Santé physique

Mode de vie actif: l’impact de l’environnement bâti

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Mode de vie actif: l’impact de l’environnement bâti

Incidences des aménagements urbains

Certains quartiers favorisent l’activité physique, d’autres, la sédentarité. Mais, avant d’adopter des plans d’urbanisme « santé », il faudra faire des choix de société.

La manière dont sont conçus nos quartiers a un impact sur notre santé et celle de nos enfants dans la mesure où ils favorisent la marche, l’utilisation du vélo ou toute forme de loisirs actifs. Les jeunes sont particulièrement touchés parce qu’ils sont à l’âge où ils adoptent des habitudes qu’ils garderont toute leur vie. 

 

Impact de l’environnement bâti

Les experts appellent environnement bâti l’ensemble des infrastructures urbaines qui influent sur notre mode de vie, par exemple :

  • des installations ou des techniques pour réduire la circulation (dos d’âne, chicanes, limites de vitesse, etc.);
  • la présence et l’emplacement de trottoirs, la largeur des rues;
  • l’accès aux transports collectifs ou encore la présence de brigadiers scolaires.

 

Les plans d’urbanisme qui favorisent le développement de quartiers multifonctionnels sont à privilégier. Il s’agit de ceux où l’on retrouve côte à côte des habitations, des commerces et des lieux de divertissement. Ils sont bons pour la santé, car ils facilitent les déplacements à pied ou en vélo. On parle aussi de « mixité » de fonctions ou d’usages. Pensons, par exemple, au Vieux-Québec où les logements jouxtent cafés, restaurants, boutiques, commerces ainsi que places publiques et parcs urbains. Se déplacer d’un endroit à un autre y est facile et ne nécessite pas l’usage de la voiture. On devient automatiquement plus actif. Raison de plus de s’intéresser aux plans de développement de nos quartiers, d’assister aux conseils d’arrondissement, ou de soutenir les projets de développement qui intègrent cette mixité.

 

Solutions concrètes pour une ville en santé

L’organisme américain Walkable Communities résume, en douze points, les conditions gagnantes qui définissent un quartier favorisant la marche. Selon l’organisme, une ville en santé est une ville qui comprend notamment :

  • des espaces publics à environ 200 mètres de chaque logement;
  • un centre-ville avec accès aisés aux services courants (poste, bibliothèque, services sociaux, etc.);
  • un plan où les rues sont liées les unes aux autres pour faciliter les déplacements à pied.

Kino-Québec s’est aussi penché sur cette problématique et souligne également l’importance de concevoir des milieux de vie bien pensés pour stimuler l’envie de bouger. Pour Kino-Québec, proximité et accessibilité sont les mots d’ordre si l’on souhaite amener les jeunes à marcher et à s’activer davantage.

 

Dictature de l’automobile

Ces recommandations peuvent, bien entendu, s’appliquer au Québec comme aux États-Unis. Malheureusement, d’un côté comme de l’autre de la frontière, nos villes se sont développées sur des modèles répondant d’abord aux besoins des automobilistes. Pensons aux lieux de travail séparés des activités récréatives, ou aux nombreuses destinations qui ne sont pas accessibles à pied comme les centres commerciaux.

 

Dans Pour une ville qui marche (2008), l’auteure et épidémiologiste Marie Demers démontre à quel point le modèle de nos villes axées sur l’automobile est lourd de conséquences en matière de santé publique. Elle fait référence à plusieurs études, y compris celle de l’agence gouvernementale américaine Centers for Disease Control and Prevention (CDC) qui démontre que l’aménagement des quartiers nord-américains « est l’une des causes de l’inactivité physique et de l’épidémie d’obésité ». Elle nous initie aussi au concept d’environnements obésogènes « pour désigner les milieux qui favorisent l’obésité »[1]. Même la très conservatrice American Medical Association (AMA) avalise la conclusion du CDC. Pour résorber le « fléau », il devient impératif, selon l’AMA, « d’encourager les gens à marcher ou à faire du vélo »[2] en créant des espaces de vie conséquents.

 

La littérature scientifique portant sur l’aménagement des villes et la sédentarité abonde. Paul Lewis, vice-doyen à la recherche de la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal, nous met toutefois en garde : pour expliquer l’augmentation fulgurante des cas d’obésité, il faut considérer plusieurs facteurs qui ne se limitent pas à l’aménagement urbain. Lewis s’intéresse à nos choix de société. Chaque cours de piano ou de soccer signifie souvent du temps passé à voyager en auto. Le jeu libre, non encadré et non planifié permet à l’enfant de tester ses propres limites et, ultimement, d’apprendre à bouger. « Que voulons-nous léguer à nos enfants? Des habiletés musicales ou sportives, ou l’autonomie et la santé? ».

 

Si l’urbanisme bien pensé ne règle pas tous les problèmes, il participe certainement au mieux-être de nos jeunes et de la collectivité. Des projets de nouveaux quartiers conçus pour faire bouger les citoyens se développent à petite, comme à grande échelle. La communauté métropolitaine de Montréal s’est d’ailleurs donné un défi pour le moins ambitieux : aménager son territoire pour favoriser, autant que faire se peut, les déplacements actifs. Montréal a dans sa mire la création et la multiplication de quartiers densément peuplés autour de stations de transport collectif d’importance, comme une station de métro, un terminus de bus ou de tramway. On parle de TOD pour Transit Oriented Development. En attendant de voir se multiplier ces développements axés sur les pôles de transport, il faut reconnaître certaines initiatives inspirantes. Elles vont des toutes petites ruelles vertes aux pistes cyclables de dizaines de kilomètres.

 

À Montréal, l’arrondissement du Sud-Ouest construit « Le woonerf du collecteur Saint?Pierre ». Cet aménagement d’une ancienne ruelle en « semi-parc » de 555 mètres permettra aux résidents de se délier les jambes dans un environnement agréable. En hollandais, « woonerf » signifie « rue conviviale », et c’est précisément ce que des experts comme Marie Demers ou Paul Lewis préconisent : la convivialité. Ce « woonerf » privilégiera les loisirs et facilitera l’atteinte du seuil quotidien minimal recommandé pour se maintenir en forme : 30 minutes d’activité physique d’intensité modérée. Encore faudra-t-il prendre le temps d’en profiter.

 

Vous pouvez aussi vous référer à cet article :

http://www.quebecenforme.org/media/103595/07_faits_saillants_de_la_recherche.pdf.


[1] Demers, M., (2008), Pour une ville qui marche. Aménagement urbain et santé. Éditions Écosociété, p. 29.

[2] Idem.

 

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Santé physique

Comment intégrer le transport actif à la routine familiale?

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La rentrée scolaire est passée, c’est le temps d’instaurer les bonnes habitudes pour l’année. De quelle façon vos enfants se rendront-ils à l’école? En choisissant le transport actif comme moyen de déplacement, vous ajouterez un peu d’exercice à votre quotidien en plus de passer du temps de qualité avec vos jeunes.

Comment intégrer le transport actif à la routine familiale?

Pendant l’été, vos enfants ont une foule d’occasions de bouger. Lorsque l’école recommence, la routine reprend son cours et ils ont moins de temps libres pour le faire. Le transport actif est une solution simple pour les stimuler chaque jour. En plus, celui-ci a des effets bénéfiques à plusieurs niveaux.

Psychosocial

Les déplacements actifs stimulent l’interaction entre les jeunes, permettent de tisser des liens et favorisent aussi l’autonomie. Si les jeunes tentent l’expérience, ils seront une source d’inspiration pour les gens de leur quartier.

Intellectuel

Les déplacements actifs augmentent la concentration et le niveau d’éveil, améliorent l’humeur, augmentent l’oxygénation du cerveau, etc. Et tous ces éléments favorisent la réussite scolaire!

Physiologique et psychologique

Une simple marche de 20 minutes permet de réduire la fréquence cardiaque, la pression artérielle et le stress. De plus, les jeunes qui utilisent un mode de transport actif ont tendance à être physiquement plus actifs en soirée, et ont une meilleure aptitude cardiorespiratoire.

Écologique (et économique!)

En plus, le transport actif est écologique, puisqu’il contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les avantages sont donc autant sur le plan personnel qu’environnemental.

 

 

5 façons d’intégrer le transport actif à votre routine familiale

  • Intégrez le transport actif dans vos déplacements quotidiens

Dépanneur, épicerie, pharmacie… Lorsque la distance est raisonnable (environ 2 km), choisissez systématiquement un mode de transport actif.

  • Variez vos modes de transport

Pour les déplacements très courts, optez pour la marche. Pour les distances plus longues, le vélo, la planche à roulettes ou les patins à roulettes peuvent être plus efficaces. La clé pour garder vos enfants motivés, c’est varier! 

  • Combinez-le à d’autres moyens de transport

Pour les distances plus grandes, n’hésitez pas à combiner le transport actif à d’autres moyens de transport comme l’autobus, le métro, etc.

  • Équipez-vous adéquatement, mais simplement

Vélo en bon état, casque et cadenas. Pour la marche, portez des vêtements et des chaussures confortables, adaptés aux conditions météorologiques.

  • Inscrivez votre enfant à un Trottibus

Si l’école de votre enfant organise un Trottibus, sautez-y à pieds joints, pour permettre à vos enfants de se rendre de la maison à l’école à pied, de façon sécuritaire et encadrée. Pas de Trottibus? Proposez votre école!

 

Pour plus d’infos sur le transport actif, vous pouvez consulter notre dossier sur le sujet.

 

Références

  • Martinez-Gomez D, Ruis JR, Gomez-Martinez S, Chillon P, Rey-Lopez JP, Diaz LE, Castillo R, Veiga OL, Marcos A; AVENA Study Group (2011). Active commuting to school and cognitive performance in adolescents: the AVENA study. Arch Pediatr Adolesc Med 165(4):300-5.
  • Cooper AR, Jago R, Southward EF, Page AS (2012). Active travel and physical activity across the school transition: The PEACH Project. Med Sci Sports Exerc 44(10):1890-7.
  • Directeur de la santé publique de Montréal : Favoriser le transport actif. 
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