Santé physique

Enfants et adolescents en surpoids: 10 conseils pour prévenir l’abandon de l’activité physique

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De nombreuses raisons peuvent entrer en ligne de compte lorsqu’un enfant en surpoids ou obèse ne veut pas faire d’activité physique. Notamment la façon dont il a été jugé et traité à l’enfance, en raison de son apparence.

Enfants et adolescents en surpoids: 10 conseils pour prévenir l’abandon de l’activité physique

Pourquoi certains enfants ne veulent pas faire de l’exercice physique ?

Angela Alberga, professeure adjointe au département des sciences de l’exercice à l’Université Concordia, étudie le lien entre la stigmatisation des enfants en surpoids et leur tendance à éviter la pratique d’activités physiques. Elle fait des recommandations pour encourager les jeunes à prendre plaisir à faire de l’exercice.

 

Elle a publié plusieurs recherches, dont une étude qui devrait sortir plus tard ce printemps, et dans laquelle on peut lire que les adolescents avec un surplus de poids qui accordent beaucoup d’importance à leur apparence physique et ceux qui montrent des symptômes de dépression et de confusion ont tendance à moins adhérer à un programme d’exercice. « Voici la raison pour laquelle il est important de promouvoir la santé mentale en plus de l’exercice », souligne-t-elle.

 

Les parents, les éducateurs et les professionnels de la santé devraient davantage promouvoir l’exercice physique pour le plaisir et la santé, plutôt que de focaliser sur le contrôle du poids.

 

Enfants en surpoids stigmatisés

Les enfants que l’on dénigre, rabaisse ou rabroue parce qu’ils « gros » subissent des reproches qui génèrent une honte de leur corps. « La stigmatisation en raison du poids est un cercle vicieux, affirme Dre Alberga. Plus les gens se sentent jugés et couverts de honte parce qu’ils ont un surpoids, plus ils sont stressés et plus ils se tournent vers de mauvaises habitudes, ce qui rend plus difficile la gestion du poids. » Selon elle, les parents, les éducateurs et les professionnels de la santé devraient davantage promouvoir l’exercice physique pour le plaisir et la santé, plutôt que de focaliser sur le contrôle du poids.

 

« Il y a plusieurs études montrant que les enfants dont on se moque en raison de leur poids pratiquent moins d’exercice physique 1-2-3 », continue la professeure. Elle cite notamment l’étude Éducation et sport : à quel point cela affecte la participation aux activités physiques plus tard dans la vie (traduction libre), dans laquelle on lit que les étudiants qui étaient les moins souvent choisis pour faire partie d’une équipe sportive sont souvent devenus, à l’âge adulte, moins engagés sur le plan de l’activité physique. Les auteurs de cette étude parue en 2013 recommandaient que les professeurs et les entraîneurs sportifs tiennent compte des effets à long terme de leur pratique potentiellement négative (emploi des mots, façon de faire les équipes…) envers leurs étudiants.

 

« Bien qu’on sache que la stigmatisation en raison du poids existe dans plusieurs situations – professionnels de la santé, parents, amis, compagnons à l’école – on ne sait pas exactement qui a le plus d’influence. »

 

Comment redonner à un enfant le goût de l’activité physique?

Que peut-on faire pour encourager les préadolescents qui ont déjà été rabaissés à la petite enfance (3-8 ans) à faire de l’exercice, même s’ils ne sont pas très bons en sport ou en raison d’un surpoids?

 

« Il faut se rappeler que l’activité physique n’est pas juste ce que les athlètes pratiquent, répond Angela Alberga. Tout le monde peut faire de l’exercice. En gros, il est important que les enfants et les adolescents participent à des activités qui leur plaisent et que les parents, éducateurs, professeurs et kinésiologues exposent les jeunes très tôt à une grande variété d’exercices physiques, que ce soit des jeux libres, des activités individuelles, des sports d’équipe 4… Tout en insistant sur le plaisir et l’appréciation plutôt que sur la perfection, la performance et la compétition. »

 

Donc si on valorise l’aspect ludique et participatif et non la compétitivité, on devrait « récupérer » les préadolescents et les adolescents qui n’avaient jamais eu de plaisir à faire du sport. En autant que l’on trouve une ou des activités qu’ils auront choisie(s) parce qu’ils s’amusent avant tout.

 

Parents et éducateurs, proposez-leur un vaste choix parmi les sports d’équipe, les arts martiaux, les sports individuels (natation, jogging, exercices au gym…) et les jeux libres (tague, corde à sauter, élastique…) offerts à l’école, au parc, au centre de loisirs, dans la cour ou la ruelle. Et encouragez-les à s’amuser avant tout !

 

Angela Alberga
Crédit photo: David Ward, Concordia University

 

10 conseils pour prévenir l’abandon de la pratique chez les enfants en surpoids

Les interventions par l’activité physique s’adressant aux enfants obèses et à ceux présentant un surpoids ont connu un succès mitigé et l’abandon de la pratique est un sujet préoccupant. La conception judicieuse et la mise en œuvre des interventions au moyen de l’activité physique sont d’une importance capitale pour maximiser le maintien de la pratique et améliorer de ce fait la santé globale de cette population.

 

Voici 10 conseils tirés de l’étude Top 10 practical lessons learned from physical activity interventions in overweight and obese children and adolescents.

 

1. Le contexte-milieu de pratique de l’activité physique est important.

2. Le choix de l’entraîneur physique compte.

3. Les activités physiques sélectionnées doivent être diversifiées et amusantes.

4. On doit envisager un rôle pour le parent-tuteur.

5. On doit prendre en compte les caractéristiques physiques et psychosociales individuelles.

6. On doit fixer des objectifs réalistes.

7. On doit faire régulièrement des rappels.

8. On doit utiliser une approche multidisciplinaire.

9. On doit identifier rapidement les obstacles et élaborer un plan pour les éliminer.

10. On doit communiquer le vrai message : dire spécifiquement pourquoi on le fait.

 

Les recommandations dans cet article peuvent être utilisées pour d’autres programmes d’activité physique à l’intention des enfants et des adolescents, dans d’autres milieux d’éducation physique et de santé publique, et ce, dans l’espoir de diminuer l’abandon de la pratique de l’activité physique et d’en tirer des bénéfices sur le plan sanitaire pour cette population.

 


RÉFÉRENCES

  1. Cardinal, B. J., Yan, Z., & Cardinal, M. K. (2013). Negative experiences in physical education and sport: How much do they affect physical activity participation later in life. Journal of Physical Education, Recreation and Dance, 84, 49-53.
  2. Barkley, J. E., Salvy, S. J., & Roemmich, J. N. (2012). The effect of simulated ostracism on physical activity behavior in children. Pediatrics, 129, e659-666.
  3. Hayden-Wade HA1, Stein RI, Ghaderi A, Saelens BE, Zabinski MF, Wilfley DE. (2005). Prevalence, characteristics, and correlates of teasing experiences among overweight children vs. non-overweight peers (2005). Obes Res. [Obesity Research] 2005 Aug. 13 (8):1381-92.
  4. Alberga, A. S., Medd, E. R., Adamo, K. B., Goldfield, G. S., Prud’homme, D., Kenny, G. P., & Sigal, R. J. (2013). Top 10 practical lessons learned from physical activity interventions in overweight and obese children and adolescents. Applied Physiology Nutrition & Metabolism, 38, 249-258.
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Santé physique

4 trucs pour encourager nos filles à bouger dehors ce printemps

Le printemps a tardé cette année. Mais le soleil est enfin plus présent, et nous voyons apparaître dans la rue paniers de basketball, filets de hockey et ballons de soccer. Autour de ces équipements, les filles se font parfois plus rares que les garçons…  

4 trucs pour encourager nos filles à bouger dehors ce printemps

Alors que plusieurs filles s’amusent tout autant que les garçons à jouer au hockey ou au ballon-panier dans la rue, d’autres n’y voient rien d’amusant! Chose certaine, la belle saison revenue, les filles comme les garçons gagneraient à se réapproprier les activités à l’extérieur. Bouger, c’est bien, mais bouger dehors, c’est encore mieux! Voici 4 trucs pour encourager nos filles à profiter du printemps pour faire plus d’activité physique.

 

1. Passer plus de temps dehors en famille

Les études le disent et c’est facile de le vérifier soi-même, plus on passe de temps dehors, plus on bouge. Faire ses devoirs sur le balcon, de la lecture ou y prendre un repas, ça peut permettre de faciliter la transition vers une marche de soirée ou une visite au parc pour profiter de la clarté de fin de la journée. Quand on est dehors, c’est aussi plus facile d’ignorer l’appel du divan et des écrans.

 

2. Inviter nos filles à s’entraîner avec nous

Les parents demeurent les premiers modèles des enfants en matière d’habitudes de vie. Vous aimez courir? Amenez votre fille et ses amies courir avec vous! L’important, c’est de s’assurer qu’on le fait pour la qualité du moment passé ensemble, pas pour améliorer sa performance. Démarrez votre trajet par une courte boucle dans le quartier pour qu’elles puissent revenir à la maison après la distance qui leur convient. Autre option, invitez-les à vous suivre ou à vous précéder à vélo, en patins à roues alignées ou en planche à roulettes. Qui sait, vous gagnerez peut-être des joueuses en cours de route et vous créerez la tradition de la course mère-fille du dimanche matin!

 

Crédit photo: Fillactive

 

3. Partager vos activités d’enfance préférées

Si vous avez aimé jouer à l’élastique, au ballon-poire ou à la corde à danser, peut-être avez-vous remarqué comme moi que plusieurs de ces activités semblent moins populaires aujourd’hui? Sautez sur l’occasion de bouger vous aussi en montrant à vos filles les comptines qui vous ont fait sauter à la corde ou au grand élastique que l’on tenait enroulé autour de nos jambes. En plus d’être très abordables, ces accessoires prennent peu de place et se transportent facilement.

Et au-delà de la marelle, les craies pour l’asphalte peuvent nous permettre de créer un parcours à obstacles pour mettre à l’épreuve notre équilibre, notre capacité à sauter très loin ou à lancer dans une cible.

 

4. Essayer le transport actif

Quand il se met à faire chaud dehors, il fait encore plus chaud dans les autobus scolaires, ce qui peut devenir plutôt désagréable! Si on habite à une distance raisonnable, pourquoi ne pas profiter d’un beau samedi après-midi pour organiser une promenade à vélo vers l’école? On peut être surpris de réaliser à quel point les distances se parcourent rapidement à bicyclette. Ça peut même faire gagner quelques minutes de sommeil le matin! On en profite pour évaluer la présence d’intersections plus dangereuses, identifier le trajet le plus sécuritaire et calculer le temps nécessaire pour se rendre.

 

La recherche nous indique que les parents sont généralement plus réticents à laisser leur fille utiliser un mode de transport actif pour se déplacer que leur garçon du même âge. Ceci a pour conséquence de réduire encore plus le temps que les jeunes filles passent à être physiquement actives, ce qui est à leur désavantage. Au printemps, lorsqu’il fait clair à la sortie des classes, plus nombreux sont les cyclistes. C’est le moment d’ajuster nos routines et de faire plus de place pour le transport actif dans les habitudes familiales. L’essayer, c’est l’adopter!

 

Plus on passe de temps dehors, plus on apprend à apprécier et à apprivoiser notre environnement, peu importe les conditions météorologiques. Courir, jardiner et danser sont toutes des activités qui se font sans danger, même sous la pluie!

 

Par Geneviève Leduc, Ph. D., conseillère aux programmes et à l’évaluation chez Fillactive


Vous cherchez d’autres idées pour faire bouger les filles? Consultez notre dossier Filles et activité physique

 

 

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