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Légalisation du cannabis: comment agir en tant que parent?

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Le 17 octobre 2018, le Canada légalisera le cannabis à usage récréatif. Même si la consommation sera encore interdite aux mineurs, cette décision suscite déjà de nombreuses questions pour des milliers de parents. Comment aborder le sujet avec notre enfant? Comment agir en tant que parent d’un enfant qui fume du cannabis? Quelles réactions faut-il avoir et ne pas avoir? Où trouver de l’aide? Nous avons demandé à une spécialiste de nous en dire plus sur le sujet.

Légalisation du cannabis: comment agir en tant que parent?
Thèmes abordés

L’importance de l’âge

Selon la Dre Clairélaine Ouellet-Plamondon, médecin-psychiatre à la Clinique unité de psychiatrie des toxicomanies du CHUM, chaque cas est particulier. Parmi les facteurs à considérer, il y a l’âge auquel le jeune va commencer à consommer. « Il y a 9 % des gens qui essayent le cannabis qui développe une dépendance et ce chiffre monte à 16 % chez les jeunes de moins de 18 ans », explique-t-elle.

Parmi les effets négatifs d’une consommation de cannabis, on note des troubles cognitifs, un déficit de la mémoire ou encore des difficultés pour se concentrer, autant d’indicateurs qui peuvent alerter les parents. « Ces troubles sont réversibles, mais nous n’en sommes pas certains en ce qui concerne les gros consommateurs. Ce qu’il faut retenir, c’est que plus on commence jeune, plus on est exposé à des risques », continue la spécialiste.

 

fume-cannabis

 

S’adresser aux jeunes : tout un défi

La Dre Clairélaine Ouellet-Plamondon croit que le plus grand défi est d’arriver à trouver un message qui parle aux jeunes et qu’ils seront en mesure d’entendre et de comprendre. « Il ne faut pas être alarmistes; l’usage du cannabis chez les jeunes est une réalité, dit-elle. On estime en effet qu’environ 30 % des 15-17 ans et 40 % des 18-24 ans consomment déjà. Il faut donc être conscient du risque, ne pas banaliser la consommation, mais plutôt mettre l’accent sur un message qui ira les chercher, qui fera écho avec leur réalité ». Ne pas moraliser donc, mais engager la conversation.

 

Favoriser le dialogue

« En ce qui concerne la façon de réagir, il faut de manière générale éviter d’être trop punitif, trop en opposition, et plutôt privilégier le dialogue avec le jeune et essayer d’avoir une réflexion sur sa consommation. La légalisation du cannabis peut être une très bonne occasion d’ouvrir le dialogue sur le sujet, surtout si on a un doute. Dans ce genre de discussion, il faut rester ouvert et ne pas essayer de convaincre le jeune, il s’agit d’une écoute active. C’est aussi l’occasion de mettre des balises, de s’assurer qu’il reste prudent, qu’il ne conduit pas quand il a consommé, par exemple. On choisira bien sûr un moment propice pour augmenter encore plus la réceptivité », explique Clairélaine Ouellet-Plamondon.

 

Comment réagir en cas d’abus?

Dans les cas sévères de consommation, ou si le dialogue est impossible, il ne faut pas hésiter à aller chercher de l’aide. « Les parents qui se retrouvent désarmés face à un jeune qui consomme vraiment beaucoup ou qui refuse le dialogue ont plusieurs options pour trouver de l’aide », indique Dre Ouellet-Plamondon. Elle propose ces 4 pistes de solution pour les parents :

  • chercher des réponses sur le site gouvernemental encadrementcannabis.ca;
  • passer par le biais de l’école de leur enfant, où il y a souvent des intervenants en toxicomanie qui peuvent les aider;
  • ne pas hésiter à demander de l’aide au médecin de famille;
  • contacter un centre de réadaptation en dépendance pour les cas les plus graves.

 

Que votre enfant consomme ou pas, la légalisation du cannabis à usage récréatif est certainement l’occasion d’aborder le sujet avec lui.

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Activé physique: confession d’une maman paresseuse

Opinion -

Une heure de ballet à 5 ans, quelques sorties de ski de fond et (l’exploit!) deux années de nage synchronisée vers l’âge de 10 ans. Ce sont, en gros, les souvenirs sportifs que je conserve de mon enfance. Un peu mince, non? Il faut croire que j’avais des parents plus portés sur les livres que sur les sorties familiales à vélo…

Activé physique: confession d’une maman paresseuse

À leur décharge, disons que cette enfance se passe à une époque pas si lointaine où le sport n’était pas encore entré dans nos mœurs et dans l’horaire de toute famille bien intentionnée. Chez nous, le sport était loin d’être une religion. Un passe-temps accessoire, tout au plus?

 

Sur un coup de tête, j’ai pourtant décidé de faire mes études collégiales dans un programme de danse. Et je suis tombée amoureuse, un peu sans m’en rendre compte, du plaisir de bouger, de la satisfaction de suer pour quelque chose qui nous fait vibrer et nous permet de nous sentir mieux. J’aimais les courbatures, j’aimais les muscles démesurés de mes cuisses, j’aimais même mes ampoules aux pieds! Moi, la non-sportive chronique, je m’entraînais plus de 20 heures par semaine. Bref, j’étais allée vers la danse comme forme d’art, j’en ressortais avec la découverte des plaisirs du sport. À 20 ans, il n’était pas trop tôt!

 

Et puis… quelques années et deux enfants plus tard, me revoilà à la case départ. Manque de temps? L’excuse facile. J’interviewais récemment le journaliste Yves Boisvert, qui me disait ne pas vraiment croire les parents qui disent manquer de temps. Il a raison. Du temps, ça se trouve. Dans mon cas, c’est la volonté qui fait défaut. Comment s’accrocher à de bonnes habitudes sportives quand on ne nous a jamais inculqué l’amour du sport? J’ai parfois l’impression qu’il me manque un gène « sportif ». Entre une heure de lecture avec les enfants, une séance de pâte à modeler ou de jardinage en famille, c’est bien souvent l’activité sportive qui passe son tour.

 

Et je me sens de plus en plus coupable. Parce que mes deux petits garçons, eux, ne demandent qu’à exploser et à canaliser leur trop-plein d’énergie! Ils sont encore tout jeunes, alors les promenades au parc et les courses en tricycle devant la maison sont encore suffisantes. Mais plus pour très longtemps. Et je remarque que les enfants dans mon entourage sont inscrits au judo, à la natation ou au cours de danse. Déjà? Qu’est-ce que j’attends, moi, pour les inscrire en gymnastique ou au miniclub de soccer? Mon gène de paresseuse est-il en train de déteindre sur ma famille? Au secours!

 

J’aimerais que le sport trouve sa place dans notre famille, au même titre que les brocolis dans notre assiette ou les heures de sommeil. J’ai envie de leur offrir, tout de suite, cet amour du sport, pour qu’il ne soit jamais une corvée, mais une récompense. Un besoin même! Je connais les joies de l’adrénaline, le plaisir de se dépasser et la satisfaction d’avoir bougé. Mais je manque de discipline. Et comme les enfants sont des éponges, c’est maintenant qu’ils auraient besoin d’être « contaminés » par le sport.

 

Alors, où dois-je commencer? Je me suis promis que les enfants feraient un sport encadré à la rentrée. En attendant, je cherche des idées. Comment dois-je faire, le samedi matin, pour choisir la sortie de patin ou de vélo au lieu de mes sempiternelles activités de bricolage? Comment faites-vous, comme parents, pour intégrer le sport à votre routine? On l’inscrit à l’agenda chaque semaine? On se déplace à vélo jusqu’à l’école ou la garderie? On saupoudre un peu de sport dans tous nos jeux?

 

Vous avez des trucs pour les familles de paresseux héréditaires? Je suis preneuse!

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