

Mais comme les parents sont les modèles les plus importants dans la vie d’un enfant et qu’ils ont le pouvoir de leur inculquer une saine image d’eux-mêmes très tôt dans leur vie, voici 6 façons de faire en sorte que nos enfants se perçoivent de façon juste et aimante.

 

1. Ne pas faire de commentaires sur le poids des autres personnes

Ça semble bien simple, mais il faut s’attarder à ce qu’on dit. Combien de fois par semaine prononce-t-on des commentaires sur le poids d’une personne? Une remarque sur une femme qui a « perdu son poids de grossesse », un mot sur le surpoids d’un client assis près de nous au resto, une observation sur un ami qui « devrait faire plus de sport », ou des félicitations à notre belle-sœur « plus jolie depuis qu’elle a perdu quelques kilos »…

 

Souvent, de tels propos sont inscrits en nous, ancrés dans nos pratiques depuis des décennies. Il s’agit d’un comportement à déconstruire. En réduisant les observations sur l’image corporelle, on instaure un climat plus sain dans la famille.

 

« En faisant des commentaires sur le poids, on envoie comme message que l’apparence, c’est important pour nous, explique Maryse Lefebvre, cheffe de projets chez ÉquiLibre, un organisme dont la mission est de prévenir et diminuer les problèmes liés au poids et à l’image corporelle. Qu’est-ce qu’on veut apprendre à nos enfants? Qu’est-ce qui compte vraiment à nos yeux? Le talent d’un acteur, la voix mélodieuse d’une chanteuse ou… leur poids? »

 

2. Ne pas faire de commentaires sur son propre poids

C’est prouvé : les enfants ont tendance à imiter les comportements des parents. Si on rechigne chaque fois qu’on se regarde dans le miroir ou qu’on répète sans cesse qu’on déteste telle ou telle partie de notre corps, nos enfants comprendront qu’il est possible de ne pas s’aimer.

 

Certains parents veulent parfois bien faire en accompagnant leurs propres commentaires de dépréciation de leur corps d’un compliment envers les enfants (du genre : « je cache mes jambes parce qu’elles sont grosses, mais toi, tu peux les montrer »), ce qui n’est pas non plus souhaitable.

 

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3. Montrer un exemple sain

Encore mieux que de s’abstenir de commentaires désobligeants envers soi-même, on peut montrer le bon exemple! En faisant du sport pour le plaisir et non pour perdre du poids, en insistant sur le bonheur qu’on a à jouer au tennis, par exemple, en mangeant avec plaisir des aliments variés et en écoutant sa faim, on montre à nos enfants qu’il est possible de développer une image corporelle positive.

 

Il importe de parler en bien de son corps. De remplacer les remarques négatives par des phrases comme : « mes jambes sont musclées, elles me permettent de monter des montagnes ». Si l’on doute toujours de son apparence, on tente d’éviter de communiquer ces pensées devant les enfants.

 

4. Agir en tant que bouclier contre les réseaux sociaux

Même si les parents montrent l’exemple en matière d’image corporelle, les enfants seront tôt ou tard confrontés aux images lisses et faussées qui sont montrées dans les magazines, à la télévision, ou, le plus souvent, sur les réseaux sociaux.

 

Il peut être utile d’expliquer que les images que nous envoient les médias sont magnifiées, voire truquées.

 

On peut faire réaliser aux enfants que ce qu’on voit à la télé, dans les magazines ou sur le web est très souvent retouché et irréaliste. Il existe de nombreuses vidéos qui révèlent les effets des logiciels du genre Photoshop ou FaceTune sur les images. Aux ados, avec la présence du parent pour encadrer le propos, on peut montrer les résultats du mot-clic #30secondstransformation sur Instagram, où les utilisateurs montrent à quel point l’angle de la photo, la lumière ou la posture peuvent influencer une image qu’on voit sur Internet.

 

 

5. Offrir des réponses réfléchies

On a beau être les parents les mieux intentionnés de la Terre, il arrive qu’un enfant nous désarçonne avec des questions ou des commentaires pour lesquels on n’a pas de réponse toute prête.

 

Que répondre à un enfant qui nous dit qu’il a « de grosses fesses », par exemple? « Je me demanderais d’emblée quel est le besoin exprimé par ce message, dit Maryse Lefebvre d’ÉquiLibre. Est-ce que l’enfant veut me faire réagir? Ou plutôt se faire rassurer par un adulte? Il faut écouter doucement l’enfant et lui expliquer que chaque corps est différent et chaque paire de fesses aussi! Que les siennes sont parfaites comme elles sont. On peut même enchaîner avec une petite blague si on est habile! »

 

Et que répondre lorsqu’à l’épicerie, notre petite de 3 ans nous crie très fort que la « madame qui achète des citrons est vraiment grosse »? « Il faut lui rappeler que c’est impoli de faire des commentaires à voix haute sur quelqu’un, poursuit Maryse Lefebvre. On peut ensuite amorcer une discussion sur le fait que chaque personne a un corps différent et que certaines personnes sont plus corpulentes que d’autres, plus grandes que d’autres, que certains ont les cheveux courts, d’autres les cheveux longs. Il faut dire aussi que souvent, à un jeune âge, ce type de commentaire est fait sans jugement, simplement parce que l’enfant fait une observation. Ce n’est donc pas nécessaire d’aller trop loin dans la discussion. »

 

6. En parler à un professionnel s’il y a un réel problème

Dans certains cas, mieux vaut aller chercher de l’aide. Si votre enfant continue de faire des remarques négatives sur son corps malgré vos interventions, il pourrait être intéressant de consulter un professionnel. Si, d’un autre côté, vous sentez que le poids de votre enfant pourrait entraîner un réel problème de santé, il serait judicieux de consulter son pédiatre.

 

La semaine « Le poids? Sans commentaire! »
La 8e édition de la semaine « Le poids? Sans commentaire! » aura lieu du 25 au 29 novembre 2019. Cette initiative de l’organisme ÉquiLibre vise à conscientiser la population au sujet des commentaires que l’on fait souvent envers notre corps ou celui des autres. La campagne vise les ados et les utilisateurs des réseaux sociaux. On peut d’ailleurs appuyer l’initiative sur Facebook ou Instagram.

 

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