Rôle du parent

6 phrases à ne pas dire à un enfant qui joue

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On le sait : en laissant jouer nos enfants librement et activement à l’extérieur, on a plus de chances d’en faire des adultes actifs et prêts à relever des défis. Mais leur dit-on toujours les bonnes choses? Vous pourriez être surpris!

6 phrases à ne pas dire à un enfant qui joue

Pour Sylvie Nault, conseillère au développement des contenus à l’Association québécoise des CPE, il importe que l’enfant joue par lui-même pour améliorer ses habiletés motrices, sa confiance en lui, son autonomie, sa créativité, sa capacité à prendre des décisions. Avec son aide, nous avons fait une petite liste non exhaustive – et surtout, qui ne se prend pas trop au sérieux! – de 6 phrases qu’on dit parfois spontanément, mais qu’il vaudrait mieux remplacer par d’autres.

1. « Je n’ai pas le temps de jouer avec toi. »

Selon Sylvie Nault, si les parents prononcent cette phrase, c’est parce qu’ils pensent qu’ils doivent être aux côtés de leurs enfants en tout temps, ce qui en effet prendrait beaucoup de temps. Il y a là un réflexe de surprotection de la part des parents qu’il vaudrait mieux déconstruire. « Les enfants ont besoin de jouer par eux-mêmes. Oui, on peut leur offrir un milieu de jeu sécuritaire, en enlevant par exemple la vitre et les clous qui pourraient traîner. On les tient à l’œil, mais ils n’ont pas toujours besoin de nous. » Concrètement, cela nous permettrait de vider le lave-vaisselle en jetant un œil dans la cour où les enfants jouent de temps à autre!

Ce qu’il faudrait dire : « Je vais prendre le temps de t’aider à installer ton jeu et ensuite, je vais rentrer faire mes tâches. Je serai juste à côté si tu as besoin de moi. »

2. « Attention, ne va pas là, tu vas tomber. »

Cette phrase, Sylvie Nault dit l’entendre souvent, de la part des parents comme des intervenants. Pourtant, l’enfant doit se familiariser lui-même avec ce qui l’entoure. Il doit apprendre à connaître son environnement sans l’interprétation ou la médiation d’un adulte.

« Un enfant qui n’est pas confronté à différents défis ne développera pas son sentiment d’autoprotection. Il va devenir un adulte qui, une fois devant une situation potentiellement dangereuse, ne saura pas comment l’affronter puisqu’il n’aura pas expérimenté le risque plus jeune », dit la spécialiste.

Ce qui ne veut pas dire que les adultes doivent complètement s’effacer. On peut au contraire encourager notre enfant à dépasser ses limites, le féliciter quand il réussit et lui proposer des solutions quand ça ne fonctionne pas.

Ce qu’il faudrait dire : « Vas-y, mais fais attention, tu pourrais tomber ».

3. « Tu ne seras pas capable. »

Quand on présume qu’un jeune ne sera pas capable d’accomplir une tâche, on vient éroder son estime de lui-même. À la longue, cela peut créer chez les enfants des sentiments négatifs face à la pratique d’activités physiques.

« Il ne faut pas oublier la notion de plaisir, commente Sylvie Nault. C’est le baromètre qui indique à l’adulte si l’enfant est au bon endroit. S’il ne semble pas éprouver de plaisir, c’est que le jeu est soit trop difficile, soit trop facile pour lui. »

Ce qu’il faudrait dire : « Il se peut que tu trouves ça difficile ».

4. « Attention de ne pas te salir. »

« Ne pas se salir, ne pas se mouiller, ne pas briser les vêtements… Oui, on entend ça trop souvent! », sourit Sylvie Nault. Aucun parent n’a malheureusement le pouvoir d’empêcher les taches sur les vêtements neufs! Alors, armez-vous de patience et prévoyez le coup : ne mettez pas les plus beaux habits de vos rejetons pour la garderie, l’école ou les sorties au parc.

Ce qu’il faudrait dire : « Va changer tes souliers si tu veux jouer dans la boue! »

 

 

5. « Arrête de te chamailler, reste tranquille. »

Le besoin naturel de bouger et de se chamailler est présent chez tous les enfants, les garçons comme les filles, insiste Sylvie Nault. Les parents doivent comprendre l’importance des jeux de chamaille.

« L’enfant va avoir beaucoup de plaisir, il dépensera beaucoup d’énergie, il sera essoufflé, il va apprendre à respecter ses limites et celles des autres, à canaliser son énergie, à reconnaître les expressions faciales de ses pairs. »

Si on voit que le plaisir n’y est plus, on intervient pour que le jeu cesse. Mais même si les bruits et le brouhaha qui se dégagent de ces jeux peuvent être dérangeants pour les parents, il faut garder à l’esprit que leur pratique tend à diminuer les comportements agressifs de la part des petits.

Ce qu’il faudrait dire : « Tu peux te chamailler, mais on arrête quand il n’y a plus de plaisir – chez toi ou chez l’autre! »

6. « Va jouer avec cet enfant »

Inutile d’imposer à notre enfant de jouer avec tel ou tel ami au parc ou à l’école. D’abord, il se sentira forcé et en retirera moins de plaisir. Ensuite, il se peut qu’il soit tout simplement trop tôt dans son développement pour qu’il joue réellement avec un autre enfant. « Les tout-petits jouent chacun de leur côté. Vient ensuite une phase où ils jouent en parallèle avec d’autres, c’est-à-dire qu’ils font le même jeu, mais chacun de leur côté. Éventuellement, ils vont finir par interagir, mais ça peut être long et ça ne sert à rien de les presser », conclut Sylvie Nault.

Ce qu’il faudrait dire : « Tu peux jouer seul ou avec la personne de ton choix. »

Et vous, que dites-vous pour encourager vos enfants qui jouent?

Article réalisé en partenariat avec la Table sur le mode de vie physiquement actif (TMVPA)

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Jeux de batailles: devrait-on laisser les enfants se chamailler?

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Vos enfants se tiraillent, simulent des combats, se fabriquent des épées pour se livrer à des guerres épiques et adulent les superhéros? Même si tout cela vous horripile au plus haut point, n’intervenez pas trop vite! Les jeux de bataille ne sont pas à proscrire, mais doivent être bien encadrés pour qu’ils restent sains et amusants. On fait le tour de la question.

Jeux de batailles: devrait-on laisser les enfants se chamailler?

En 2017, dans le cadre du projet Mieux soutenir nos garçons, les Partenaires pour la petite enfance de la MRC des Sources en Estrie ont entre autres proposé quelques balises pour inciter les CPE à accueillir positivement les jeux de bataille et à les encadrer adéquatement.

 

Ces recommandations découlent des observations de plusieurs spécialistes, dont Daniel Paquette, éthologue et professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal. Il s’est beaucoup penché sur la question et ses recherches ont permis de démontrer qu’en se chamaillant pour le plaisir, les enfants ne deviennent pas plus violents, mais développent au contraire certaines facettes de leur personnalité qui leur seront plus tard utiles. Il faut aussi noter que si les garçons sont davantage attirés par ce type d’activité, une part des filles le sont aussi.

 

Ce qui nous fait souvent sourciller devant les jeux de bataille comportant des contacts physiques, c’est leur aspect agressif. Et quand ils manient des armes imaginaires, on peut aussi frissonner devant la violence que cela évoque. Pourtant, dans un cadre approprié, ces jeux participent à la construction et à l’épanouissement des enfants.

 

Les avantages des jeux de batailles

Permettent aux enfants :

  • d’apprivoiser la compétition;
  • apprendre à gérer l’impulsivité, la colère et l’excitation;

  • d’établir et raffermir des liens amicaux;

  • d’aiguiser leurs habiletés pour la résolution de conflits;

  • de faire la distinction entre la vraie et la fausse violence; 

  • de libérer leur trop-plein d’énergie. 

Ces jeux peuvent aussi constituer aussi une façon pour le père d’interagir avec ses enfants et de leur communiquer son affection.

 

Établir des limites

Mais d’abord, qu’entend-on par « cadre approprié »? C’est premièrement de s’assurer que l’environnement où les hostilités ludiques ont lieu soit sécuritaire. Dans certains CPE, des coins pour les jeux de batailles sont aménagés. Des épées en mousse sont par exemple mises à la disposition des tout-petits qui peuvent s’affronter dans un espace bien dégagé et couvert d’un tapis. Pour les enfants plus âgés, la même vigilance reste de mise. Les parents peuvent aussi déterminer un espace de ce type à la maison, si l’espace le permet. 

 

Si les enfants peuvent s’agripper, se tirer, se pousser ou se rouler ensemble par terre, les coups devraient cependant être proscrits. Il en va de même des interventions au niveau du visage et du fait de lancer des objets. On conscientise d’autre part les participants à l’importance que tout ça reste un jeu, donc de toujours s’assurer que leur « adversaire » est consentant et que l’action doit immédiatement cesser si l’un des équipiers en émet la requête. Car il est important que la notion de plaisir prime en tout temps. Si les sourires disparaissent, il est temps pour l’adulte d’intervenir. 

 

 

Une saine rivalité

Apprivoiser la compétition, apprendre à gérer l’impulsivité, la colère et l’excitation, établir et raffermir des liens amicaux, aiguiser ses habiletés pour la résolution de conflits, faire la distinction entre la vraie et la fausse violence et libérer leur trop-plein d’énergie. Voilà quelques-uns des bienfaits qui ressortent des études sur le sujet.

 

En plus de leur donner des outils pour mieux évoluer en société, il a aussi été démontré que ces jeux peuvent aussi constituer aussi une façon pour le père d’interagir avec ses enfants et de leur communiquer son affection, celui-ci étant généralement davantage porté sur l’action et le jeu physique.

 

Bref, comme parents, nous sommes invités à voir d’un bon œil ces jeux, à établir des limites claires entre ce qui sera permis ou non pour que le combat demeure drôle, plaisant et formateur.

 

Article réalisé en partenariat avec la Table sur le mode de vie physiquement actif (TMVPA)

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