Rôle du parent

Mon enfant est-il plus à risque dehors ou sur le divan?

Article -

Lorsque les enfants sont à l’intérieur, on peut être sûr qu’ils ne se feront pas frapper par une voiture et qu’ils ne croiseront pas d’inconnus malveillants. C’est vrai. Mais attention, ce sentiment de sécurité se révèle en fait trompeur.

Mon enfant est-il plus à risque dehors ou sur le divan?

Non seulement parce que les incidents malheureux sont rarissimes, mais aussi parce qu’il est prouvé que la sédentarité est une véritable bombe à retardement. Voici quelques pistes qui expliquent pourquoi.

Quand liberté rime avec activité… et avec santé

La proportion de jeunes âgés entre 5 et 17 dont le niveau quotidien d’activité physique intense est suffisant (soit au moins 60 minutes) n’atteindrait même pas 10 %. Or, il est démontré que l’inactivité physique constitue un important facteur de risque menant à l’embonpoint, à l’obésité, à plusieurs maladies chroniques et troubles cardiovasculaires. L’activité améliore le maintien d’un bon taux de cholestérol, d’une pression sanguine adéquate et assure une bonne la densité osseuse. La sédentarité est à pointer du doigt dans le cas d’un décès sur 10 à travers le monde.

Il a par ailleurs été observé que les enfants dont les habilitées motrices sont développées à un jeune âge, ont beaucoup plus de chance de maintenir un rythme de vie actif et d’opter pour l’activité physique dans leur temps de loisir.

Parce que les jeunes deviennent plus actifs quand ils sont laissés libres, sans supervision et sans être dirigés, nous devrions comme parents savoir à certains moments nous retirer et les laisser jouer seuls à l’extérieur, idéalement chaque jour. La vigilance est toutefois de mise : il est de notre devoir de faire comprendre aux enfants que cette liberté vient avec des règles et des responsabilités assurant leur sécurité.

 

 

Pour un bien-être global

Au-delà des effets bénéfiques que le jeu libre et actif a sur la santé physique à court, moyen et long terme, il a aussi des répercutions favorables sur l’équilibre psychologique et sur la confiance en soi.

En étant actifs et en évoluant librement, par exemple dans des modules de jeu, les jeunes apprennent par exemple à mieux évaluer et à gérer la prise de risque. Transposé dans les autres sphères de leur vie, cela permettra à l’enfant (et à l’adulte qu’il deviendra) d’avoir une meilleure confiance en lui, d’être plus résilient et de prendre plus facilement des initiatives. Des aptitudes qui faciliteront entre autres grandement de réagir adéquatement au stress.

Passer du temps dehors, au parc ou dans les rues et ruelles du quartier, c’est aussi tisser des liens d’amitié avec le voisinage. Ces interactions font en sorte que les enfants développent leurs habiletés sociales, et aiguisent leur capacité à affronter des situations conflictuelles. Autant d’atouts qui pourraient les prémunir contre l’isolement une fois devenu adulte.

Bref, l’idée n’est pas d’interdire l’accès au divan à nos enfants, mais de trouver le meilleur équilibre entre les moments de tranquillité et les périodes de jeu actif.

Source : ParticipACTION

Article réalisé en partenariat avec la Table sur le mode de vie physiquement actif (TMVPA)

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Rôle du parent

J’ai laissé mes enfants jouer dehors seuls (et ils sont toujours en vie!)

Opinion -

Mes enfants sont âgés de 7 et 9 ans. Et cet été, l’étape que je redoutais tant est arrivée : celle où ils me réclameraient le droit de jouer dans la ruelle. Seuls. Sans parent. Contre toute attente, le processus de lâcher-prise a toutefois été beaucoup plus facile que je ne l’appréhendais.

J’ai laissé mes enfants jouer dehors seuls (et ils sont toujours en vie!)

J’avoue, j’étais de ces parents pour qui perdre de vue mes enfants au parc, à la pataugeoire ou à l’épicerie, ne serait-ce qu’une seule petite seconde, me mettais dans tous mes états. États que je savais irrationnels, donc je le vivais de l’intérieur, sans jamais que ces fugaces instants de panique ne paraissent. Car la dernière chose que j’aurais voulu, c’est bien d’inculquer à mes enfants une peur d’être sans moi.

 

En contrepartie, j’ai toujours aimé les voir acquérir de la liberté et de l’autonomie… mais dans des cadres contrôlés. Leur entrée à la garderie, puis à l’école m’a ainsi remplie de fierté. L’idée qu’ils aient leur propre vie, sans leur père ni moi, m’a toujours beaucoup plu. Mais je ne voyais pas le jour où je me sentirais prête à les laisser aller dans la ruelle seuls.

 

Au printemps, la meilleure amie de ma fille qui habite la rue juste à côté est venue frapper à notre porte. Quand j’ai réalisé qu’aucun adulte ne l’accompagnait, j’ai été prise d’un vertige : hé oui, nous y sommes. À 9 ans, le moment où ma fille peut apprivoiser une nouvelle liberté est aussi arrivé pour elle. J’en faisais de même à son âge, et même avant!

 

Autour de moi, des parents ont laissé jouer dehors seuls leurs enfants plus jeunes que les miens. Chacun son rythme. Je me suis toujours refusé à porter quelque jugement que ce soit, seulement, je savais que je n’étais pas encore rendu là. Que de forcer la chose aurait sans doute généré du stress chez moi.

 

Les laisser lousses

Alors voilà, la ruelle était à eux. Je dis « eux », car mon fils de 7 ans a évidemment eu le droit de suivre sa sœur (hé oui, le cadet qui dispose des privilèges plus tôt… situation classique qui a maintes fois fait rager l’aînée que j’étais!).

 

Et c’est là que la magie s’est mise à opérer : ils n’ont jamais autant joué à l’extérieur que depuis que la chose n’est pas proposée par les parents. Et l’effet d’entraînement est impressionnant : dès qu’ils mettent les pieds dehors, les petits voisins apparaissent de toute part, si bien qu’ils forment rarement un groupe de moins de six ou sept. Et ils sont toujours bien occupés à cueillir des fleurs pour nous en offrir des bouquets, à traquer des indices de je ne sais trop quel mystère, tels de petits détectives en herbe, à faire des courses de vélo, jouer à la tague, à la corde à danser, ou à s’arroser avec le boyau qu’on met à leur disposition quand il fait très chaud.

 

trois enfants jouent au soccer dans la ruelle

Évidemment, nous ne sommes jamais bien loin, tout en vaquant à nos occupations à l’intérieur ou à l’extérieur de la maison. Oui, il y a eu des moments où je les ai entendus se chicaner, mais où je n’ai pas eu à intervenir. Mais si l’un d’eux hurle après une chute en trottinette, là je me précipite pour constater les égratignures (même si mes enfants ont depuis toujours tendance à l’exagération, je ne m’y fais pas). Et quelques secondes plus tard, c’est reparti!

 

 

Des règles claires

Pour éviter que les enfants ne se mettent dans des situations plus hasardeuses, nous avons établi des règles claires : porter les casques lorsqu’ils enfourchent leur vélo, ne pas dépasser les limites établies (un peu avant les deux extrémités de la ruelle), ne pas entrer dans la maison des amis sans nous en avoir avisés au préalable, les plus grands doivent veiller sur les plus petits (sans toutefois leur en donner l’entière responsabilité), entrer à l’heure demandée (donc, toujours avoir leur montre au poignet).

 

Ainsi j’ai l’esprit tranquille, et quand les enfants sont dans la ruelle hors de ma vue, je renoue avec un sentiment que j’avais oublié depuis longtemps. Celui de ma liberté. Mais où était passé tout ce temps pour cuisiner, lire, jardiner… dans le calme!? Bref, je crois que tout le monde sort gagnant de cette nouvelle dynamique.

 

Laissez-vous vos enfants jouer seuls à l’extérieur?

 

Article réalisé en partenariat avec la Table sur le mode de vie physiquement actif (TMVPA)

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