Santé physique

Activité physique chez les filles: le rôle des mamans

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On le dit sans méchanceté, les enfants sont de véritables petits singes. Ils n’ont de cesse, pour apprendre, d’imiter leurs parents. Il en va de même pour l’activité physique. Pour faire bouger ses enfants, l’idéal est de bouger soi-même. Une réalité particulièrement vraie chez les jeunes filles. À mères actives, filles actives. 

Activité physique chez les filles: le rôle des mamans

Un rôle primordial

La Dre Chantal Guimont est bien connue au Québec. Coanimatrice de la populaire émission Les Docteurs, urgentologue, mère de trois enfants, et sportive dans l’âme, elle est d’avis que les mères ont « un rôle primordial à jouer » en matière d’activité physique chez les jeunes filles. Un rôle d’autant plus important qu’à peine 4 % des filles âgées de 6 à 19 ans satisfont aux directives canadiennes en matière d’activité physique, soit 60 minutes d’activité par jour.

 

Ainsi, encourager les jeunes filles sur le chemin de l’activité physique, c’est bien, mais passer de la parole aux actes, c’est encore mieux. Selon l’Association canadienne pour l’avancement des femmes, du sport et de l’activité physique, « la participation de la mère à une activité physique augmente les chances de participation de l’enfant de 22 % ».

 

 « Comme on le dit souvent, c’est par l’exemple qu’on est le plus convaincant. On a beau essayer d’encourager par les mots et assister aux activités physiques de nos enfants, mais il n’y a rien de mieux que d’aller jouer dehors et de faire des activités physiques avec eux pour comprendre à quel point c’est bon pour la santé de tous », souligne la Dre Guimont.

 

Se remettre à bouger

Chantal Guimont est aussi l’une des instigatrices du Défi des roses du parc de la Mauricie, une activité sportive qui s’adresse principalement aux femmes et aux mères qui désirent retrouver une certaine forme physique et ainsi, par ricochet, influencer l’ensemble de la famille.

 

« C’est notre souhait », lance la Dre Guimont. « Les femmes se sont souvent oubliées pendant des années, elles ont pris soin de leurs enfants, de leur famille, de leur carrière professionnelle. Un moment donné, elles réalisent qu’elles sont devenues sédentaires. Lorsqu’elles se remettent à bouger, on s’aperçoit qu’elles contaminent leur entourage, dont les petites filles. C’est beau de voir ce dynamisme qui s’installe », note-t-elle.

 

La Dre Chantal Guimont et ses trois enfants.
Crédit photo: Chantal Guimond

 

Impliquer la famille

Selon Dre Guimont, la mère n’est évidemment pas la seule à ramener l’activité physique à la maison. « Le père peut avoir une influence aussi grande. Cela dit, ce que j’ai remarqué, c’est que si un gars décide de se remettre en forme, il va plutôt choisir un sport avec ses chums de gars, alors qu’une mère peut se sentir coupable de prendre du temps pour elle. Au lieu d’aller seule en vélo, elle va essayer de convaincre sa famille de venir avec elle. C’est dans ce sens-là que la mère a peut-être plus naturellement tendance à vouloir impliquer toute la famille. »

 

Un son de cloche repris par l’organisme Fillactive. « Quand une mère pratique une activité physique, elle est plus à même d’encourager et de comprendre ce que sa jeune fille vit », mentionne Marie Lemire, directrice des communications à Fillactive, un organisme dont l’objectif est de faire découvrir aux jeunes filles le plaisir de bouger… entre filles.

 

« Quand les jeunes filles sont exposées à des propositions de gens autour d’elles, elles sont plus enclines à aller vers ça. » Du même souffle, elle ajoute que les pères peuvent tout aussi bien devenir la pierre d’allumage qui motivera fils et fille à s’engager sur le chemin de l’activité physique. Une opinion partagée par l’organisme Kino-Québec, pour qui « l’influence de chaque parent (père/mère) est également importante […] sur la pratique de l’activité physique chez les filles. »

 

« Si j’avais un seul et unique conseil à donner aux mères, c’est de s’informer sur ce qui est propre à l’activité physique pratiquée [par leur fille], pour comprendre ce qu’elle vit et pouvoir l’appuyer dans son projet. Et, dans l’idéal, se mettre elle-même à bouger », conclut Marie Lemire, en formulant le rêve que les jeunes Fillactives d’aujourd’hui deviendront les mères actives de demain.

 

Fille ou garçon : bouger avec ses enfants

Il y a parfois loin de la coupe aux lèvres lorsqu’il s’agit de bouger AVEC ses enfants. Les intérêts des uns ne coïncident pas toujours avec le plaisir des autres. Pour que les enfants s’amusent en bougeant avec leurs parents, et inversement, il faut parfois faire preuve d’astuce et d’originalité pour que chacun y trouve son compte.

 

« Dans ma famille, lorsque mes enfants étaient petits, j’aimais aller marcher en montagne. Mais il n’y a rien qui attire les enfants dans la marche. À la place, on sortait le GPS pour aller faire du géocaching. Mes enfants ne voyaient alors plus l’activité comme une marche en forêt, mais comme une chasse au trésor. Parfois, c’est en les leurrant un peu qu’on réussit à leur faire découvrir le plaisir de bouger. Il faut être ingénieux », souligne la Dre Chantal Guimont.

 

À son avis, les parents doivent combattre quotidiennement la sédentarité au moyen de petits gestes faciles et à coût quasiment nul. « Il faut trouver chaque jour des façons pour aller jouer dehors, bouger, se dépenser un peu. Chez nous, on essaie de varier le plus possible nos activités pour garder l’intérêt. Même avec des enfants plus sédentaires, on peut trouver des manières originales de bouger. La sédentarité ne doit pas être une option pour les jeunes et leurs parents », conclut la Dre Guimont. 

 

Vous chezchez d’autres idées pour faire bouger les filles? Consultez notre dossier Filles et activité physique

 

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