Santé physique

Il faut davantage d’éducation physique à l’école!

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[Article mis à jour] En remplaçant, chaque semaine, cinq heures d’enseignement de matières régulières par de l’éducation physique, le rendement scolaire des élèves demeure le même ou s’améliore.

Il faut davantage d’éducation physique à l’école!

La pratique régulière d’activités physiques a-t-elle réellement un impact favorable sur la réussite scolaire? Pour le vérifier, François Trudeau, directeur du Département des sciences de l’activité physique à l’Université du Québec à Trois-Rivières, a effectué une revue systématique des études publiées à travers le monde sur le sujet. Conclusion : l’augmentation du temps d’éducation physique ne nuit pas à la réussite scolaire et peut même, dans certains cas, l’améliorer.

 

« Il y a des écoles qui sont tellement axées sur la performance académique qu’elles perdent “ le focus ” sur l’enfant global, la personne », déplore François Trudeau.

D’aussi bonnes performances scolaires en moins d’heures de classe

Avec cette méta-analyse, François Trudeau est en mesure d’affirmer que consacrer plus d’heures à l’éducation physique à l’école ne nuit pas à la performance scolaire. Au contraire! La moitié des études démontre en effet qu’en remplaçant, tous les jours, jusqu’à une heure de cours dans les matières dites « académiques » par une heure d’éducation physique les élèves obtiennent d’aussi bons résultats. L’autre moitié des études montre même que les résultats des élèves s’améliorent, surtout en mathématiques, précise François Trudeau. On a donc des élèves en meilleure condition physique et qui réussissent aussi bien ou mieux sur le plan scolaire. À l’inverse, quand on diminue le temps accordé à l’éducation physique au profit de plus d’heures d’enseignement en classe, les résultats des élèves ne s’améliorent aucunement.

 

« Pour beaucoup d’enfants, l’école est le seul endroit où ils peuvent faire de l’activité physique intensive. »

L’école : un milieu idéal pour augmenter la pratique d’activités physiques

François Trudeau est convaincu qu’on doit miser sur l’école pour accroître le niveau d’activité physique des jeunes. « Au Québec, on a la chance d’avoir de l’activité physique du primaire au collégial. L’école permet donc de rejoindre tous les enfants et tous les jeunes. Elle pourrait jouer un plus grand rôle si on lui donnait un coup de main, ajoute-t-il. » Profiter des moments libres comme les récréations et les heures du dîner permet aux enfants de faire chaque jour 36 minutes d’exercice physique d’intensité moyenne ou élevée. En offrant diverses activités physiques et sportives parascolaires, les écoles peuvent également répondre à deux besoins fondamentaux propres aux jeunes : avoir du plaisir et passer du temps avec leurs amis.

 

L’éducation physique à l’école : des effets bénéfiques qui durent toute la vie

Dans les années 1970, une étude menée à Trois-Rivières avait déjà démontré les bienfaits d’un nombre plus élevé d’heures d’éducation physique. Un groupe expérimental d’élèves du primaire avaient alors bénéficié de cinq heures d’éducation physique par semaine. Ces élèves étaient comparés à un groupe témoin qui suivait le programme régulier de 40 minutes par semaine. François Trudeau a contacté les chercheurs et leur a proposé de faire un suivi pour voir les effets à long terme de ce programme enrichi d’éducation physique. À l’âge de trente ans, les femmes du groupe expérimental étaient clairement plus nombreuses à faire régulièrement de l’exercice physique d’intensité élevée, et les hommes étaient deux fois moins nombreux à fumer. De plus, tous avaient également une attitude plus favorable à l’égard des activités physiques et sportives que les sujets du groupe témoin. Bref, les bonnes habitudes de vie acquises à l’école auraient des effets positifs qui durent toute la vie.

 


Source

La pratique régulière d’activité physique a-t-elle réellement un impact favorable sur la réussite éducative et la persévérance scolaire? Présentation de François Trudeau, Ph. D.

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L’activité physique chez les enfants qui vivent avec l’autisme

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[Article mis à jour] La pratique régulière de l’activité physique peut avoir des bénéfices pour tout le monde, y compris les jeunes qui vivent avec un TSA (trouble du spectre de l’autisme). De plus en plus de chercheurs s’activent à comprendre comment la pratique du sport peut aider ces jeunes, tandis que de plus en plus de parents sont sensibilisés à l’importance pour leur enfant de bouger. Compte-rendu de la situation en  5 points. 

L’activité physique chez les enfants qui vivent avec l’autisme

1. Comprendre les TSA

Selon les chercheuses Marie-Michèle Duquette, Hélène Carbonneau et Laurence Crevier, auteures d’un guide sur la pratique de l’activité physique chez les clientèles autistes, 20% des jeunes qui présentent des limitations fonctionnelles dans le milieu scolaire sont des jeunes avec un TSA. C’est dire l’importance de la situation.

 

« Il y a autant d’autistes que d’autismes. Chaque personne est différente » souligne Marie-Michèle Duquette, assistante de recherche à l’Université du Québec à Trois-Rivières, en rappelant tout de même que les plus grosses problématiques liées à l’autisme et à l’activité physique sont les difficultés à interagir socialement.

 

2. L’importance de bouger

 

La pratique d’un sport a des impacts positifs sur l’ensemble de la population et les jeunes qui vivent avec l’autisme peuvent en tirer beaucoup de bienfaits. « Plusieurs d’entre eux sont hypo ou hypersensibles, par exemple, note Marie-Michèle Duquette. Pratiquer un sport peut aider à accroître leur sensibilité ou à les désensibiliser, pour les aider à être plus fonctionnels en société. »

 

Les parents doivent être impliqués. Elle cite d’ailleurs l’exemple d’une mère qui a lavé l’habit de son enfant autiste à de multiples reprises avant le début de la session, pour le rendre plus doux et facile à porter!

 

3. Des bienfaits au niveau social

Interagir avec les autres est aussi une compétence qui s’acquiert bien par le sport. Par exemple, en jouant au soccer ou au basketball, les jeunes doivent développer leur aptitude à jouer en groupe.

 

En intégrant graduellement la pratique d’une activité en groupe,  on a plus de chances de réussite, selon Marie-Michèle Duquette. « On commence par faire jouer l’enfant seul, puis avec un autre ami, et ensuite en petit groupe, avant de pratiquer dans un grand groupe. »

 

Faire partie d’une équipe, c’est faire partie d’une mini-société : il faut comprendre les consignes et les respecter, être en relation avec les autres et déceler leurs émotions.

 

4. Des bienfaits physiques

 

Les bienfaits physiques de l’exercice ne sont plus à prouver : amélioration de l’endurance et de la force musculaire; de l’équilibre, de l’agilité, de la coordination; augmentation du niveau d’énergie. Il va sans dire que les enfants qui présentent un TSA gagnent à profiter de ces bienfaits.

 

5. Les défis

Chaque petit détail de la pratique d’un sport peut devenir un défi de taille. Par exemple, Marie-Michèle Duquette se souvient d’un enfant autiste qui adorait jouer au soccer, mais qui ne supportait pas la sueur. En jouant de façon régulière, il s’est habitué à vivre avec la transpiration et a compris que ça venait avec la pratique de son sport préféré.

 

Quelques conseils pour favoriser la pratique de l’activité physique chez les jeunes qui vivent avec l’autisme

 

  • Le jeune doit avoir un intérêt pour le sport choisi. « C’est la base! », soutient Marie-Michèle Duquette. Aucun sport en particulier n’est plus approprié pour les enfants qui ont un TSA, quoique la chercheuse ait remarqué une prévalence des arts martiaux avec leurs règles claires. Elle insiste toutefois sur le fait qu’il n’y aucune limite.
  • Y aller par étapes. La clé, c’est d’y aller graduellement. Marie-Michèle Duquette a été épatée de voir des parents regarder des vidéos de natation avant d’aller à piscine avec leurs enfants. L’exercice a  fait en sorte que les jeunes étaient mieux préparés en arrivant à leur cours de natation.

 


 

Cliquez ici pour télécharger le guide facilitant les interventions lors de la pratique d’activités physiques et sportives chez les jeunes ayant un trouble du spectre de l’autisme.

 

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