Rôle du parent

Le sport peut-il nuire aux études?

Article -

Le sport nuit-il aux études? Pas du tout… Bien au contraire, soutiennent des chercheurs et des professeurs, preuves à l’appui. Les élèves inscrits aux programmes sport-études ont un taux de décrochage scolaire plus bas que les élèves inscrits au programme régulier.

Le sport peut-il nuire aux études?

Quand le sport s’harmonise aux études, les élèves réussissent sur tous les plans!

Selon la Direction du sport et de l’activité physique du MELS (ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport), il existe en 2012 plus de 300 programmes sport-études répartis dans 49 établissements scolaires. Seuls les programmes approuvés par le Ministère peuvent porter le nom sport-études. De plus, ils visent uniquement les élèves-athlètes d’élite du niveau secondaire, dont le talent a été reconnu par une fédération sportive. Il est clairement établi que les programmes sport-études doivent aider les élèves-athlètes à concilier leurs objectifs scolaires et sportifs, en accordant la priorité à la réussite scolaire.

 

« Au départ, la demande est venue des parents dont les enfants s’entraînaient en patinage, natation et gymnastique les soirs et fins de semaine. L’horaire étant trop chargé, ils ont suggéré que leurs jeunes puissent pratiquer leur discipline durant les jours de semaine », explique Luce Mongrain, directrice adjointe des programmes sport-études (volet sportif) à l’Académie les Estacades de Trois-Rivières. À son école, 26 disciplines sont offertes et le programme sport-études existe depuis 23 ans. À l’école secondaire De Mortagne de Boucherville, pionnière en la matière, le programme sport-études a débuté deux ans plus tôt.

 

Pour être admis à un tel programme, les élèves doivent obligatoirement être bons à l’école et avoir été recommandés par la fédération sportive de la discipline qu’ils pratiquent. À l’Académie les Estacades, les critères d’admissibilité vont dans ce sens : « Pour accéder à un de ces programmes, l’élève doit avoir obtenu 75 % dans les matières de base, c’est-à-dire mathématiques, français et anglais, et n’avoir aucun échec dans les autres matières. »

 

Motivation et passion = réussite scolaire

Les élèves qui s’inscrivent à un programme sport-études ont un « profil de jeunes passionnés » selon Mme Mongrain. Ils font partie de groupes homogènes de sportifs, où ils créent des liens avec leurs compagnons, développent un sentiment d’appartenance, de compétence et une bonne estime de soi. Ils savent que, pour vivre leur passion, ils doivent toujours travailler fort à l’école sinon, ils risquent d’être exclus du programme.

 

« Très motivés sur le plan sportif, la plupart le sont aussi sur le plan scolaire, poursuit Mme Mongrain. C’est ce qui leur permet de concilier éloquemment sport et études : une demi-journée de cours et une demi-journée de sport. Sans surprise, le taux de décrochage scolaire est presque nul à l’Académie les Estacades, tandis que le taux de réussite est de 97 %, voire de 100 %, si l’on considère les élèves jusqu’à l’âge de 21 ans. » Des chiffres qui sont pour le moins étonnants, si on les compare au taux de décrochage annuel des élèves en formation générale, qui se situait à près de 20 % en 2011.

 

« Les résultats à l’Académie les Estacades sont très représentatifs de ceux de l’ensemble des programmes sport-études de la province. C’est un moyen très efficace contre le décrochage scolaire », soutient Michel Garneau, responsable des programmes d’éducation physique et à la santé, et responsable du dossier sport-études (volet scolaire) à la Direction générale des services à l’enseignement du MELS.

 

« Il y a un effet de synergie et d’entraînement à se retrouver dans un climat où tous les élèves ont une passion. Ce n’est pas tout d’être doué pour un sport : il faut que les jeunes aient une très grande motivation à réussir. On va tout de suite les soutenir si on observe une baisse dans une matière. Ils sont très bien encadrés : ils ont accès à du soutien pédagogique, des psychologues, des psychopédagogues, ainsi qu’à des chiropraticiens, nutritionnistes, kinésiologues, massothérapeutes…», affirme Stéphane Perreault, professeur à l’Université du Québec à Trois-Rivières, et chercheur au Laboratoire de recherche en psychologie et communication sociale à Trois-Rivières.

 

M. Perreault a contribué à une étude commandée par le MELS en 2005, laquelle conclut que « les élèves inscrits à ce programme sont capables de combiner avec succès les études et le sport ». Ce constat ressort des déclarations des 2170 participants interrogés (athlètes, coordonnateurs, entraîneurs, parents, professeurs) et de l’analyse des résultats aux examens d’histoire et de mathématiques de 4e secondaire, et à ceux de français de 5e secondaire utilisés à des fins de comparaison. Les élèves-athlètes avaient des résultats généralement supérieurs à ceux des élèves non inscrits à un programme sport-études, ce qui confirme que ce programme ne nuit pas au rendement scolaire.

 

Faut-il réfléchir à la mise sur pied d’un sport-études pour tous, athlètes initiés et athlètes du dimanche?


Références

Infolettre
Pour recevoir par courriel nos plus récents articles.
Abonnez-vous
Infolettre
Rôle du parent

Activités physiques: 5 choses qui motivent les enfants

Article -
Activités physiques: 5 choses qui motivent les enfants

Ou, qu’est-ce qui motive les 10-11 ans à faire des activités physiques?

Nos enfants bougent de moins en moins, et souffrent de plus en plus d’embonpoint. Pour éviter les problèmes liés à la sédentarité, il faut s’assurer qu’ils acquièrent le goût de faire de l’activité physique. Mais comment? Faut-il les inscrire de gré ou de force à un cours de trampoline ou de natation? Leur donner l’exemple? Pour stimuler nos enfants à bouger, on a tout intérêt à savoir ce qui les incite à s’activer.

 

« Le plaisir, c’est le facteur déterminant de la pratique d’activités physiques chez les enfants. Le plaisir et le sentiment de se sentir bon! », indique Ariane Bélanger-Gravel.

 

Bouger pour s’amuser

Dans le cadre du programme de maîtrise en santé communautaire au sein du Groupe de recherche sur les comportements et la santé à l’Université Laval, dirigé par le professeur Gaston Godin, Ariane Bélanger-Gravel a mené une enquête auprès de 334 élèves de la 5e année du primaire, afin de savoir ce qui les motive à pratiquer régulièrement des activités physiques. Les résultats sont éloquents! Leur principal facteur de motivation serait tout simplement le plaisir. Bref, le plus important pour les enfants est de bouger en s’amusant.

 

L’importance de se sentir… bon

« Se sentir bon, c’est également une grande partie de la motivation des jeunes, explique Ariane Bélanger-Gravel. » Pour avoir envie de pratiquer une activité physique, les enfants doivent se sentir compétents, capables de surmonter les obstacles physiques ou psychologiques. C’est ce que les chercheurs appellent le sentiment d’efficacité personnelle. Plus ce sentiment est fort, plus les filles et les garçons seront actifs.

 

« En plus d’avoir du plaisir, il faut que l’enfant ait un sentiment de compétence, qu’il ait confiance en lui et qu’il vive des réussites. »

 

L’activité préférée des 10-11 ans : jouer dans la neige

Plus un enfant aime faire une activité, plus il fera de l’exercice. Ariane Bélanger-Gravel a donc voulu connaître les activités les plus pratiquées par les élèves de 5e année. L’étude a été menée pendant l’hiver. Les trois activités physiques les plus populaires étaient, dans l’ordre : jouer dans la neige (97 % des enfants ont pratiqué cette activité), jouer au ballon (75 %) et faire du patin (66 %). Chez les deux sexes, jouer dans la neige était l’activité la plus pratiquée. Cependant, l’ordre de préférence des autres activités diffère entre les filles et les garçons. Pour les filles, faire de la danse ou de la gymnastique représente la deuxième activité la plus pratiquée (73 %). Chez les garçons, jouer au ballon (78 %) prend la deuxième place, et jouer au hockey la troisième (73 %).

 

« Pour les enfants, le soutien parental, c’est très important. Les parents vont agir comme source d’encouragement et facilitateurs. »

 

Les parents, meilleurs motivateurs

Si le plaisir est la principale source de motivation des 10-11 ans à pratiquer des activités physiques et sportives, il ne sert à rien de forcer son enfant à découvrir les joies du soccer s’il n’aime pas les sports d’équipe, à faire du karaté s’il se sent nul, ou à le traîner dans une longue randonnée pédestre s’il s’ennuie à mourir. Il est plus profitable de l’aider à pratiquer l’activité physique qu’il préfère et qui l’amuse, quelle qu’elle soit. Comme le sentiment d’être bon est également un facteur important, il vaut mieux privilégier une activité adaptée à son niveau, et surtout, souligner ses progrès afin d’améliorer sa confiance en lui. Il est bon de savoir que l’attitude positive des parents est déterminante.

 

L’apport de l’école

L’école peut également mettre à profit les résultats de l’étude d’Ariane Bélanger-Gravel pour favoriser la pratique régulière d’activités physiques chez les jeunes. Compte tenu de la diversité des tempéraments, l’école a avantage à offrir une grande variété d’activités physiques et sportives dès le primaire, afin que chaque élève ait l’occasion de découvrir, le plus tôt possible, une activité qui lui procure du plaisir et dans laquelle il se sent compétent. Certains enfants aiment la compétition, d’autres pas. Certains préfèrent les sports d’équipe, d’autres les sports individuels. Permettre aux élèves de choisir leur activité préférée pourrait également stimuler une participation plus enthousiaste de leur part.

 

« Il n’y a pas de recette qui convient à tous. Il faut être à l’écoute de l’enfant, de ce qu’il aime, et avoir une certaine souplesse comme parent ou éducateur. »

 

Ariane Bélanger-Gravel est chercheure postdoctorale en santé publique au Département de médecine sociale et préventive de l’Université de Montréal.

Infolettre
Pour recevoir par courriel nos plus récents articles.
Abonnez-vous
Infolettre