Santé psychologique

Entrevue Martine Dugrenier: la pression de la réussite sportive

Dans le cadre du lancement de la websérie humoristique Papa d’estrades, on parle de participation avec la lutteuse Martine Dugrenier, qui fait une apparition dans le quatrième épisode. 

Entrevue Martine Dugrenier: la pression de la réussite sportive

Dans ce quatrième épisode de Papa d’estrades, la fille de Michel lui avoue qu’elle a peur de sa colère si elle ne gagne pas son tournoi de lutte olympique. WIXXMAG en profite pour aborder le sujet de la pression de la réussite avec la lutteuse Martine Dugrenier, qui fait une apparition dans cet épisode.

 

« Cet épisode démontre bien la réalité de certains enfants sportifs. Mes parents ne m’ont jamais fait vivre cette pression durant ma jeunesse. Ils m’encourageaient et étaient fiers de moi », raconte la triple championne du monde en lutte libre dans la catégorie des 67 kg.

 

Celle qui est aujourd’hui entraîneuse se désole de voir certains parents d’athlètes mettre de la pression sur leurs enfants. « Ça peut faire en sorte que l’enfant n’aime plus le sport. Il ressent le stress de performer pour lui-même, mais aussi pour ses parents. Pratiquer un sport de haut niveau est tellement exigeant que si l’enfant ne le fait pas d’abord pour lui-même, ça risque de ne pas fonctionner ».

 

L’échec : un tremplin vers la réussite

Si elle peut être perçue comme étant négative, la défaite fait partie intégrante du processus d’apprentissage de l’athlète. « Lorsqu’on voit les athlètes gagner des médailles d’or, il faut penser que leur parcours a probablement compté des défaites », soulève Martine Dugrenier.

 

Dans son rôle d’entraîneuse, elle doit parfois expliquer aux parents qu’il est normal que leur progéniture ne soit pas parfaite. « Je leur donne des exemples de mon parcours. J’ai parfois perdu et ça m’a permis de revenir plus forte et meilleure », souligne-t-elle, en rappelant au passage que ce n’est pas au parent de mettre de la pression, mais à l’entraîneur d’établir ses attentes envers le jeune athlète.

 

Lorsqu’elle doit composer avec des parents qui acceptent mal défaite de leur enfant, il arrive qu’elle leur demande de ne plus assister aux entraînements ou aux compétitions. « Ça les fait réfléchir. Ils disent parfois des choses à leur enfant sur le coup de l’émotion. S’ils ne voient pas les erreurs de leur enfant, ils ne peuvent pas mettre de la pression. »

 

Des outils pour gérer la pression

Il existe des outils pouvant aider les jeunes (et les moins jeunes!) à mieux gérer la pression de la réussite. Martine Dugrenier nous donne ses trucs.

 

  • Canaliser ses énergies sur ses forces

Il faut bloquer les pensées négatives afin de ne pas se sentir diminué. Au lieu de penser aux éléments stressants ou aux forces de l’adversaire, il faut penser à ses propres forces.

  •  Avoir recours à un psychologue sportif

Allié précieux, le psychologue sportif permet d’optimiser et de mettre en pratique les façons de gérer tous les aspects d’une compétition.

 

Martine Dugrenier rappelle qu’au-delà du résultat final, c’est la qualité de la performance qui compte. « Et surtout, l’enfant doit s’amuser! »

 

Suivez ce lien pour visionner la websérie Papa d’estrades!

 
À PROPOS DE PAPA D’ESTRADES

Michel se définit comme un père moderne. Homme au foyer, il accompagne avec passion chacun de ses cinq enfants dans la pratique de leur sport préféré. Du hockey à la psychomotricité pour bébé, en passant par la lutte, le golf et la nage synchronisée, Michel ne ménage pas ses encouragements. Car pour lui, l’important, c’est de gagner.

 

La websérie est disponible sur le site web de TV5. À chaque épisode, on y retrouve une personnalité sportive québécoise.


Pour connaître d’autres trucs pour être un bon parent d’athlète, consultez notre dossier sur le sujet .

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Santé psychologique

Poids idéal chez les enfants: une question de perception

La minceur observée chez certains enfants n’est pas toujours un gage de santé et de bien-être. 

Poids idéal chez les enfants: une question de perception

En effet, les enfants trop maigres sont sujets à développer divers problèmes de santé, dont un retard de croissance ainsi qu’une faible masse musculaire et osseuse augmentant les risques d’ostéoporose et de fracture. De plus, ils sont souvent victimes de stigmatisation sociale et d’intimidation.

 

À ce jour, on connait peu la perception que les enfants maigres ont de leur image et leurs comportements en matière d’activités physiques. L’objectif de cette étude était d’évaluer le poids perçu et désiré, les habitudes alimentaires et l’activité physique des jeunes.

 

L’étude a été menée auprès de 8550 enfants (6 à 12 ans) et adolescents (13 à 18 ans) australiens issus de différents milieux socio-économiques.

 

Résultats

Perception de l’image et activité physique:

  • Plus de la moitié (57,4 %) des jeunes dits « maigres » se considèrent de poids normal; parmi ceux-ci, près de 70 % sont des filles.
  • Les jeunes maigres rapportent se sentir moins concernés par le besoin d’augmenter leur niveau d’activité physique ou par le besoin d’être en forme.
  • Les enfants maigres ne sont pas nécessairement plus actifs; au contraire, ils ont tendance à être moins actifs que les jeunes de poids normal.

 

Comportements alimentaires:

  • Environ le tiers des sujets maigres ont affirmé qu’ils essayaient de gagner du poids, alors que 24,6 % des enfants et adolescents de poids normal ont dit qu’ils suivaient une diète pour perdre du poids.
  • Moins de 10 % (9,3 %) des jeunes maigres désiraient être plus maigres et suivaient un régime amaigrissant.
  • La proportion des jeunes qui déjeunent diminuait sensiblement lors du passage du primaire au secondaire, passant de 90,7 % à 78,0 %. Cette proportion est de 68,5 % chez les jeunes obèses, au secondaire.
  • La qualité nutritionnelle du déjeuner était supérieure chez les jeunes de faible poids.

 

Il ressort de cette étude que la perception des jeunes quant au poids idéal diffère de la définition d’un poids santé, établi selon les normes d’IMC. Ainsi, plusieurs jeunes tentent inutilement de perdre du poids. Rappelons que tous les jeunes, sans égard à leur poids, devraient être encouragés à pratiquer régulièrement des activités physiques et sportives, puisque les effets bénéfiques ne se limitent pas à la santé physique, mais englobent aussi la santé psychologique et mentale ainsi que le développement des qualités sociales et des habiletés motrices.

 

Par Joanie Caron, Véronique Ouellet St-Denis, Karima Djellouli et Guy Thibault, Kino-Québec

 

Sources :

 

O’Dea JA et coll. (2011) Perceived and desired weight, weight related eating and exercising behaviours, and advice received from parents among thin, overweight, obese or normal weight Australian children and adolescents. International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity 8(68):1-8.

 

Oppert JM, Charreire H, Simon C (2010) Physical activity and health: Put again the children of today in motion. Revue d’Épidémiologie et de Santé Publique 58:235-36.

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