Rôle du parent

Est-ce que le temps d’écran devrait être une récompense?

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Menacez-vous d’éteindre le téléviseur lorsque votre enfant est impoli? Lui offrez-vous des minutes supplémentaires sur la tablette s’il a un bon comportement? Cette technique (efficace, on le sait!) n’est toutefois pas sans conséquence.

Est-ce que le temps d’écran devrait être une récompense?
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Une étude de l’Université de Guelph en Ontario révèle que le contrôle parental du temps d’écran de jeunes enfants par un système de récompenses-punition entraînerait, au bout du compte, une plus grande utilisation des écrans.

 

« Le contrôle parental du temps d’écran de jeunes enfants par un système de récompenses-punition entraînerait, au bout du compte, une plus grande utilisation des écrans. »

 

Les enfants pour qui le temps d’écran est présenté comme une récompense à la suite d’un bon comportement passeraient en moyenne vingt minutes de plus par jour devant la télévision, la tablette ou le téléphone intelligent. Cette pratique de contrôle visant à limiter le temps d’écran en vient ainsi à plutôt augmenter sa valeur aux yeux des jeunes enfants. Retirer des minutes de temps d’écran en cas de non-collaboration, de mauvais résultats ou de crises répétées aurait le même effet. Comme quoi l’utilisation du temps d’écran comme conséquence, positive ou négative, n’est pas sans conséquence !

 

La télévision comme un bonbon

« Depuis des années, les nutritionnistes mettent en garde contre l’utilisation de la nourriture comme récompense — par exemple une tablette chocolatée pour Junior après une semaine où l’habillage du matin n’a pas été une scène dramatique — parce que cette pratique aurait comme effet d’augmenter l’attractivité de ces aliments aux yeux de leurs enfants, dit Lisa Thang, auteure de la recherche de l’Université de Guelph. On vient de prouver une association semblable avec le temps d’écran. »

 

 

Soixante-huit parents et soixante-deux enfants entre 18 mois et 5 ans ont pris part à l’étude. « On souhaitait d’abord concentrer nos efforts sur les jeunes enfants, puisqu’on sait que les routines et habitudes adoptées tôt dans la vie tendent à perdurer », précise Lisa Thang.

 

Petit rappel
Les lignes directrices nationales en matière de temps-écran sont de 60 minutes par jour pour les enfants de moins de 6 ans et aucun temps d’écran pour les bambins de moins de deux ans.

 

En moyenne, les enfants préscolaires passent une heure et demie devant un écran en semaine et un peu plus de deux heures le week-end. Selon la Société canadienne de physiologie de l’exercice, ce serait moins de 15 % des enfants d’âge préscolaire qui respecteraient les lignes directrices nationales : 60 minutes de temps d’écran pour les enfants de moins de 6 ans et aucun temps d’écran pour les bambins de moins de deux ans.

 

Et les enfants plus vieux?

La collecte de données de l’Université de Guelph auprès des familles s’échelonnera encore quelques années afin de potentiellement établir une association semblable chez les enfants plus âgés. D’autres études sont aussi prévues pour confirmer une causalité (versus l’association démontrée) : est-ce que les familles qui utilisent un système de récompenses ne le font-elles pas justement parce que leurs enfants expriment déjà plus que la moyenne une tendance vers les écrans ? Allez savoir !

 

« Dans tous les cas, l’idée n’est pas de diaboliser les écrans ou de culpabiliser les familles dans leurs efforts pour les contrôler, rassure Lisa Thang. Les écrans peuvent avoir leur place dans nos maisons, et c’est à chaque famille d’y trouver la bonne place… dans le respect des lignes directrices canadiennes. »

 

 

Les soirées cinéma en famille ? Les dessins animés du samedi matin ? Pourquoi pas! Mais on devrait éviter de les proposer — ou de les retirer — des suites d’un ci ou d’un ça de la part de l’enfant.

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