Rôle du parent

6 idées pour permettre à votre enfant de prendre des risques

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Rappelons-nous l’époque où on se promenait à vélo « avec pas de casque » et où grimper dans un arbre était une activité de routine, il en va tout autrement pour les enfants d’aujourd’hui.

6 idées pour permettre à votre enfant de prendre des risques

Le jeu libre et actif

Les parents ne gèrent plus les risques de la même façon en 2018. Nous sommes plus conscients du danger et des moyens à prendre pour l’éviter. Mais en laissant un peu plus de liberté à nos enfants, on pourrait les aider à devenir des adultes en meilleure santé.

 

C’est ce que préconisent de plus en plus de spécialistes. Un jeune qui joue librement et activement et qui, à son initiative, prend des risques a plus de chances de devenir un adulte actif, qui a confiance en ses capacités et qui a développé un sentiment d’autoprotection.

 

Il va sans dire que permettre à son enfant prendre des risques demande beaucoup de jugement et de discernement de la part des parents. Voici 6 idées pour y arriver.

 

1. Différencier les notions de « risque » et de « danger »

 

Un danger représente « quelque chose que l’enfant ne voit pas », alors qu’un risque est « quelque chose que l’enfant perçoit et qu’il choisit ou non d’affronter ».

 

Si les parents peuvent prévenir les dangers et même souvent les éviter complètement, il est de la responsabilité des petits de prendre (ou non!) des risques.

 

La prise de risque raisonnable permet d’apprendre à évaluer les dangers et ses capacités, à tester ses limites et à faire des choix éclairés. Cela est bénéfique notamment pour découvrir ses ressources personnelles, développer ses compétences, et acquérir sa confiance et son autonomie.

 

Le bon truc : offrir à nos jeunes des espaces sécuritaires pour y jouer en toute liberté.

 

2. Rassurer les parents

Une étude menée dans 12 pays montre que plus de la moitié des parents d’enfants de 0 à 18 ans souhaiteraient voir leurs petits jouer dehors plus souvent, mais qu’ils demeurent inquiets au sujet de leur sécurité (3).

 

Pour Adèle Antoniolli, chargée de projet ESPACES à l’Alliance québécoise du loisir public, il importe de rassurer les parents. « Le sentiment de protection se crée avec du vécu. C’est en s’essayant que l’enfant prendra conscience de ses limites. En grandissant, il acquerra une meilleure perception du danger. »

 

3. Résister à l’envie d’assister

Le plus difficile dans l’idée de permettre à son enfant prendre des risques? Résister! Résister à l’envie d’être ce parent-hélicoptère réfère à un parent qui est toujours au-devant de son enfant pour aseptiser l’environnement et faire les choses à sa place afin qu’il ne lui arrive rien.

 

4. Développer son sens de l’observation

Et alors, si on résiste à l’envie de les aider, on fait quoi, au parc? Un petit tour sur Facebook? Pas si vite! La prise de risque demande discernement et surtout, entraînement, de la part des parents.

 

Il faut demeurer vigilant en observant, de loin ou de proche, selon leur âge, nos jeunes. Par exemple, on peut les laisser grimper sur une roche et les regarder à distance, mais n’intervenir que s’ils réclament notre aide.

 

Cela demande une grande part d’observation, de présence et d’attention. L’adulte ne fait pas les choses à la place de l’enfant, mais :

 

  • il encourage ses initiatives et s’assure que le jeu se déroule dans le plaisir;
  • il observe ses capacités actuelles et anticipe celles qui sont en développement;
  • il lui offre des occasions adaptées à ses capacités et à son rythme;
  • il adapte son attitude et ses comportements en fonction de son stade de développement et de ses besoins.

 

5. Dédramatiser les blessures

C’est inévitable : si vous laissez votre enfant jouer librement et activement avec les risques que cela comporte, vous aurez à gérer des bleus et des égratignures. L’important demeure de dédramatiser ces blessures bénignes.

 

« En prenant lui-même des risques, l’enfant développera son autoprotection, explique Adèle Antoniolli. Oui, il va faire des chutes, mais cela s’inscrira dans sa mémoire. Il apprendra de son expérience. Alors que si on l’empêche d’essayer, on vient de créer une notion de danger dans son esprit. »

 

 

6. Lui offrir des occasions de jeu

En pratiquant le jeu libre et actif, l’enfant est plus à même de développer son initiative et de choisir lui-même de prendre des risques. Il teste ses limites, refait et refait les mêmes mouvements pour développer ses habiletés et améliore son autonomie. Voici quelques verbes-clés pour aider les parents à lâcher prise au moment venu!

 

Grimper

Dans un arbre, dans une structure au parc, sur une roche. « Vers 5 ou 6 ans, les petits vont commencer aussi à s’accrocher. Cela développe la ceinture scapulaire (autour des omoplates) ainsi que des petits muscles des mains et des poignets qui serviront dans l’apprentissage de l’écriture », précise Adèle Antoniolli.

 

Sauter

Dans l’eau à partir d’un quai ou du bord de la piscine, à partir d’une structure gonflable, d’une roche, d’une structure au parc, d’un banc de parc.

 

Rouler

À vélo, sur une planche à roulettes, en trottinette.

 

Sortir

Il est plus facile de jouer dehors, on y dépense plus d’énergie et les jeunes y font de plus grands mouvements. De plus, cela diversifie le matériel auquel on a accès.

 

Essayer

Essayer de nouveaux sports en famille : ski de fond, raquette, planche à pagaie (paddle board), kayak… C’est en vous voyant prendre des risques que vos enfants auront envie de le faire aussi.

 

Le cas de la glissoire
Tous les parents qui sont déjà allés au parc ont été confrontés au dilemme de la glissoire : doit-on laisser les enfants la remonter à pied en sens inverse? « Les parcs sont faits de façon à ce que rien n’y soit interdit, assure Adèle Antoniolli. On voit les jeunes remonter la glissoire, les plus vieux monter sur les toits. Le sol est amortissant et les structures sont conçues pour prévoir qu’on en détournera l’utilisation première. Après, c’est une question de savoir-être : si 50 enfants s’amusent à glisser, ce n’est peut-être pas le moment de remonter en sens inverse! »

 

Article réalisé en partenariat avec la Table sur le mode de vie physiquement actif (TMVPA)

 

Sources :

  • Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, TMVPA, 2017, À nous de jouer, Jeu actif et jeu libre pour le développement de l’enfant, p.17
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Rôle du parent

Trop de télévision à l’âge de 2 ans nuirait à la santé à l’adolescence

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Les parents de tout-petits le savent : un épisode de la Pat’Patrouille par-ci, par-là peut grandement contribuer à la qualité de vie familiale. Le temps de préparer le souper, disons… Mais qu’arrive-t-il si notre enfant regarde excessivement la télévision?

Trop de télévision à l’âge de 2 ans nuirait à la santé à l’adolescence

La Société canadienne de pédiatrie recommande que les tout-petits de 2 à 4 ans ne passent pas plus d’une heure par jour devant un écran. La consommation excessive de la télévision à 2 ans peut causer des méfaits chez les enfants.

 

Des chercheuses de l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal ont voulu vérifier si les enfants de 2 ans qui regardent beaucoup la télévision sont plus à risques d’adopter de mauvaises habitudes de vie à l’âge de 13 ans.

 

 

Les résultats de cette recherche indiquent que chaque heure de visionnement dépassant la limite recommandée par les pédiatres est associée ces conséquences négatives :

 

  • Une hausse de 8,2 % du risque de consommer des aliments malsains (frites, desserts, collations sucrées et salées, boissons gazeuses et énergisantes, plats préparés, etc.);
  • Une augmentation de 13,3 % de l’indice de masse corporelle (IMC), un outil évaluant le degré général d’obésité;
  • Une baisse de 10 % de la prise de petit-déjeuner les jours d’école;
  • Une baisse de 4,7 % de l’engagement scolaire, ce qui se traduit par moins d’efforts fournis en secondaire 1.

 

Écrans : quelles sont les recommandations?

La Société canadienne de pédiatrie recommande que les tout-petits de 2 à 4 ans ne passent pas plus d’une heure par jour devant un écran.

 

Pour les enfants de plus de 4 ans, la limite de temps est fixée à 2 heures par jour.

 

 

Des impacts à long terme

Selon les auteurs de l’étude, ces conséquences négatives s’expliqueraient par le fait que regarder la télévision est un divertissement sédentaire qui ne requiert pas d’effort physique ou mental soutenu.

Les enfants qui regardent trop la télévision en bas âge auraient tendance à privilégier les activités divertissantes sans effort physique et seraient peu enclins, plus tard dans leur vie, à s’investir dans des activités non ludiques comme l’école. Les chercheuses soulignent que les habitudes de vie se prennent dès la petite enfance et semblent persister toute la vie.

 

À propos de cette étude

Les chercheuses ont examiné une cohorte de près de 2000 garçons et filles nés au Québec entre le printemps 1997 et le printemps 1998.

 

Les enfants ont été suivis dès l’âge de cinq mois dans le cadre de l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec. Quand ils ont eu 2 ans, elles ont demandé à leurs parents de dire combien de temps chaque jour leurs enfants regardaient la télévision. Puis, quand ils ont eu 13 ans, elles ont recueilli auprès des jeunes eux-mêmes de l’information sur leurs habitudes alimentaires et leurs comportements à l’école.

 

 

RÉFÉRENCES

 


Le sujet vous intéresse? Consultez notre dossier Temps-Écran.

 

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