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Entrevue avec Christiane Despatie : la fierté du parent d’athlète

Quand on est parents d’un enfant très doué, on réagit souvent comme le fait Michel, dans ce 5e épisode de Papa d’estrades. Christiane Despatie, maman d’Alexandre, raconte comment ils ont géré. 

Entrevue avec Christiane Despatie : la fierté du parent d’athlète

Être parent d’athlète, ça s’apprend

Christiane Despatie a vécu de très grands moments de fierté au cours de la brillante carrière de son plongeur de fils, Alexandre. Selon elle, être un parent d’athlète, ça s’apprend. « Il faut y aller un chapitre à la fois, une étape après l’autre. Il faut être très observateur, il faut les écouter, et tenter de gérer tous les compartiments de la vie individuellement. » Et il faut laisser la place à l’équipe de professionnels – coach, nutritionnistes  qui entoure l’enfant athlète et lui faire confiance. « Pour être un bon parent d’athlète, il faut avoir une bonne complicité avec l’entraîneur. Il faut le rencontrer, lui parler et avoir une bonne communication avec lui ou elle. »

 

Dans les gradins comme dans la vie : doser les félicitations

 «Je n’ai qu’un mot pour ça, la discrétion, s’exclame Christiane. Il faut avoir un profil bas, il y a même des moments où on doit s’effacer et s’isoler, ça va jusque-là», dit Christiane Despatie, qui a passé une grande partie de sa vie de famille dans des gradins. Il ne faut pas trop en mettre, même à son enfant, qui réussit bien, pour éviter qu’il s’assoit sur ses victoires et qu’il cesse de déployer des efforts pour les compétitions à venir. « Il faut doser les félicitations. Ce n’est pas parce qu’il gagne une semaine, qu’il va gagner l’autre semaine. Les enfants ont souvent tendance à penser que parce qu’ils ont gagné une journée, ils sont bons, qu’eux-autres, ils l’ont! C’est sûr qu’il faut leur dire qu’on est fiers d’eux, mais il faut aussi leur montrer que c’est parce qu’ils ont travaillé très fort et qu’ils se sont entraînés adéquatement qu’ils ont atteint leur objectif et qu’il y en a toujours un autre à atteindre. »

 

Séparer la vie et le sport

La famille est une valeur importante pour les Despatie. « Il faut vraiment séparer le sport et la vie de famille. Nous, ce qu’on a décidé de faire avec Alexandre, c’est de lui inculquer des valeurs que nous avons dans notre famille, pour qu’il devienne meilleur. Parce que pour en faire de bons athlètes qui sont travaillant, qui s’entraînent avec sérieux et qui ont leurs objectifs à cœur, il faut que ce soit de bons êtres humains avant tout, et après ça, et ensuite ils peuvent devenir de bons athlètes. Pour des conseils sur son entraînement, il a une équipe de professionnels qui l’entoure. Ils sont là pour ça et il faut leur faire confiance. »

 

Encourager les autres enfants

Comment fait-on lorsqu’un de nos enfants performe vraiment mieux que les autres, pour exprimer notre fierté tout en préservant l’estime des frères et soeurs? « Notre vie était entièrement organisée autour d’Alexandre, explique la mère de l’enfant prodige. À un moment donné, il y a eu comme une crise familiale autour d’Anouk, l’aînée d’Alexandre. Elle nous a posé la question qui tue : « pourquoi vous ne m’avez pas faite aussi bonne que lui? » J’ai répondu qu’on était extrêmement chanceux de l’avoir elle, parce qu’elle au moins était normale, et que c’était lui qui n’était pas normal.»

 

Lorsqu’on a un enfant exceptionnellement bon, qui devient en plus très populaire, il faut aussi mettre les choses en perspective. « La meilleure chose à faire est de les rendre conscients qu’ils sont différents et leur faire comprendre que chacun possède ses forces et ses talents. Alexandre était fort dans le sport, mais Anouk était forte en d’autre chose. On lui a dit  » tu ne peux pas exceller dans le plongeon, parce qu’il est meilleur que toi en plongeon, par contre, dans une autre sphère, t’es meilleure que lui alors travaille tes forces et prends ta place, prends la place que tu dois avoir « . »

 

Et avoir de l’humour!

« L’humour a toujours été très important pour nous. Il ne fallait pas se prendre au sérieux, en fait. C’est sans doute pour ça que Alexandre est aujourd’hui une personne si terre à terre et facile. Tu as beau être bon, mais il y a autre chose dans la vie qu’être bon, il y a des valeurs qu’il faut respecter quand même. »

 

Christiane Despatie, en collaboration avec l’entraîneuse Séverine Tamborero,  partage son expérience de mère d’athlète et donne ses trucs dans un ouvrage paru en 2012, aux Éditions de l’Homme: La performance, à quel prix? Encouragez votre enfant à se dépasser… sans pression. Offert dans toutes les bonnes libraines, il s’agit d’une mine de conseils pour les parents qui accompagnent leurs enfants dans leurs activités sportives, quel qu’en soit le niveau.

 

 

 

À propos de Papa d’estrades

Michel se définit comme un père moderne. Homme au foyer, il accompagne avec passion chacun de ses cinq enfants dans la pratique de leur sport préféré. Du hockey à la psychomotricité pour bébé, en passant par la lutte, le golf et la nage synchronisée, Michel ne ménage pas ses encouragements. Car pour lui, l’important, c’est de gagner.

 

La websérie est disponible sur le site web de TV5. À chaque épisode, on y retrouve une personnalité sportive québécoise.


Pour connaître d’autres trucs pour être un bon parent d’athlète, consultez notre dossier sur le sujet .

 

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Active families : un programme pour inciter les enfants à jouer dehors

La prévalence de l’obésité infantile est en augmentation aux États-Unis, particulièrement chez les enfants de familles à faibles revenus. Active families est l'un d'eux.

Active families : un programme  pour inciter les enfants à jouer dehors

On sait qu’au moins 50 % des enfants ne suivent pas les recommandations quotidiennes concernant le niveau minimal d’activité physique et le nombre d’heures maximal à regarder la télé. On sait également que le niveau d’activité physique des enfants qui jouent dehors est plus élevé que celui des autres enfants. Aussi ce programme visait-il à augmenter la  pratique de jeux actifs extérieurs et à diminuer le temps passé devant le petit écran.

 

Entre août 2007 et août 2008, 422 familles de l’état de New York ont participé au programme  Active families pour tenter de circonscrire la tendance à la hausse de l’obésité infantile. Plusieurs variables ont été mesurées : facteurs démographiques, temps passé devant la télé (enfants et parents), temps consacré à jouer dehors, comportements et niveau d’activité physique des parents. Chaque famille a reçu, au début du programme, un guide des ressources locales en activités physiques.

 

Résultats après un an :

  •  les parents et les enfants passaient moins de temps devant la télé;
  •  les parents avaient davantage confiance en leur capacité à limiter le temps que leur enfant passait devant la télévision et à augmenter la durée des jeux actifs extérieurs;
  •  une plus grande proportion d’enfants jouait dehors au moins 60 minutes par jour. 

 

* Il est important de souligner qu’il s’agit de données autorapportées, ce qui peut induire un biais.

 

Quoi qu’il en soit, la recherche indique qu’il est possible, grâce à un simple guide, d’augmenter le niveau d’activité physique des enfants et de réduire le temps qu’ils passent devant la télé.

 

Par Joanie Caron, Véronique Ouellet St-Denis, Karima Djellouli et Guy Thibault | Kino-Québec 

 

 

 

 


Source : Davison KK et coll. (2011) Feasibility of increasing childhood outdoor play and decreasing television viewing through a family-based intervention in WIC, New York State, 2007-2008. Preventing chronic disease; Public health research, practice, and policy 8(3):1-8.

 

Mots-clefs : jeux actifs, télévision, activité physique recommandée, enfants, parents

 

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