Rôle du parent

Sois futé, écran fermé!

Article -

La Fondation des maladies du cœur propose un programme scolaire clés en main pour sensibiliser les élèves du primaire au temps passé devant un écran.

Sois futé, écran fermé!

Les enfants qui passent plus de deux heures par jour devant un écran sont deux fois plus à risque d’avoir un surplus de poids ou de souffrir d’obésité.

 

Temps d’écran et taux d’obésité en hausse

Les enfants passent de plus en plus de temps assis, que ce soit en classe, dans l’autobus scolaire ou en voiture. Mais surtout, ils passent de plus en plus de temps assis devant un ordinateur, une console de jeux vidéo ou la télévision. Sept heures par jour, en moyenne! Or, les enfants qui passent plus de deux heures par jour devant un écran sont deux fois plus à risque d’avoir un surplus de poids ou de souffrir d’obésité que ceux qui s’en tiennent à une heure ou moins par jour. « En raison du taux grandissant d’obésité chez les enfants, il est très important d’agir dès le jeune âge », tient à souligner Emmanuelle Dumoulin, nutritionniste et chargée de projet en prévention et promotion de la santé à la Fondation des maladies du cœur. Actuellement, plus d’un jeune Québécois sur cinq a un surplus de poids.

 

 

« On veut les faire décrocher des écrans, précise Emmanuelle Dumoulin, mais aussi leur faire redécouvrir les multiples activités récréatives qu’on peut faire au quotidien. »

 

Un programme futé pour les écoles du primaire

Le programme Sois futé, écran fermé! veut encourager les jeunes, ainsi que leur famille, à réduire le temps passé devant un écran en les invitant à « troquer trente ». Il s’agit essentiellement de remplacer 30 minutes devant un écran par 30 minutes d’une autre activité récréative. Le programme clés en main se déroule sur dix jours et propose des activités adaptées à chaque année du primaire, de la maternelle à la 6e année. Chaque classe reçoit un manuel qui contient des outils destinés aux élèves afin de les accompagner au jour le jour et de les aider à réussir le défi « troquer trente ». Les enseignants peuvent ainsi animer facilement les activités. « On veut les faire décrocher des écrans, précise Emmanuelle Dumoulin, mais aussi leur faire redécouvrir les multiples activités récréatives qu’on peut faire au quotidien. »

 

Une heure maximum par jour devant un écran

Pour favoriser la santé des enfants, on doit minimiser le temps qu’ils passent chaque jour à des activités sédentaires, tant à l’école qu’à la maison. Aussi la Fondation des maladies du cœur, en accord avec de nombreux experts, recommande de limiter à une heure par jour le temps de loisir passé devant un écran. En plus de contribuer à maintenir un poids santé et la forme physique des enfants, la réduction du temps d’écran procure de nombreux effets bénéfiques, dont l’amélioration des résultats scolaires et une meilleure socialisation. Tant les parents que les éducateurs devraient donc saisir toutes les occasions qui se présentent pour faire bouger les enfants. Tout en encourageant ces derniers à choisir des activités récréatives saines, la réalisation des activités du programme Sois futé, écran fermé! vise à limiter le temps d’écran à une heure ou moins par jour.

 

Un programme éprouvé

Ce programme a été élaboré par la Société de pédiatrie de la Colombie-Britannique. Évalué par des chercheurs de l’Université de Victoria, il a démontré son efficacité pour sensibiliser les jeunes à l’importance de bouger davantage. La Fondation des maladies du cœur a collaboré avec un comité d’experts afin de s’assurer que les activités proposées s’intègrent bien au système scolaire québécois et s’arriment avec le Programme de formation de l’école québécoise ainsi qu’avec l’approche École en santé. L’adaptation et l’implantation du programme au Québec ont été rendues possibles grâce au projet COALITION (Connaissances et action liées pour une meilleure prévention), une initiative du Partenariat canadien contre le cancer et de l’Agence de la santé publique du Canada. Le matériel est offert en français et en anglais dans les écoles primaires du Québec, ainsi que dans les communautés autochtones.

 

Pour plus d’informations, communiquez avec Emmanuelle Dumoulin, chargée de projet en prévention et promotion de la santé à la Fondation des maladies du cœur, au 1 800 567-8563, poste 262

Infolettre
Pour recevoir par courriel nos plus récents articles.
Abonnez-vous
Infolettre
Rôle du parent

Pourquoi les écrans attirent-ils autant les jeunes?

Article -

Depuis des années, la sociologue Monique Caron-Bouchard étudie les médias de masse. Titulaire d’un doctorat en éducation, elle nous livre les fruits de sa réflexion concernant l’attrait qu’exercent les écrans (télévision, ordinateur, tablettes électroniques, jeux vidéo, téléphones intelligents, etc.) sur les jeunes de 9 à 13 ans.

Pourquoi les écrans attirent-ils autant les jeunes?

Êtes-vous préoccupée par la sédentarité des jeunes?

Quand un jeune s’adonne à un jeu vidéo, il n’a pas l’impression d’être inactif. Selon lui, il bouge autant que le personnage sur l’écran! En réalité, passer beaucoup de temps devant les écrans peut entraîner une détérioration de la condition physique. Si ces technologies sont si populaires auprès des jeunes, c’est parce qu’elles répondent à des besoins. Ceux-ci peuvent varier selon l’âge et le sexe.

 

De quels besoins s’agit-il?

Les jeunes s’approprient de nouveaux pouvoirs, notamment ceux d’expérimenter et d’être connecté aux autres. Quand ils jouent à l’écran, ils sont maîtres à bord et ils éprouvent un sentiment de liberté, de contrôle. De plus, ils peuvent se servir de Facebook et de YouTube comme vitrine pour se faire voir et être appréciés des autres. C’est important pour les jeunes, notamment les préadolescents, puisqu’ils sont en pleine recherche identitaire et qu’ils se préparent à se distancier de leurs parents. Par ailleurs, plusieurs jeux aident les jeunes à mieux se connaître, à identifier leurs forces et leurs faiblesses en se mesurant à eux-mêmes sans crainte d’être jugés.

 

Peut-on satisfaire ces besoins autrement?

Bien sûr! Par exemple, le sport peut combler plusieurs besoins, dont ceux d’être reconnu, d’être connecté à un groupe et de se mesurer à soi-même et aux autres. Pour inciter les jeunes de 9 à 13 ans à bouger, mieux vaut miser sur la notion de plaisir et se rappeler que la famille et les amis sont très importants pour eux.

 

Les médias peuvent-ils promouvoir l’activité physique?

Tout à fait! Pour rejoindre les jeunes, il faut aller là où ils se trouvent : à l’école, sur les sites Internet, les jeux vidéo, les émissions de télévision, etc. Il faut arrimer les activités à ce que les jeunes aiment faire. Comme ils s’attachent aux personnages de téléromans et de jeux vidéo, ce qu’on présente à l’écran peut influencer leur comportement. Par exemple, l’émission Tactik, qui présente les aventures de joueurs de soccer, a pu donner envie à certains jeunes de pratiquer ce sport.

 

Comment entrevoyez-vous l’avenir?

Les médias vont devenir de plus en plus interactifs, polysensoriels (ex. : écrans tactiles) et réalistes (ex.: 3-D). Je suis persuadée qu’on réussira à intégrer intelligemment ces technologies dans nos vies. Chose certaine, les chercheurs œuvrant dans le domaine des médias ont encore beaucoup de pain sur la planche!

 


Ressource :

Centre de recherche sur la communication et la santé

Infolettre
Pour recevoir par courriel nos plus récents articles.
Abonnez-vous
Infolettre