Santé physique

Effets de l’activité physique sur les habiletés cognitives des enfants

Les effets bénéfiques de la pratique d’activités physiques sur le développement physique des enfants et des adolescents sont bien connus. On sait également qu’elle exerce une influence stimulante sur les habiletés cognitives des enfants. Une association positive a été observée entre le niveau d’activité physique, le comportement à l’école et les résultats scolaires.

Effets de l’activité physique sur les habiletés cognitives des enfants

Or, il s’agit d’une relation complexe dont les mécanismes sont encore peu connus. Cet article présente la relation entre, d’une part, la pratique d’activités physiques et, d’autre part, le développement des fonctions cognitives.

 

Résultats

Les fonctions cognitives regroupent la perception, la reconnaissance de schémas, l’attention et la mémoire. Les chercheurs ont distingué les effets d’une séance d’exercice de ceux de la pratique régulière d’activités physiques.

 

  • Une seule séance d’activité physique augmente la capacité d’attention, la mémoire et la rapidité de la prise de décision.
  • La pratique régulière d’activités physiques permet d’établir les connexions neuronales nécessaires à l’accomplissement de tâches mentales simples, pour ensuite faciliter des apprentissages complexes. Rappelons que l’enfance est la période idéale pour établir ces connexions, étant donné la grande capacité d’adaptation du système nerveux à cet âge.
  • L’inactivité physique, en revanche, est associée non seulement à des effets délétères sur la santé physique, mais également à une diminution des habiletés cognitives.

 

Il semble que les apprentissages faits dans la cour d’école ou sur le terrain de jeux puissent, dans une certaine mesure, s’étendre à des tâches scolaires. Ainsi, les activités physiques de résolution de problèmes représentent des opportunités de développement cognitif.

 

Finalement, il faut garder à l’esprit que la pratique régulière d’activités physiques influe sur d’autres facteurs qui vont à leur tour moduler le développement des fonctions cognitives : bonne condition physique, estime de soi, sentiment d’efficacité personnelle, saines habitudes de vie, etc.

 

Par Joanie Caron, Véronique Ouellet St-Denis, Karima Djellouli et Guy Thibault, Kino-Québec

 

 

Source : Tomporowski PD et coll. (2011) Physical activity interventions and children’s mental function: An introduction and overview. Prev Med 52(S1):S3-9.

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Pratico-pratique

Obésité infantile : hausse des hospitalisations en Angleterre

Article -

Les données font frémir : en 10 ans, les hôpitaux britanniques ont vu le nombre d’admissions liées à l’obésité plus que quadrupler chez les enfants. La situation en Amérique du Nord est-elle comparable ?

Obésité infantile : hausse des hospitalisations en Angleterre

Depuis une vingtaine d’années, l’obésité est associée à une kyrielle de maux, tels le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, l’asthme, l’apnée du sommeil et certains cancers. Une étude britannique s’est penchée sur l’hospitalisation d’enfants obèses en rapport avec ces conditions. Cette recherche démontre que les séjours à l’hôpital, chez les enfants obèses âgés de 5 à 19 ans, ont plus que quadruplé en 2009, passant de 872 en 2000 à 3 806.

 

Seulement 27 % de ces hospitalisations visaient à remédier au surpoids lui-même, notamment par le biais de chirurgies bariatriques. De 2000 à 2009, 111 patients, principalement des filles âgées de 13 à 19 ans, ont eu recours à cette intervention. La majorité des jeunes patients ont plutôt été traités pour des problèmes fréquemment liés à l'obésité : apnée du sommeil, asthme, etc. 

 

Le constat en Amérique du Nord

L’Angleterre est l’un des pays européens où la prévalence de l’obésité est la plus élevée.  On estime que 14 à 20 % des enfants britanniques de 2 à 15 ans en sont atteints. Au Canada, le pourcentage d’obésité infantile atteint 9 %, contre 7 % au Québec.

 

Afin de connaître les impacts économiques de l’obésité, plusieurs chercheurs nord-américains se sont intéressés à la fréquence des hospitalisations d’enfants obèses et aux coûts de santé ainsi engendrés. Selon une recherche menée aux États-Unis , le nombre d’hospitalisations d’enfants obèses a pratiquement doublé, à l’échelle nationale, entre 1999 et 2005. Quant aux coûts nécessaires pour soigner ces patients, ils sont passés de 126 millions en 2001 à 238 millions en 2005. En Nouvelle-Écosse, une étude  publiée en 2011 rapporte que les coûts de santé (consultations médicales et hospitalisations) sont  21 % plus élevés chez les enfants obèses que chez les enfants de poids normal.

 

En fait, le problème s’étend à la grandeur de la planète. L’Organisation mondiale de la santé craint d’ailleurs que les coûts associés aux traitements des maladies chroniques et des problèmes de poids atteignent sous peu un tel niveau qu’ils amputeront une part importante du financement gouvernemental destiné aux autres secteurs.

 

Morale de l’histoire : pour éviter que l’épidémie d’obésité ne progresse, il est impératif de mettre sur pied des programmes de prévention et de diagnostic précoce, et créer des environnements favorables  aux saines habitudes de vie dans les différents milieux de vie. Cet enjeu de santé publique a de sérieuses répercussions économiques, puisque les enfants obèses sont  davantage à risques de développer divers problèmes de santé.

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