Rôle du parent

Comment devenir ami avec ses voisins… mais pas trop!

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Êtes-vous du genre à chanter à tue-tête « J’aime mon voisin! », comme dans la chanson des Frères à ch’val? Ou du type à espionner entre les lattes des stores pour vous assurer que personne n’est à l’extérieur quand vous vous apprêtez à sortir?

Comment devenir ami avec ses voisins… mais pas trop!
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Comment se sentir en bons termes avec les gens qui habitent notre rue tout en traçant clairement les limites de son intimité? La ligne est parfois mince entre la simple relation cordiale et les samedis tranquilles dans la cour qui se transforment en mégaparty de voisins.

 

Pour Alexandre Roy, agent de communication au Réseau québécois de Villes et Villages en santé (RQVVS), instigateur de la Fête des voisins, il n’y a pas de « mauvais voisin » : « Tout le monde peut être un “bon” ou un “mauvais voisin”. Il faut juste ouvrir le dialogue et se respecter. »

 

Des bienfaits réels

Le bon voisinage a de réelles répercussions sur notre santé. « Sentiment de sécurité, d’inclusion, d’appartenance : tout cela a un impact sur notre santé mentale et au bout du compte, sur notre santé physique », explique Alexandre Roy.

 

Selon lui, le bon voisinage entraîne même des changements dans les milieux pour en faire des endroits où il fait bon vivre. Parce qu’à force de se parler, les voisins réussissent souvent à aménager une ruelle verte, faire baisser les limites de vitesse sur la rue, devancer la rénovation d’un parc pour enfants ou encore faire coordonner le jour du ramassage des ordures avec celui du recyclage ou du compost. Des petits changements au quotidien qui rendent la vie décidément plus facile.

 

Être ami avec ses voisins, ça a aussi ses avantages côté économies. « Avons-nous vraiment besoin de 2 tondeuses à gazon à 20 mètres de distance?, se questionne Alexandre Roy. Peut-être qu’on pourrait en partager une, et peut-être que ça pourrait avoir des impacts sur nos finances et sur l’environnement ».

 

Quand ça va trop loin

Malgré tous les avantages à entretenir des rapports de bon voisinage, une étude de 2015 du City Observatory Report montre que le tiers des Américains n’interagissent jamais avec les gens qui habitent près de chez eux. 

 

C’est que dans certains cas, les voisins deviennent… trop proches! Marie-France* habite un quartier résidentiel et familial de Montréal. Elle adore son coin et le fait que ses enfants aient des amis à proximité. Mais récemment, elle a commencé à se sentir mal à l’aise lorsqu’elle n’invite pas les enfants du coin à se baigner dans sa piscine. « Je les entends jouer devant chez nous, je sais qu’ils nous voient nous baigner et qu’ils aimeraient qu’on les invite, mais j’ai parfois le goût d’être en famille ».

 

Le même genre d’histoire se répète dans les lieux publics du quartier. « Quand je joue au hockey avec mes garçons dans la ruelle, raconte Marie-France, les petits voisins arrivent un par un et leurs parents se sentent à l’aise de les laisser jouer sans rester dans la ruelle, puisque je suis là. Je me retrouve souvent à superviser 5 ou 6 enfants alors que je voulais simplement jouer au hockey avec les miens! »

 

Mettre ses limites

Léticia habite elle aussi un quartier où de nombreuses familles ont élu domicile. Elle a acheté sa maison en sachant que les voisins immédiats étaient des amis éloignés. Avec le temps ils se sont rapprochés, mais en respectant toujours leurs limites. « Ce que j’aime de mes voisins, c’est que nous avons un accord tacite. Depuis 7 ans, nous choisissons de ne pas prendre pour acquis notre proximité. Bien sûr, on se salue et on jase quand on se croise. Mais si on veut prendre l’apéro ou aller dans le spa, on n’arrive jamais à brûle-pourpoint. On s’envoie des textos avant. Si on a envie de souper ensemble, on se le demande aussi à l’avance. »

 

Des stratégies pour entrer en contact avec ses voisins

Même si on sait que les bienfaits d’être sympa avec ses voisins sont énormes, il n’est pas toujours évident d’entamer la conversation avec quelqu’un qui habite sur notre rue depuis des années, mais à qui on n’a jamais parlé. Voici quelques idées pour faire un premier contact :

  • Commencer à dire bonjour. De jour en jour ou de semaine en semaine, ajouter un « comment ça va? », puis un commentaire sur un changement dans le quartier ou la météo.
  • Demander ou offrir de l’aide. (« Avez-vous une tasse de sucre? », « Voulez-vous de l’aide pour sortir les choses de votre voiture? »). Même si le voisin n’a pas ce qu’on cherche ou refuse notre aide, un lien s’établira.
  • Alors qu’on est en voiture, offrir à un voisin qui rentre de l’épicerie à pied de le ramener à la maison.
  • Envoyer ses enfants faire le travail à notre place! Ils sont parfois moins gênés que nous et seront contents de bénéficier de la présence d’enfants de leur âge.
  • S’asseoir sur le balcon devant la maison plutôt que dans la cour, pour voir ce qui se passe dans la rue et saluer les voisins.
  • Plutôt que de faire des efforts pour ne pas déranger les voisins, lorsqu’on joue dans la piscine et que les enfants sont bruyants, par exemple, leur demander directement si on dérange.
  • Fréquenter les lieux du quartier : épicerie, cours de karaté, dentiste, garderie. C’est la meilleure façon de croiser des gens qui habitent le même coin que nous.
  • Chercher sur Facebook les groupes de résidents de notre quartier ou de notre ville. Les contacts humains sont parfois plus faciles à établir une fois les contacts virtuels établis.

 

Pour tout savoir sur la fête des voisins, qui a lieu chaque premier ou deuxième samedi de juin, visitez le site du Réseau québécois Villes et Villages en santé.

 

*Les prénoms ont été changés pour préserver la confidentialité.

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