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Jouer dans la rue: permis ou pas?

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Saviez-vous qu’à certains endroits vos enfants pourraient écoper d’une amende parce qu’ils s’amusent dans la rue? Heureusement, un vent de changement souffle sur le Québec et les municipalités ont désormais le pouvoir de permettre le jeu libre dans la rue.

Jouer dans la rue: permis ou pas?

Jusqu’à tout récemment, le règlement provincial stipulait que nul ne pouvait occuper la chaussée de manière à entraver le passage des véhicules. Une joute de hockey improvisée pouvait donc prendre fin abruptement si un policier s’adonnait à passer par là. Bref, une belle incitation à ce que les enfants retournent à l’intérieur. Rien pour encourager un mode de vie très actif!

Mais l’adoption de la loi 122 en 2017 change heureusement la donne. Celle-ci permet aux municipalités de consentir au jeu libre dans les rues et de le baliser, tout en respectant le Code de la sécurité routière.

Sous certaines conditions

Bien entendu, ce ne sont pas toutes les rues qui peuvent accueillir les tournois de soccer et les courses de trottinettes, comme nous l’explique Corinne Voyer, directrice de la Coalition québécoise sur la problématique du poids. L’organisme qui fait entre autres la promotion d’un mode de vie actif a pris part à l’implantation du projet pilote Dans ma rue, on joue! à Belœil.

« La beauté de ce projet, c’est qu’il implique les citoyens, avance Mme Voyer. Les résidents sont invités à soumettre leur rue pour qu’elle devienne une aire permise pour le jeu. Les suggestions sont ensuite transmises à un comité consultatif pour en évaluer la sécurité. »

Parmi ces critères, la rue doit bénéficier d’une bonne visibilité, ne pas présenter de virage ni de pente, être bien éclairée et sa limite de vitesse doit se situer en bas de 50 km.

Quand les résidents de cette rue acceptent dans une proportion de 2/3, le projet est officialisé et une lettre leur est acheminée afin de leur exposer le code de vie pour un bon voisinage. Par exemple, le jeu est autorisé entre 7 h et 21 h. Des pancartes sont aussi installées pour inviter les conducteurs à redoubler de vigilance.

 

 

Des initiatives inspirantes

Si Belœil avait pour but d’être une figure phare en entamant ce mouvement, c’est mission accomplie. Plusieurs villes ont emboîté le pas et ont appliqué des mesures similaires, ou sont en voie de le faire. Ainsi, de Saint-Bruno à Laval, en passant par Gatineau, Rawdon ou Montréal, les dirigeants municipaux manifestent la volonté d’offrir aux jeunes et moins jeunes davantage d’espaces où ils pourront jouer entre amis.

« Ce ne sont pas toutes les familles qui ont accès à une cour arrière ou à un parc à proximité, soutient Corine Voyer. La rue devient donc un lieu de rencontre entre voisins. Et cela n’apporte que du positif : quand les enfants sont en groupes, ils sont plus actifs. C’est donc tout un schème de pensée qu’il faut revoir. Redonner la rue au citoyen et en faire des lieux publics, et pas seulement destinés aux voitures », conclut-elle.

Article réalisé en partenariat avec la Table sur le mode de vie physiquement actif (TMVPA)

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6 étapes pour préparer mon enfant à se promener seul dans le quartier

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Laisser son enfant se promener seul dans le voisinage, c’est toute une aventure! À quel âge peut-il le faire? Avec qui? Mais surtout, comment le préparer? Nous avons demandé des astuces à deux spécialistes qui répondent à nos interrogations. De quoi se faire rassurer.

6 étapes pour préparer mon enfant à se promener seul dans le quartier

S’il y a une question qui varie de famille en famille et de quartier en quartier, c’est bien de savoir à quel âge un jeune peut se promener seul autour de chez lui. Au Québec, aucune loi ne régit l’âge auquel les enfants peuvent aller à l’école ou au parc seul. C’est pourquoi il incombe aux parents de juger de la compétence de leur enfant à franchir cette nouvelle étape, en fonction de la réalité du quartier.

 

Et les avantages de le faire sont nombreux pour les jeunes : développement de l’autonomie, élargissement des horizons, apprentissage de la gestion du risque, connaissance de son environnement, responsabilisation, socialisation…

 

Mais comment se préparer? Nous avons demandé à Magalie Bebronne, chargée de projets, Cycliste averti, chez Vélo Québec, et à Jeanne Robin, directrice principale chez Vivre en Ville, de nous donner des astuces pour apprendre à nos jeunes à se déplacer seuls à pied ou en vélo.

 

Étape 1 : Donner l’exemple

 

Pour donner envie aux enfants de se déplacer à pied ou à vélo, rien de tel que de donner l’exemple. Et les habitudes se prennent tôt. « Un enfant qui se n’est jamais déplacé à pied avec ses parents va devoir apprendre lui-même à être un piéton », note Jeanne Robin de Vivre en Ville.

 

Un truc : on  choisit une destination pas trop loin de la maison où l’on a l’habitude de se rendre à pied : la bibliothèque, la maison d’un ami ou d’un membre de la famille, l’épicerie…

 

Idem pour les déplacements à vélo. Magalie Bebronne de Vélo Québec comprend les parents qui s’en tiennent à la piste cyclable en famille : la cohabitation avec les automobilistes peut être difficile à gérer. Mais elle ajoute du même souffle qu’en habituant nos jeunes à se déplacer activement, on leur fait aussi tout un cadeau.

 

Étape 2 : Choisir le bon moment

Vous trouvez votre petite de 4 ans et demi bien mature pour son âge? Ce n’est peut-être pas une raison pour l’envoyer à la garderie toute seule! Même si l’âge auquel un enfant peut se promener seul varie selon son environnement et sa maturité, il y a des aptitudes qui prennent du temps à se développer.

 

Magalie Bebronne de Vélo Québec souligne que c’est en 5e et 6e année que le programme Cycliste Averti, qui apprend aux jeunes à se déplacer de façon autonome et sécuritaire à vélo, est enseigné. « Avant cet âge, on n’a pas toutes les capacités cognitives pour anticiper les actions des autres, prendre de bonnes décisions et avoir de bonnes réactions », invoque-t-elle.

 

Étape 3 : Apprendre le Code de la route

 

Même très jeunes, les enfants peuvent comprendre des consignes simples comme celle de regarder des deux côtés de la rue avant de la traverser. Jeanne Robin souligne que la popularité des vélos d’équilibre (draisiennes) ces dernières années a un avantage : comme les tout-petits se déplacent très vite sur ce type de vélo, ils apprennent à patienter au coin de la rue.

 

Et lorsqu’on pense que le Code de la route a été bien intégré, on s’assure d’avoir vu notre jeune traverser la rue au moins 5 fois de façon adéquate avant de le laisser faire seul, suggère Jeanne Robin.

 

En gros, il faut démontrer à nos enfants que les règles existent… mais que tout le monde ne les respecte pas. Ainsi il ne faut pas présumer qu’un automobiliste nous voit si nous le voyons. Lorsque la lumière des piétons s’allume, il faut quand même jeter un regard aux voitures aux alentours. « C’est un défi, car il faut rendre nos jeunes vigilants sans être paranoïaque, dit Jeanne Robin. Il faut leur apprendre que l’environnement urbain est ponctué de défis et de rencontres avec les autres ».

 

 

Étape 4 : Vérifier la bonne maîtrise du vélo

Apprendre à rouler de façon sécuritaire demeure un défi pour bien des jeunes. Magalie Bebronne de Vélo Québec souligne que lorsqu’elle donne la formation Cyclistes avertis, elle est toujours confrontée à environ 20 % des jeunes qui n’ont jamais appris à pédaler. D’autres freinent avec leurs pieds ou avec une seule main.

 

Avant de responsabiliser notre enfant à aller à l’école en vélo, on s’assure donc qu’il est à l’aise sur sa monture. Si on constate qu’il a toujours des faiblesses, on enlève les pédales et on repart, façon vélo d’équilibre. Selon notre spécialiste, il s’agit du meilleur moyen de développer l’équilibre et donc, d’apprendre à rouler.

 

Étape 5 : Jouer à se déplacer seul

 

Une fois que les bases sont acquises, on peut demander à notre enfant de nous guider vers l’école ou vers un autre point d’intérêt. À pied ou à vélo, on se place derrière lui et on lui demande de nous expliquer le chemin.

 

On s’assure aussi de pratiquer autant le chemin de l’aller que du retour : chacun a ses particularités et des points de repère différents.

 

Une autre bonne façon de préparer nos jeunes est d’utiliser les outils technologiques à notre disposition. « Avec Google Maps, on voit des prises aériennes de notre quartier. On peut ainsi apprendre à l’enfant à lire un plan, à reconnaître des lieux familiers et à tracer son chemin sur l’ordinateur », explique Jeanne Robin.

 

Étape 6 : Reconnaître qu’on est un acteur de changement

Jeanne Robin de Vivre en ville souligne un dernier élément : en tant que parent, on peut servir notre municipalité en lui donnant des informations et ainsi devenir un acteur de changement. Les trottoirs sont entravés? La traverse piétonne n’est jamais respectée par les voitures? Les lignes de la traverse sont devenues trop pâles avec les années? Il ne tient qu’à nous de le signaler. Au bout du compte, on améliore la sécurité de nos enfants.

 

les obstacle à la mobilité indépendante selon les parents
  • Le nombre élevé de voitures.
  • Les automobilistes qui ne respectent pas le Code de la route.
  • Les passages non sécuritaires.
  • Les limites de vitesse trop élevées ou pas respectées.
  • Le manque de trottoirs ou d’accotement.

Article réalisé en partenariat avec la Table sur le mode de vie physiquement actif (TMVPA)

 

 


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