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Relation des enfants avec la nourriture : 7 phrases à éviter

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« Dès le plus jeune âge, il est important d’amener les enfants à développer une relation positive avec la nourriture, souligne Anouck Senécal, nutritionniste et chef de projets pour l’organisme ÉquiLibre. Elle contribuera à la relation qu’auront les enfants avec leurs corps plus tard ». 

Relation des enfants avec la nourriture : 7 phrases à éviter

Comment aider les jeunes à entretenir une relation harmonieuse avec les aliments ? Dès les premiers mois de vie, les parents jouent un rôle de modèle. « Les parents doivent être conscients de leur propre relation avec la nourriture. Leurs paroles ou leurs gestes peuvent avoir des conséquences sur leurs enfants ».

 

Il existe aussi certaines formules à éviter à la table.

 

1. « Finis ton assiette si tu veux du dessert »

Le simple fait d’insister peut entraîner une préférence exagérée pour le dessert, qui devient alors un aliment-récompense. « Le dessert devrait être une composante normale du repas. Peu importe ce que l’enfant a mangé, il devrait y avoir droit », indique Anouck Senécal.

 

La bonne formule : Toujours proposer à l’enfant une portion de dessert, mais une seule. Prioriser des aliments sains afin qu’il puisse y trouver des nutriments (yogourts, fruits, compotes, etc.), sans mettre de côté les aliments moins nutritifs, puisqu’ils font eux aussi partie d’une saine alimentation.  

 

2. « Mange ça, c’est bon pour la santé »

Ce qui est « bon pour la santé » est un concept assez abstrait pour les enfants. De plus, ce n’est pas un seul aliment ni un seul repas qui détermine si l’on mange santé ou non. « En tant que parent, il faut vivre la saine alimentation devant les enfants et non leur enseigner », image Anouck Senécal.

 

La bonne formule : Proposer des aliments nutritifs à chaque repas, pour toute la famille. Demander à l’enfant s’il aime (ou non !) ce qui se trouve dans son assiette. C’est correct  et normal de ne pas tout aimer. Cependant, le parent devrait éviter de préciser ce qu’il n’aime pas, pour éviter que l’enfant ne développe une aversion pour le même aliment simplement par imitation.

 

3. « Ne mange pas trop de ça, c’est mauvais et ça fait engraisser »

C’est mauvais, c’est gras, c’est trop sucré, ça fait engraisser… Autant de formules à éviter ! « Le fait de limiter un aliment créé un interdit et possiblement un attrait démesuré pour celui-ci; ce n’est pas la bonne stratégie à adopter », souligne la nutritionniste.

 

La bonne formule : On le sert tout simplement, sans en faire un événement spécial.  C’est correct de manger des gâteries, et on ne doit pas en faire tout un plat!

 

 

4. « Félicitations, tu as tout mangé ! »

Il faut éviter d’insister pour que l’enfant mange une plus grande ou une plus petite quantité; ça brime l’écoute de ses signaux de faim et de satiété. « C’est important d’écouter les signaux de son corps et c’est inné dès la naissance. Il n’y a pas un bébé qui va prendre une gorgée de plus juste parce que c’est  bon! C’est nous, les adultes, qui bousillons ça », se désole Anouck Senécal. Si on le félicite parce qu’il a tout mangé, l’enfant peut comprendre que papa et maman sont contents lorsqu’il mange toute sa portion. Le jour où il n’aura plus faim après quelques bouchées, il pourrait avoir le réflexe de terminer son assiette et donc d’ignorer sa satiété.

 

La bonne formule : On évite de passer des commentaires sur la quantité mangée par l’enfant. Il faut plutôt inviter l’enfant à connecter avec les sensations de son corps avant et pendant le repas. On l’invite à se questionner : as-tu une grosse faim ou une petite faim ? Est-ce qu’il y a encore de la place dans ton ventre? On peut le féliciter s’il est capable de le verbaliser et parce qu’il a écouté son corps!

 

5. « Tu n’aimes pas ça alors je n’en mettrai pas dans ton assiette »

Il faut éviter d’acheter la paix en offrant seulement à notre enfant les aliments qu’il aime. « Ça entretient un cercle vicieux. Il faut plutôt que les enfants soient exposés à une grande variété d’aliments », mentionne la spécialiste. Il faut aussi tolérer que notre enfant n’ait pas les mêmes goûts que nous, ni la même ouverture face aux nouveaux aliments.

 

La bonne formule : Il faut éviter de remplacer un aliment que notre enfant aime moins par un aliment qu’il connait. On continue plutôt à lui offrir l’aliment moins aimé, en l’accompagnant idéalement d’un aliment déjà connu et apprécié, et on ne fait pas de cas s’il ne le mange pas. À force de l’y exposer, il finira par y goûter! Il faut parfois présenter un aliment plusieurs fois (jusqu’à 15 ou même 20 fois !) avant que l’enfant ne se décide à le manger. C’est une étape normale du développement de l’enfant.

 

6. « Il n’y a pas de légumes dans la sauce à spaghetti »

C’est évidemment une bonne idée  de mettre plein de légumes dans une sauce à spaghetti, mais de camoufler les aliments que l’enfant aime moins en lui faisant croire que le repas n’en contient pas ne l’aide pas à apprivoiser ces aliments.  . « Ça augmente aussi sa méfiance envers les mets composés et mélangés », précise la nutritionniste.

 

La bonne formule : Mieux vaut lui présenter les aliments sans les camoufler, les nommer par leur nom et surtout, en parler positivement! Puis on laisse l’enfant y goûter, s’il le veut.

 

 

7. « Peux-tu sortir de la cuisine pendant que je prépare le repas ? »

Dès l’âge de 2 ans, les enfants peuvent être impliqués dans la cuisine. « Ils seront bien plus portés à goûter à un repas s’ils ont participé à sa création. Et ils développeront des habiletés culinaires qui leur serviront toute leur vie », explique Anouck Senécal.

 

La bonne formule : On laisse notre enfant mettre la main à la pâte et effectuer quelques tâches dans la préparation des repas. C’est plus long (et plus salissant !), mais les bénéfices sont plus grands.

 

quelques conseils pour être un bon modèle auprès des enfants
  • Éviter de parler de diètes, de régimes et de valeurs caloriques des aliments.
  • Ne pas faire de commentaires sur son propre poids ou dénigrer son corps ou celui des autres.
  • Ne pas s’inquiéter de la quantité de nourriture ingérée par les enfants. Grâce à leurs signaux fiables, ils savent mieux que quiconque la quantité nécessaire pour combler leurs besoins. 
  • Parler positivement des aliments. Ne pas mettre les aliments sains sur un piédestal ou dénigrer les aliments moins nutritifs. 
  • Faire des repas un moment agréable et positif pour tous les membres de la famille.
  • Ne pas faire savoir à son enfant lorsque l’on n’aime pas particulièrement un aliment. Plus vieux, il comprendra que les goûts varient d’une personne à l’autre, mais à un jeune âge, il risque de refuser cet aliment pour faire comme ses parents. 

 

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