Rôle du parent

Le jeu actif vu par la mère et par le père: des différences?

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S’il n’y a aujourd’hui quasiment plus de distinctions entre la nature des interactions des mères et des pères avec leurs enfants, des recherches ont démontré qu’il en subsiste une sur le plan du jeu actif. Voici quelques pistes d’explication.

 

Le jeu actif vu par la mère et par le père: des différences?
Thèmes abordés

Aborder les différences entre le père et la mère comporte toujours un risque : celui de tomber dans la simplification et les stéréotypes. C’est la mise en garde que nous fait d’emblée Raymond Villeneuve, directeur du Regroupement pour la valorisation de la paternité. La mission de cet organisme consiste à encourager l’engagement paternel de manière inclusive et dans le respect de l’égalité entre parents à travers plusieurs actions posées en collaboration avec des acteurs des milieux communautaires et institutionnels.

 

« Les études, entre autres celles menées par Carl Lacharité, professeur de psychologie à l’UQTR, ont démontré que l’engagement de la mère et du père est comparable à presque tout point de vue et a les mêmes effets sur le développement des enfants, affirme Raymond Villeneuve. Toutefois, tous deux peuvent user de stratégies distinctes. »

 

Un penchant pour le jeu improvisé

M. Villeneuve observe que la relation des pères avec leurs enfants s’articule beaucoup autour de la parole et du jeu, bref autour de l’action. Il en résulte que la toute petite enfance (de 0 à 2 ans) est une période qui n’est pas simple pour certains d’entre eux. Et c’est quand ils commencent à pouvoir aller au parc avec les enfants, à courir, à jouer au ballon et à discuter, ils se sentent plus à l’aise.

 

 

« C’est là une grande force des pères : ils aiment autant prendre part à des sports qu’à des activités moins structurées, soutient M. Villeneuve. Ils ont davantage tendance à improviser, à aimer déstabiliser les enfants, à explorer différents environnements et à prendre des risques dans des nouveaux contextes, à transgresser certaines conventions. Cela se révèle une très bonne préparation à leur vie future… qui comportera son lot de situations déstabilisantes! Évidemment, tout cela est positif dans la mesure où le père demeure conscient des limites de son enfant et qu’il fasse preuve d’un comportement sécuritaire. »

 

Des modèles en mutation

Pourquoi ces différences entre pères et mères? Longtemps, et de génération en génération, les femmes se sont acquittées de la quasi-totalité des tâches liées aux  enfants et ont joué un rôle central dans leur développement. Elles s’auto-imposent par conséquent plus de pression pour entrer dans ce cadre. Sans modèle prédéfini, les hommes seraient plutôt en train d’inventer le leur. Et pour ce faire, ils disposent d’espace, de liberté et de latitude. Ils ne se sentent pas investis des mêmes obligations que la mère.

 

« L’idéal, est qu’un père et une mère apprennent à identifier leurs intérêts et leurs caractères mutuels et à déterminer de quelle manière ils peuvent ensemble concourir à stimuler et encadrer leur enfant », conclut Raymond Villeneuve.

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Sports de compétition: 4 trucs pour accompagner son enfant

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[Article mis à jour] Les enfants qui s’aventurent dans le sport de compétition en retirent habituellement de précieux bienfaits. À condition que les parents s’en mêlent et encadrent leurs jeunes athlètes.

Sports de compétition: 4 trucs pour accompagner son enfant

S’il y a une mère qui sait de quoi elle parle quand il s’agit de soutenir un jeune sportif, c’est bien Christiane Despatie. La maman du célèbre Alexandre a accompagné son fils dès son plus jeune âge dans sa découverte de différents sports ainsi que tout au long de son parcours dans le monde du plongeon de compétition. Elle a tellement appris de son expérience (et aiguillé en cours de route bon nombre de parents), qu’elle a décidé de partager ses réflexions dans un livre paru en septembre 2012. La performance… à quel prix? est le fruit d’une collaboration entre Christiane Despatie et Séverine Tamborero, coach de tennis et coauteure du livre.

 

1. Veiller à l’équilibre

Un des pièges qui guette les parents de jeunes sportifs, selon Mme Despatie, est de se prendre pour un entraîneur et de s’attendre à des résultats. Or, les parents doivent plutôt s’assurer que l’enfant respecte ses limites et qu’il se repose quand il est fatigué. « J’ai déjà raconté de petits mensonges aux entraîneurs, prétextant qu’Alexandre était fiévreux ou enrhumé, alors qu’il était tout simplement fatigué », avoue la mère du champion olympique. Elle insiste d’ailleurs sur la nécessité de prendre des pauses, lorsque la fatigue est trop importante. Mieux vaut s’arrêter deux ou trois jours que de se rendre au point où l’abandon, pour cause d’épuisement, guette le jeune sportif.
 

2. Préserver le plaisir

« La pratique d’un sport de compétition devrait toujours se faire dans le plaisir, ajoute Mme Despatie. C’est une des clés de la réussite. » Elle encourage donc les parents d’athlètes à surveiller les petits signaux d’alarme qui indiquent que le plaisir n’est plus au rendez-vous : manque d’enthousiasme, blessures fréquentes, repli sur soi. « C’est à ce moment qu’il faut se poser des questions. Mais, quand on voit l’étincelle dans leurs yeux, qu’on sent qu’ils sont pressés de se rendre à leur entraînement : c’est parfait! » Quoique cela semble évident, la mère d’Alexandre admet avoir rencontré beaucoup de parents qui oubliaient l’importance du plaisir dans la pratique sportive.
 

3. Choisir son combat

Outre le plaisir de bouger et de se dépasser, la compétition apporte un lot important d’effets bénéfiques selon Christiane Despatie. Les enfants apprennent la discipline, sont en excellente santé physique et ont une meilleure concentration à l’école. « Je trouve que cela en fait des enfants très équilibrés. Mais la compétition n’est pas pour tous les enfants, tient-elle à rappeler, et il ne faut pas les forcer. Notre fille Anouk, par exemple, a toujours été sportive, mais n’a jamais été motivée par l’aspect compétitif du sport. C’est correct aussi. »
 

4. Savoir relativiser

Évidemment, qui dit compétition dit aussi déception. Notre jeune athlète devra inévitablement faire face à la défaite, le podium n’étant pas toujours au rendez-vous. « Ce n’est pas grave! » a répété inlassablement Christiane Despatie à son fils durant son parcours. Même aux Jeux olympiques. « Nos enfants se battent pour des médailles, pas pour leur vie. Il n’y a rien de grave. »
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