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Quand le ballon d’exercice remplace la chaise d’école

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Passer la journée à bouger en classe sans jamais quitter son pupitre est désormais possible grâce aux ballons-sièges. En s’assoyant sur un ballon d’entraînement plutôt qu’une chaise, les élèves obtiennent une posture droite et du mouvement pour leurs hanches.

Quand le ballon d’exercice remplace la chaise d’école

La jeune Rose St-Pierre, 10 ans, avait très hâte d’arriver dans la classe de 5e année de Madame Sarah, à Saint-Boniface, en Mauricie. Cette dernière permet à ses élèves d’apporter un ballon-siège à l’école, à condition que celui-ci soit de la bonne hauteur pour que les jambes forment un angle de 90 degrés.

 

Cette année, une moitié d’élèves a décidé d’adopter le ballon, à commencer par Rose. «C’est sûr qu’il faut garder l’équilibre, mais ça devient vite confortable. C’est comme mon divan! s’exclame-t-elle. Il y en a qui n’ont pas aimé, mais moi j’aime ça.» En tout temps, les élèves sont libres de troquer le ballon pour une chaise.

 

L’enseignante reconnaît devoir faire preuve de rigueur pour éviter que sa classe tourne au cirque. «Le ballon, c’est utile. J’y crois, souligne Sarah Montgrain. Cela fonctionne très bien pour certains enfants, mais ce n’est pas un jouet, ce n’est pas un trampoline et ce n’est pas un instrument de musique. Si tu as trois avertissements, tu perds le ballon.» Par contre, voir des élèves balancer leur bassin ne la dérange pas le moins du monde.

 

Ballons vs chaises

Ce qu’elle aime tout particulièrement des ballons-sièges, c’est qu’ils sont moins bruyants que les chaises. Ils empêchent aussi les élèves de se tenir sur les deux pattes d’en arrière, une position qui effraie toujours Madame Sarah. S’il fallait qu’ils tombent et se frappent l’arrière de la tête sur un bureau…

 

Pour sa part, Rose se sent beaucoup plus concentrée depuis qu’elle utilise le ballon. Elle soupçonne même un lien avec les bonnes notes de son bulletin. «Quand tu fais un examen et que tu es tannée d’être toujours assise, tu peux bouger un peu et ça fait du bien», fait remarquer la jeune fille.

 

Ailleurs au Québec

Ici et là, les ballons-sièges sont de plus en plus adoptés à travers le Québec. « Je mets les enfants plus turbulents sur des ballons et je vois une grande différence, confie la mère de Rose, Nathalie, une enseignante de 1re et 2e année. Ils se balancent et cela équilibre tout leur système.»

 

Même son de cloche du côté de la Commission scolaire des Hautes-Rivières à Saint-Jean-sur-Richelieu. Les ballons-sièges font partie des outils que la psychoéducatrice Sonya Denis va parfois suggérer aux élèves ayant un déficit d’attention. À l’occasion, elle recommande aussi l’usage des coussins Movin’sit (en forme de pente) et Disco’sit (en forme de disque), qui sont simplement posés sur une chaise.

 

Des coussins aux mêmes vertus?

L’ergothérapeute en pédiatrie Sonya Côté, qui préside l’Association québécoise des ergothérapeutes en pratique privée, compare ces coussins aux ballons-sièges: «Le ballon étant gros, il favorise les grands déplacements du corps, ce que ne fait pas le coussin, à mon avis. Par contre, comme le coussin est plus discret, il est potentiellement moins dérangeant en classe.» L’idéal serait que l’enfant puisse faire l’essai des trois avant de choisir.

 

Mais attention! Ces options ne conviennent pas à tous les enfants. L’ergothérapeute souligne que certains sont agités en raison d’une surcharge sensorielle. Le ballon ou le coussin ne fera qu’offrir une stimulation supplémentaire. À l’inverse, les grands sportifs  qui ont besoin de bouger beaucoup en découvriront les bienfaits. L’important est d’être à l’écoute de son enfant et de ne jamais le forcer à s’asseoir ni sur un ballon ni sur un coussin.

 

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Surmonter l’attitude négative de son enfant face aux sports

Opinion -

Lorsque son enfant a une attitude négative face aux sports, est-ce correct d’insister? Voici l’histoire de ma fille de 10 ans, qui a fait un virage à 180 degrés à la suite de mes encouragements.

Surmonter l’attitude négative de son enfant face aux sports

Attitude négative face aux sports

Chaque mois de septembre, l’école de mes enfants organise une compétition obligatoire de cross-country. Ma deuxième fille, âgée de 10 ans, déteste ça. Année après année, elle nous le rappelle et rajoute avec défiance qu’elle veut terminer dernière. « Comme ça, c’est sûr que je n’irai pas aux régionaux ». 

 

Vous comprenez que son attitude négative face aux sports m’inquiète, surtout depuis que j’ai pris connaissance des statistiques de sédentarité chez les préados. Durant les dernières vacances scolaires, j’ai donc décidé de l’influencer positivement.

 

L’influence pour convaincre d’essayer

Après avoir vu l’impact positif de la ringuette sur sa soeur – autant au niveau mise en forme que sociale – je l’ai convaincue d’essayer ce sport d’équipe.

 

Connaissant les répercussions négatives que cela peut entrainer, l’objectif n’était évidemment pas de la forcer. J’ai plutôt commencé à lui dire que je la voyais jouer à la ringuette, qu’elle avait le physique pour être bonne. J’ai misé sur le fait qu’elle aime bien être sous les projecteurs.

 

Quelques semaines avant le début des inscriptions, je l’ai accompagnée dans sa réflexion. Parfois, elle avait des doutes avant de s’endormir et me demandait : « Tu es sûr que je vais être bonne ? » Je la rassurais.

 

Elle a accepté d’essayer et de s’engager pour toute l’année. Étant donné le coût de l’équipement, c’était un minimum. Je lui ai dit que ce ne serait pas nécessairement facile, mais qu’elle devait persévérer et que j’allais être là pour elle.

 

Du doute à la surprise

Avant chaque saison au mois d’août, des camps de « power skating » sont offerts ici et là. J’ai décidé de l’inscrire avec sa sœur. Même si la barre était très haute, je savais que cela allait beaucoup l’aider.

 

Arrive la première session : 1h30 sur la glace à faire des routines à fond de train. Elle freinait difficilement, tombait fréquemment et ne savait pas patiner à reculons. Chaque fois, elle se relevait et regardait dans ma direction. J’appréhendais le pire.

 

En allant la border le soir, elle s’est mise à pleurer et m’a lancé : « Papa, pourquoi tu me fais ça ?»  Le doute s’est rapidement installé. Étais-je allé trop loin ?

 

En discutant avec elle, j’ai compris qu’elle avait trouvé l’exercice ardu. Je lui ai rappelé son engagement et l’ai encouragée. Elle était d’accord pour un deuxième essai. Par chance, la suite était plus facile et le moral était bon.

 

Depuis le début de sa saison de ringuette, elle semble apprécier cette nouvelle activité et surtout ses nouvelles amies. De mon côté, je suis heureux de cette réussite. Mon intuition était bonne.

 

J’en ai eu la preuve en septembre, lorsqu’est arrivé le moment du fameux cross-country annuel. Ma fille est alors venue me voir pour me demander: « Papa, tu veux venir courir avec moi? Je veux me pratiquer pour mon cross-country de demain. » Vous imaginez ma surprise. Je ne pouvais qu’enfiler mes souliers et l’accompagner.

 

L’influence, l’encouragement et la motivation peuvent favoriser la persévérance et générer des changements incroyables, tant que l’on reste à l’écoute de ses enfants.

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