Santé physique

Les jeux vidéo actifs n’augmentent pas le niveau d’activité physique quotidien des jeunes

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À la suite de l’étude rigoureuse des principales recherches réalisées dans le monde sur les jeux vidéo actifs, l’organisme Jeunes en forme Canada a annoncé, en novembre 2012, qu’il ne recommande pas ces jeux comme stratégie pour aider les enfants à être plus actifs physiquement. Jean-Philippe Chaput, professeur à l’École des sciences de l’activité physique de l’Université d’Ottawa, et membre du groupe de recherche sur les saines habitudes de vie et l’obésité du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario, a participé aux recherches. Il nous explique ce qui a permis de conclure que les jeux vidéo actifs n’augmentent pas l’activité physique quotidienne chez les jeunes.

Les jeux vidéo actifs n’augmentent pas le niveau d’activité physique quotidien des jeunes

Jouer à un jeu vidéo actif, c’est quand même mieux que de rester assis à ne rien faire?

C’est mieux que de rester assis, en effet. Mais, si le jeune joue à un jeu vidéo actif au lieu d’aller jouer dehors à un jeu actif plus spontané, ce n’est pas bon. Or, nos recherches ont permis de constater un effet de compensation. Le jeune aurait tendance à remplacer des jeux extérieurs par le jeu vidéo actif. Il va bouger plus lorsqu’il va jouer au jeu, mais le reste de la journée il va bouger moins.

 

Quels sont les autres éléments qui vous ont convaincu de ne pas recommander les jeux vidéo actifs?

Tout d’abord, les jeunes qui passent plus de temps à l’intérieur ont moins de vitamine D, car il faut être exposé à la lumière du soleil pour en obtenir. D’autre part, ils ont moins d’interactions sociales que les jeunes qui jouent à l’extérieur, ce qui peut entraîner des effets secondaires à long terme. Des études montrent aussi qu’ils mangent plus parce qu’ils sont plus près du garde-manger et du frigo. Enfin, à long terme, les jeunes qui jouent aux jeux vidéo actifs les délaissent pour revenir aux jeux vidéo passifs qui sont mieux faits. Selon les études, les jeunes arrêtent de jouer aux jeux vidéo actifs après environ trois mois, parfois même moins. Par conséquent, si les parents achètent ces jeux dans le but de faire bouger leurs jeunes, il faut qu’ils sachent que cela ne fonctionne pas.

 

Les jeux vidéo actifs axés sur les sports peuvent-ils donner aux jeunes l’envie de pratiquer ces sports?

Le contrôle moteur, dans les jeux vidéo, est très différent du vrai sport. Faire de la planche à neige sur un jeu vidéo actif, ce n’est pas la même chose que faire de la planche à neige sur une vraie montagne. Même si cela imite un environnement sportif, ce n’est pas comme le vrai sport. D’ailleurs, les chercheurs ont constaté que le contrôle moteur a diminué chez les jeunes depuis quelques années. En 2012, ils sont moins bons qu’en 1970 lorsqu’on leur demande d’attraper une balle ou de sauter par-dessus un obstacle. Et c’est sans doute lié au fait qu’ils sont moins exposés à des environnements extérieurs avec différents sports.

 

Les parents se fient-ils trop aux jeux vidéo actifs pour faire bouger leurs enfants?

Oui, parce qu’ils veulent faire plaisir à leurs enfants et savent que les jeunes aiment ça. Entre acheter un jeu vidéo passif ou un jeu vidéo actif, il vaut mieux acheter un jeu actif, c’est certain. Mais le vrai sport demeure plus bénéfique que le jeu (vidéo) actif. Le meilleur conseil à donner aux parents est d’être de bons modèles pour leurs enfants. Par nature, les enfants sont actifs physiquement. Ils sont limités par leurs environnements. Lorsque les parents sont de bons modèles, cela incite les jeunes à sortir.

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70 % des jeunes ne bougent pas assez

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Sept minutes par jour. Voilà le minimum que les jeunes devraient consacrer chaque jour aux activités physiques d’intensité élevée. Cela peut paraître un objectif modeste, mais la plupart d’entre eux n’y arrivent pas!

70 % des jeunes ne bougent pas assez

C’est ce que démontre une étude menée par l’Université de l’Alberta auprès de plus de 600 jeunes âgés de 9 à 17 ans. Durant une semaine, ces derniers ont porté des appareils enregistrant leur niveau d’activité physique. De plus, on a suivi leur poids, leur tour de taille et leur pression artérielle. La recherche a révélé que les filles sont généralement moins actives que les garçons. De plus, elle a prouvé que l’ajout quotidien de sept minutes d’activité d’intensité élevée suffit à améliorer la forme physique des sujets en entrainant une réduction de leur poids, de leur tour de taille et de leur pression artérielle. Le troisième constat constitue une surprise pour les chercheurs : l’ajout d’activités d’intensité faible ou modérée n’apporte que peu d’effets bénéfiques.

 

Comme on le déplore souvent — et avec raison — la majorité des préadolescents et des adolescents ne font pas suffisamment d’activité physique. Selon une autre recherche albertaine, les jeunes passent presque 70 % de leur temps à faire des activités sédentaires. Ils consacrent environ 23 % de leur temps aux activités d’intensité faible (ex. : marche, patinage lent, baignade), approximativement 7 % aux activités d’intensité modérée (ex. : marche rapide, jogging, natation, danse), mais seulement 0,6 % aux activités d’intensité élevée (ex. : course à pied, vélo rapide, ski de fond, volleyball, soccer, racquetball, hockey). La situation est-elle la même au Québec? Sans doute, puisque plusieurs études démontrent que le problème de la sédentarité chez les jeunes sévit dans la Belle Province.   

 

Des solutions à envisager

Le Dr Richard Lewanczuk, l’un des auteurs de la recherche, nous met en garde contre une interprétation hâtive des résultats. « Il ne faudrait pas croire qu’un enfant peut être en bonne forme physique uniquement en pratiquant quelques minutes d’activité dans sa journée; cette séance d’exercices vigoureux doit s’ajouter à ses autres activités physiques quotidiennes. » Le Dr Lewanczuk souligne également l’importance de l’école à cet égard, puisque la majorité des jeunes sont plus actifs à l’école qu’à la maison. « Durant notre étude, nous avons constaté que l’activité de certains sujets devient presque nulle les soirs et les fins de semaine. Nous en avons conclu qu’ils devaient être rivés à un quelconque écran… Pour inciter les jeunes à bouger davantage, j’encourage les éducateurs physiques à organiser des jeux exigeant une dépense énergétique élevée – comme le soccer, la danse ou le ultimate frisbee — plutôt que de demander aux élèves de courir d’un bout à l’autre du gymnase.

 

« C’est beaucoup plus stimulant! Ces jeux peuvent se dérouler non seulement dans le cadre des cours d’éducation physique, mais aussi le midi et après l’école. » Finalement, le spécialiste recommande aux écoles et aux municipalités d’améliorer les installations sportives et d’offrir des programmes d’activités physiques à faible coût. On aurait certainement avantage à adopter de telles mesures d’un océan à l’autre…  

 

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